| |
|
Les touaregs maliens se réunissent à Alger
Conclave pour relancer l’accord d’Alger
Par : Djilali Benyoub, Liberte, 9 janvier 2010
Venu, viendra ou ne viendra pas ? Cette question récurrente est au sujet du chef militaire targui, membre influent de l’Alliance démocratique du Mali, Ag Bahanga dont les positions tanguent entre Kidal et Tripoli où il a choisi de résider.
Pourtant les travaux des représentants des partis de l’Alliance ont bien commencé puisqu’ils sont tous représentés malgré l’absence de quelques leaders. Le huis clos imposé dans cette réunion risque de durer jusqu’à la déclaration finale.
Dans ce silence, seul le porte-parole de l’Alliance, Hama Ag Sid Ahmed est autorisé à parler. Pour dire et redire que le but de la rencontre d’Alger est de lever les divergences internes de l’Alliance, redynamiser l’accord d’Alger et aller, peut-être, vers un congrès de toutes les factions targuies. Outre la réorganisation de l’opposition targuie, il s’agit, même s’il n’est pas avoué ouvertement, de pousser Bamako au respect de ses engagements dans l’accord d’Alger afin de passer à sa mise en œuvre. En effet, le gel de l’accord et la passivité du président Amadou Toumani Touré, perçue comme une complicité dans la dégradation de la situation sécuritaire au nord du pays qui a favorisé l’émergence spectaculaire des actions de contrebande, de prise d’otage et de banditisme, font que la situation est des plus complexes d’autant plus que les Touaregs doivent faire face désormais à deux problématiques dont la responsabilité, du moins en grande partie, incombe aux tergiversations d’ATT.
Le président malien ne s’est pas contenté de tenter de torpiller l’accord laborieusement conclu, mais est allé plus loin en suggérant que la rébellion touarègue avait une main dans les prises d’otage revendiquées pourtant par le GSPC.
Malgré les soupçons qui pèsent sur ATT, Hama Ag Sid Ahmed ne l’évoque pas, conscient, tout comme les autres membres de l’Alliance des enjeux et de la menace qui pèse sur la région du nord Mali, préférant se concentrer sur le règlement des dissensions internes afin de faire avancer le processus de paix.
Les absents doivent rejoindre Alger. Ils sont juste en retard en raison des difficultés de déplacement, assure-t-on. Ils seront présents pour les résolutions finales.
En attendant, le huis clos est toujours de mise ; les représentants targuis se réunissent sans tutelle, pas même celle d’Alger qui joue le rôle de médiateur.
À la question de savoir pourquoi cette lenteur dans les discussions, une source diplomatique proche du dossier a précisé que cela est dû à la complexité de la situation.
Les délégués doivent prendre leur temps pour s’entendre et sortir avec une position commune. La situation est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît, avec en plus des activités terroristes qui minent la région, les tentatives d’ingérence étrangère.
Et cela, explique notre source, les Touaregs maliens le savent et ils sont conscients du danger.
|
|
Le Sahel sur fond de lutte géopolitique |