Alors qu’elle enregistre de nouvelles adhésions

La Coordination pour le changement et la démocratie marchera le 12 février

Par : Nabila Afroun, Liberté, 29 janvier 2011

Des représentants d’associations de jeunes, d’étudiants, chômeurs et internautes proposent de reprendre
les mêmes slogans qui ont été scandés en Tunisie et en Égypte à l’occasion de cette manifestation.
La Coordination nationale pour le changement et la démocratie a tenu hier sa deuxième réunion à la Maison des syndicats à Dar El-Beida (Alger). Ligue des droits de l’Homme (LADDH), partis politiques, syndicats autonomes et diverses associations de la société civile se sont rencontrées afin d’engager une dynamique de mobilisation visant à reconquérir “les espaces publics que le pouvoir a confisqués”. la LADDH, les partis politique (RCD, PST, PLG, PLD, MDS et CCDR), les syndicats autonomes (CLA, Satef, Cnapest, Cnes, Snapap) ainsi que plusieurs associations parmi lesquelles, Amnesty internationale (Alger), RAJ, SOS disparus, des représentants des étudiants, des femmes, des chômeurs ont confirmé leur adhésion à une marche pacifique à Alger. Le mouvement citoyen de Kabylie est représenté par des délégués de Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira. On aura remarqué aussi la présence d’un représentant du Comité national pour la liberté de la presse (CNLP) mis en place mercredi dernier et ayant lancé un appel-pétition le jour même. Malgré le ton très critique et en dépit des rares divergences sur les moyens à mettre en place pour atteindre les objectifs fixés, les participants sont arrivés au bout d’une demi-journée de débats à arrêter la date du 12 février, alors qu’elle était initialement prévue pour le 9 février, date correspondant à une journée de travail. La question d’introduire ou pas une demande d’autorisation de la marche au ministère de l’intérieur a été également discutée. Les participants ont, à l’unanimité, approuvé la proposition de M. Ali Yahia Abdenour, président d’honneur de la LADDH, à la suite de débats et d’interventions enflammés. Dans une tentative de tempérer les plus enthousiastes, il dira que “même si notre demande est refusée notre marche pacifique sera maintenue. À travers ce refus d’autorisation nous démontrerons à l’opinion publique et internationale la vraie nature de ce régime”. Prenant la parole tour à tour, les représentants des différentes organisations n’ont pas ménagé le régime en place, demandant son départ et l’instauration d’une vraie démocratie. Les représentants des étudiants et des jeunes – venus en force – ont expliqué qu’il n’existait pas de signes montrant que le régime voudrait un quelconque changement. “Le moment est venu pour réclamer haut et fort la levée de l’état d’urgence, l’ouverture du champ politique et le changement de régime”, ont-ils exigé. Même ton chez le collectif Algérie pacifiste, un groupe de jeunes qui active sur internet et qui mobilise pour des marches. Son représentant dira : “Dans la situation actuelle, on ne peut pas dissocier les revendications sociales des revendications démocratiques, si on veut arriver à un changement radical du système.” Les partis politiques, sans exception, ont appelé “à travailler main dans la main” pour arriver à la levée de l’état d’urgence et se réapproprier les espaces publics que le pouvoir a confisqués par la force. Me Fetta Sadat d’Amnesty internationale (Alger) a proposé également d’ajouter la revendication du changement de système dans la plateforme de la coordination. “Il faut réellement approfondir nos revendications car si on se contente de la levée de l’état d’urgence et un changement politique, le régime pourra procéder à des changements superficiels rien que pour nous faire taire. D’ailleurs, aujourd’hui, ils ont procédé à la libération de tous les manifestants interpellés lors des dernières émeutes. Nous voulons le départ de ce régime non du replâtrage”, a-t-elle insisté. Une intervention qui a été saluée par les jeunes qui proposent de reprendre carrément les slogans des tunisiens adoptés, aussi, par les égyptiens.
Ils proposent aussi d’utiliser la formule de “système dégage” car ce terme, qui est devenu international, est valable également pour l’Algérie. Interrogé sur l’éventuel remaniement de gouvernement et la suite de la revendication de la coordination, Me Bouchachi de la LADDH a déclaré que “même si le gouvernement a concrétisé une de nos revendications – qui est la libération des manifestants –, nous poursuivrons notre lutte pour la levée de l’état d’urgence et l’ouverture du champ politique. Nous ne voulons pas un changement au sein du régime mais le changement de régime”. À la fin d’une matinée de débats, un consensus s’est dégagé autour de la création d’un comité qui préparera les slogans de la marche pacifique qui se déroulera à Alger le 12 février prochain. La coordination appelle le peuple algérien à participer massivement à cette action.

Communiqué de la Coordination

Par : Rédaction de Liberte

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie, réunie le vendredi 28 janvier 2011, se félicite que la dynamique créée se soit renforcée et élargie.
Elle décide :
- l’organisation d’une marche nationale pacifique à Alger le samedi 12 février 2011, pour exiger la levée de l’état d’urgence, l’ouverture du champ politique et médiatique et la libération des personnes arrêtées pour des raisons de manifestations ou de délits d’opinion,
- l’installation d’une commission technique chargée de la préparation et de l’organisation de la marche du 12 février 2011.
Elle lance un appel :
- aux jeunes, chômeurs, étudiants, avocats, journalistes et médecins, à toutes les franges de la société algérienne pour s’organiser et rejoindre la dynamique pour le changement démocratique.
- aux partis politiques, syndicats et autres associations de la société civile pour s’inscrire dans une dynamique pour le changement.
Alger, le 28 janvier 2011


Coordination nationale pour le changement démocratique: Marche à Alger le 12 février

par Z. Mehdaoui, Le Quotidien d'Oran, 29 janvier 2011

Les animateurs de la coordination nationale pour le changement démocratique, ont fixé hier, presque à l'unanimité, la date de leur marche populaire, dans la capitale, au 12 février, sous un seul mot d'ordre : «le départ du système». La date de la manifestation n'a été arrêtée définitivement qu'au terme d'âpres discussions entre les différents représentants des partis politiques, de syndicats et d'associations.

Alors que certains, à leur tête l'avocat et président d'honneur de la Ligue algérienne de défense les droits de l'Homme (LADDH), Ali Yahia Abdenour, ont soutenu mordicus l'idée de l'organisation d'une marche dans la capitale, d'autres ont défendu une autre idée, à savoir l'organisation d'une «action nationale», à travers des marches et des manifestations populaires dans les wilayas.

Les débats ont duré presque quatre heures, à l'occasion de cette deuxième réunion de la coordination nationale pour le changement démocratique; une organisation dont l'idée et la création sont l'œuvre de la LADDH, version Bouchachi, mais aussi le SNAPAP, le SATEF, le CNES et le CLA. Bouchachi, en tant que président de séance, est intervenu hier, à plusieurs reprises, pour remettre de l'ordre dans une salle transformée en «maison des syndicats» à Dar El Beida, à l'est d'Alger. En effet des clivages sont apparus, dès les premières interventions des différents animateurs de cette coordination. Il y avait hier une sorte de méfiance dans l'air puisque certains n'ont pas hésité à critiquer ouvertement des représentants de partis politiques notamment. C'est le cas du député RCD, Tahar Besbes qui a été chahuté par une partie de l'assistance qui lui demandait de démissionner d'abord de son poste au parlement, avant de prendre la parole. Même si le climat n'était pas électrique, il n'en demeure pas moins que la tension a plané durant cette réunion. Même Belaid Abrika, le représentant des Arouchs de Tizi Ouzou, a eu des difficultés quand son tour de parole est arrivé. La réunion qui devait être consacrée à la mise en place des «modalités techniques» de la marche a débordé, à plusieurs reprises. Chaque intervenant avait, en effet, sa propre vision de la lutte pour «démanteler le système» et cela a créé parfois une véritable cohue à l'intérieur de la salle.

Il a fallu, encore une fois, l'intervention, à plusieurs reprises, de maître Bouchachi pour essayer de remettre les choses dans leur contexte et souligner que ce qui unit les participants à la réunion c'est «le départ du système». Il faut savoir que près d'une trentaine de personnes, représentant chacun un parti politique, un syndicat, une association ou un mouvement citoyen sont intervenues hier, à cette réunion. Ce n'est que vers la fin, excédé semble t-il par la tournure des choses, que le président de la LADDH, a demandé à l'assistance de voter à main levée, la date fixée pour la marche. Même si des voix étaient contre l'organisation de la marche dans la capitale, l'unanimité dans la salle a voté pour la marche à Alger, le 12 février. Concernant l'itinéraire que devrait prendre la procession, les organisateurs ont décidé, hier, de laisser ce détail pour l'annoncer trois jours avant la marche. La coordination a décidé d'installer, dès aujourd'hui, un comité qui sera chargé de la logistique et du suivi. Enfin, la coordination nationale pour le changement démocratique a décidé hier, de ne pas faire de demande d'autorisation pour la marche du 12 février. «L'objectif de la marche est de casser le mur de la peur en Algérie», a déclaré, hier, Bouchachi, en soulignant que «les conditions mondiales sont aujourd'hui réunies».


 
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