| |
|
Otages français retenus au Mali
La burqa et sept millions d’euros
Paris. De notre correspondant, El Watan, 13 octobre 2010
La chaîne Al Arabia est formelle, le Quai d’Orsay plus circonspect : Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) réclamerait l’abrogation de la loi sur l’interdiction du voile islamique intégral en France, la libération d’activistes et sept millions d’euros en échange de la libération des sept otages français et africains enlevés au Niger.
Le ministère français des Affaires étrangères se refuse à tout commentaire et parle de rumeurs. La chaîne de télévision Al Arabia parle de sources informées, mais ne cite aucun nom. Pour la concurrente d’Al Jazeera, «les ravisseurs ont des exigences irréalistes que le Mali et la France ne peuvent pas accepter, dont le retrait de l’interdiction du voile intégral en France et la libération de certains éléments du groupe détenus en France, en Mauritanie et dans d’autres pays». Selon Al Arabia, AQMI réclame également un million d’euros par otage.
Cinq Français, dont une femme, ainsi qu’un Togolais et un Malgache, employés du groupe nucléaire français Areva et d’un sous-traitant du groupe des travaux publics ont été enlevés le 16 septembre dans le nord du Niger avant d’être conduits au Mali.
Ces exigences seraient une source de tension entre AQMI et des chefs locaux au Mali. Officiellement, il n’y a toujours pas de négociation entre Paris et les preneurs d’otages. Sur l’unique image, diffusée le 30 septembre, accompagnée d’un enregistrement sonore, dans lequel on entend une voix d’homme interroger, sans accent, en français les otages, Pierre Camatte, ex-otage français lui aussi, détenu près de trois mois dans le désert malien par AQMI, a affirmé avoir reconnu Abdelhamid Abou Zeid, un des chefs les plus radicaux d’AQMI, assis à côté des détenus à visage découvert. Abou Zeid avait dirigé l’enlèvement du Français Michel Germaneau, 78 ans, dont AQMI a annoncé l’exécution le 25 juillet.
C’est son groupe qui est également responsable de l’assassinat, en 2009, d’un otage britannique, Edwin Dyer.
A Paris, le Quai d’Orsay n’a pas souhaité commenter ces informations : «Comme vous le savez, la discrétion est une condition indispensable à l’efficacité de notre action. Nous ne commentons pas les nombreuses rumeurs qui surgissent depuis l’enlèvement et dont la plupart sont absurdes ou infondées.»
Une Française, seule femme parmi les sept personnes détenues au Mali par Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI), a un besoin urgent de soigner un cancer et les ravisseurs sont ouverts «à toute négociation», ont affirmé des intermédiaires qui les ont rencontrés, révèle l’AFP, qui cite un intermédiaire nigérien et l’entourage d’un médiateur malien. Ils ont affirmé avoir rencontré dans la région de Timétrine (nord-est du Mali), près de la frontière algérienne, certains des ravisseurs mais pas les otages eux-mêmes.
«Je reviens de chez les ravisseurs, dans le désert, où j’ai rencontré deux représentants du groupe qui les détient : l’otage française est malade et ne peut plus rester longtemps sans soins», a déclaré l’intermédiaire nigérien. «Françoise Larribe a effectivement subi une chimiothérapie en France», confirme un responsable d’Areva au Niger. Face à cette situation d’urgence, «les ravisseurs sont ouverts à toute négociation», a affirmé l’intermédiaire nigérien au journaliste de l’AFP.
Selon cet intermédiaire, les ravisseurs feraient «bientôt connaître leurs revendications, mais le sort des otages est entre les mains de toutes les tendances d’AQMI». Une information qui confirme les divisions entre les différentes factions d’AQMI.
Rémi Yacine
|
|
Le Sahel sur fond de lutte géopolitique |