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Al-Qaida a "condamné à mort" les diplomates algériens enlevés à BagdadALGER correspondance, Le Monde, 28 juillet 2005 "Ils sont vivants." C'est ce que la télévision algérienne a retenu, mardi soir 26 juillet, en diffusant un bref extrait d'une vidéo montrant les diplomates algériens Ali Belaroussi (62 ans) et Azzedine Belkadi (47 ans), les yeux bandés, en train de décliner leur identité et leur adresse. Le document mis en ligne sur un site djihadiste suivait un communiqué du groupe Al-Qaida en Irak d'Abou Moussab Al-Zarkaoui, daté du 25 juillet, et dont l'authenticité n'a pu être établie. L'agence de presse officielle, Algérie Presse Service, reprise par les radios publiques, s'est évertuée à voir dans cette vidéo un "signe de vie" . Cet optimisme apparent contrastait avec l'angoisse qui s'était installée à Alger un peu plus tôt avec la publication, en début d'après-midi le même jour, du communiqué d'Al-Qaida annonçant la "condamnation à mort" des deux diplomates algériens, enlevés à Bagdad le 21 juillet. L'inquiétude pour la vie des deux hommes était déjà vive depuis la confirmation de leur détention par le groupe Al-Zarkaoui. Dans les premières heures de l'enlèvement, tout le monde avait espéré qu'Ali Belaroussi et son compagnon, Azzedine Belkadi, fraîchement arrivé à Bagdad, étaient entre les mains de la "bonne résistance", celle qui est le fait des Irakiens jugés plus accessibles. Pour la presse algérienne, la détention des deux diplomates par le groupe Al-Zarkaoui est le pire des scénarios. L'APPEL AU MEURTRE DU GSPC L'entrée en lice du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a exprimé dans un communiqué paru le 23 juillet sur son site Internet sa "joie et son bonheur" après l'enlèvement des diplomates, a suscité colère et écoeurement en Algérie. Le GSPC accusait le gouvernement algérien de soutenir le "gouvernement renégat d'Irak et l'alliance des croisés dans la lutte contre les moudjahidins" . Pour certains commentateurs algériens, il s'agissait ni plus ni moins d'un appel au meurtre. Alger a mis en place une cellule de crise et indiqué qu'il entendait "tout faire" pour sauver les deux diplomates. Abdelaziz Belkhadem, ministre d'Etat, représentant personnel du chef de l'Etat, a déclaré, mardi, que le "gouvernement algérien tente toutes les possibilités et utilise toutes les pistes" et que les contacts ne se limitent pas "aux canaux diplomatiques" . Une équipe des services de renseignement algériens collabore depuis plusieurs jours, à Amman, avec des services de renseignement des pays de la région. Dans un geste en direction des ravisseurs qui lui reprochaient d'assurer une représentation diplomatique à Bagdad, Alger a décidé de rappeler le dernier de ses diplomates encore sur place et de rapatrier l'épouse du chargé d'affaires Ali Belaroussi. Le geste a été de peu d'effet sur les ravisseurs. "C'est une nouvelle sinistre qui est tombée sur nous comme un coup de tonnerre" , a déclaré, mardi soir, Abdelaziz Belkhadem sur Al-Jazira en s'indignant que les diplomates algériens soient qualifiés "d'apostats" par les ravisseurs. Sur la chaîne qatarie, Abdallah Djaballah, chef du parti islamiste modéré algérien Al-Islah (Mouvement de la réforme nationale, légal), a lancé un appel pressant aux ravisseurs, les invitant à libérer les deux diplomates algériens représentant d'un "peuple qui n'a jamais cessé de soutenir les Irakiens" . La montée au créneau de responsables et de personnalités algériennes sur Al-Jazira "meilleur moyen de toucher les concernés" , selon Djaballah ressemble à une ultime tentative, après la sentence du groupe d'Al-Qaida annonçant sa décision d'appliquer son "verdict divin aux deux émissaires diplomatiques du gouvernement algérien apostat (...) et de les tuer". Le communiqué ne se contente pas de reprocher aux gouvernements arabes d'avoir des représentations diplomatiques à Bagdad. Il les accuse d'être "coupables d'avoir placé leurs législations et Constitution au-dessus de la Charia -loi islamique- ", de combattre les "prêcheurs de la Charia" et d'avoir "tué de sincères moudjahidins et oulémas tout en soutenant les juifs, les chrétiens et les apostats dans leur guerre contre l'islam et les musulmans" . A Alger, le pessimisme est de mise, même si l'on relève avec intérêt l'intervention de l'association des Oulémas irakiens, qui a demandé, à travers Al-Jazira également, la libération des otages en soulignant que le "peuple algérien est celui qui comprend le mieux la résistance irakienne" |
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www.algeria-watch.org
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