Un mois après l’enlèvement des otages au Niger

Les revendications toujours pas connues

Par : NEïLA B., Liberté, 23 octobre 2010

Plus d’un mois après l’enlèvement des otages, dont cinq Français au Niger, Aqmi n’a pas encore révélé ses revendications. Si des observateurs n’écartent pas la probabilité de “négociations secrètes” entre les ravisseurs et la France, d’autres, par contre, s’interrogent sur ce silence inhabituel du groupe de Abou Zeïd, le responsable du rapt, d’autant que c’est la première fois que les revendications tardent à ce point.
Pour rappel, Paris a réagi au lendemain de la révélation par la chaîne El Arabya de probables exigences d’Aqmi, selon une “source fiable”, et a démenti avoir reçu un quelconque message ou une exigence de la part des ravisseurs qui, semble-t-il, prennent tout leur temps pour dévoiler leur demande, d’autant que le chef de ce groupe, Abou Zeïd, est apparu pour la première fois à visage découvert avec les otages dans une photo publiée sur le site Andalus du GSPC. Serait-ce un message à la France pour que le cas de Germaneau ne se répète plus, du fait que les otages sont détenus par un groupe radical qui n’a pas hésité à exécuter deux otages ? Ou, au contraire, c’était un message à son chef Droukdel, l’”émir” national du GSPC, et que désormais, il agira en seul chef dans cette affaire ? C’est d’ailleurs ce qu’a estimé le chercheur français Jean-Pierre Filiu, professeur à l'Institut d'études politiques et auteur des Neuf vies d'Al-Qaïda, qui déclara : “Il est le seul à apparaître sur la photo avec les otages à visage découvert. Cela veut dire qu'il joue désormais sa carte personnelle.”
Sa réflexion peut être proche d’une certaine réalité d’autant que Abou Zeïd est devenu, ces dernières années, l’homme le plus puissant du groupe terroriste, dirigé par Droukdel, et le pion dans cette région du Sahel après le recul du groupe de Belmokhtar du fait des enlèvements répétés d’étrangers et du butin des rançons. On croit même, selon certains proches de cet homme, qu’il commence à activer indépendamment du GSPC de Droukdel. Ce dernier a multiplié ses sorties médiatiques après une longue absence après l’exécution de Germaneau en n’hésitant pas à menacer la France.
Dans ce sens, on n’écarte pas le retard des revendications, suite aux divergences internes au sein du GSPC entre le groupe de Abou Zeïd et l’”émir” national, quant aux demandes de rançons et la liste des détenus réclamées en échange de la libération des otages qui devaient être publiées dans un communiqué ou enregistrement sur le site internet de communication de l’organisation terroriste, El Andalus.
À Paris, les autorités françaises ont assuré attendre la liste des exigences d'Aqmi et fait savoir qu'elles étaient prêtes à engager des négociations alors que rien n’a filtré de part et d’autre sur le cas de l’otage femme qui souffre d’un cancer ni sur l’identité des médiateurs. À quoi joue Abou Zeïd ?


 
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Le Sahel sur fond de lutte géopolitique  
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