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Interpellé mercredi après son intervention sur El-Djazira
Ali Benhadj sous mandat de dépôt
par Sihem H. Le Jeune Indépendant, 31 août 2005
Ali Benhadj, l’ex-numéro deux du FIS dissous, est retourné encore une fois en prison, après que le juge d’instruction du tribunal d’Hussein-Dey à Alger a accepté la demande de mise sous mandat de dépôt du procureur du même tribunal.
Selon une source judiciaire, il est reproché à Ali Benhadj d’avoir transgressé les interdits qui lui ont été imposés avant sa libération en juillet 2003. Son frère Abdelhamid, également interpellé, a été pour sa part laissé en liberté provisoire et placé sous contrôle judicaire.
Ali Benhadj était depuis mercredi placé en garde à vue au niveau du commissariat central de la sûreté de wilaya d’Alger, après avoir été interpellé par des policiers le jour même en son domicile, immédiatement après son intervention, jugée «scandaleuse», sur la chaîne arabe El-Djazira.
Abdelhamid Benhadj a été interpellé, quant à lui, en fin de journée de mercredi, après son intervention sur la même chaîne pour tenter d’expliquer l’intervention de son frère et qui a choqué une partie des Algériens. Leur présentation devant le tribunal, prévue initialement jeudi, a été reportée dans la mesure où les inspecteurs de police n’avaient pas achevé leur interrogatoire.
Très tôt dans la matinée d’hier, les membres de sa famille et ses amis s’étaient regroupés devant le tribunal de Sidi M’hamed. Ce n’est qu’en fin de matinée que les avocats ont annoncé que l’audition se déroulait au niveau du tribunal d’Hussein-Dey.
La décision de mise sous mandat de dépôt est approuvée par Me Farouk Ksentini, président de la Commission consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CCPPDH) dans la mesure où «Ali Benhadj a bravé une interdiction qui pesait sur lui».
Toutefois, relève-t-il, «Benhadj a apparemment était piégé par le journaliste qui lui a coupé la parole sans lui permettre de finir sa phrase. J’espère qu’il aura la possibilité de bénéficier de la présomption d’innocence, au même titre que tous les justiciables, et avoir ainsi la liberté de s’exprimer», conclut-il.
De son côté, Kamel Guemazi, l’un des fondateurs du FIS dissous et ancien président du Conseil populaire de la ville d’Alger, connu pour être très proche d’Ali Benhadj, estime qu’»il est regrettable d’interdire à un Algérien de s’exprimer librement sur les affaires de son pays».
D’ailleurs, «l’intention d’Ali Benhadj n’était nullement de faire l’apologie du comportement du groupe de Zerkaoui», a précisé Guemazi. Interrogé sur le rapt de nos deux diplomates à Bagdad, peu avant l’annonce de leur assassinat, Ali Benhadj avait, dans un prélude, «salué les moudjahidine sur le sol de la résistance en Irak.
Que Dieu les aide à faire face, avec fermeté et détermination, à l’occupant spoliateur, à ses agents et à ses acolytes [...], d’autant que l’histoire nous a appris que le djihad et la résistance sont la seule réponse à l’occupation», a-t-il soutenu.
Pour lui, les deux Algériens ont été enlevés «en tant que diplomates et ambassadeurs [...]. Or, en accréditant des ambassadeurs et des diplomates dans un pays sous occupation, (leur) Etat ne fait que légitimer cette occupation, ce qui est inacceptable aux plans de la charia et de la politique», avait-il ajouté.
Tout en déclarant qu’»il n’y a pas de peuple, autre que le peuple algérien, qui puisse comprendre la résistance (en Irak)», il a ajouté «ne pas pouvoir dicter aux moudjahidine ce qu’ils doivent faire pour les deux diplomates algériens enlevés».
«Je formule une requête, et j’espère qu’elle sera prise en considération», a ajouté Ali Benhadj, avant que son intervention ne soit interrompue. M. Benhadj avait été libéré le 2 juillet 2003 après avoir purgé une peine de prison de 12 ans à laquelle il a été condamné après son arrestation en juin 1991.
Il avait également passé cinq ans à la prison de Berrouaghia, de 1982 à 1987, après sa condamnation par l’ancienne cour de sûreté de l’Etat. S. H.
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