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Le chef touareg Ag Bahanga veut rejoindre l’accord d’Alger
La médiation algérienne reprend l’initiative au nord du Mali
Le Jeune Indépendant, 12 février 2009
L’appel du rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga à réintégrer l’accord d’Alger n’a pas encore trouvé d’écho. Pendant ce temps, la médiation algérienne finalise l’opération de dépôt d’armes de plusieurs centaines de rebelles touareg à Kidal.
Hier, le ministère malien de la Défense a affirmé que l’armée a pris et contrôle «toutes les bases» du groupe du chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga, situées dans le nord-est du pays. «Toutes les bases opérationnelles et logistiques de la bande d’Ibrahim Ag Bahanga sont entièrement prises et sous contrôle de nos forces armées et de sécurité», assure le communiqué rapporté par l’AFP qui ajoute que le chef rebelle est en fuite et que «22 combattants ont été faits prisonniers». Le ministère malien indique en outre que ses forces ont saisi sur le terrain une importante quantité d’armes et de munitions.
Par ailleurs, une source proche de la médiation algérienne dans ce conflit a assuré hier au Jeune Indépendant que celle-ci «n’a pas encore répondu à la demande d’Ag Bahanga de réintégrer l’accord d’Alger», expliquant que le plus radical des rebelles touareg «s’est exclu de lui-même». «L’accord d’Alger a été signé entre le gouvernement malien et l’Alliance touareg du Nord, et ce monsieur (Ag Bahanga, NDLR) est sorti de ce cadre. Il devra donc assumer ses responsabilités», a ajouté en substance la même source. Interrogée sur une éventuelle suite favorable à la requête d’Ag Bahanga, la même source a répondu qu’«il ne faut pas insulter l’avenir».
Après avoir rompu le cessez-le-feu convenu dans le cadre de l’accord d’Alger, Ag Bahanga a demandé, le 1er février, un nouveau cessez-le-feu, mais le ministère de la Défense malien a fait savoir le lendemain qu’il n’y aurait pas de trêve. Le 3 du même mois, il a officiellement saisi la médiation algérienne pour réintégrer l’accord d’Alger «pour faire la paix avec tout le monde», avait-il assuré.
Toutefois, il semblerait que le gouvernement malien instrumentalise les acquis de la médiation algérienne à son profit.
Commentant le communiqué du ministère de la Défense malien, la source diplomatique algérienne a dit que celui-ci «sert à des fins de propagande», révélant qu’«Ag Bahanga n’a jamais eu de bases militaires ou logistiques pour être soi-disant contrôlées». La même source a aussi assuré que «nul ne sait où se trouve Ag Bahanga», contrairement aux sources maliennes qui affirment qu’il a quitté le territoire malien et se trouverait en territoire algérien.
Elle a souligné en outre que «la médiation algérienne est en train de finaliser les modalités de dépôt d’armes, la semaine prochaine à Kidal, par plusieurs centaines de rebelles touareg, en application de l’accord d’Alger». «Il y aura une cérémonie officielle à cette occasion et les journalistes y seront conviés», souligne-t-elle.
Cependant, le gouvernement malien tente d’instrumentaliser ce point aussi. Le gouvernement de Bamako, qui parle du «retour pacifique de plus de 500 rebelles touareg», tente de faire croire que ces derniers n’ont rejoint les rangs des autres groupes rebelles favorables au processus de paix qu’après la déroute militaire qu’ils auraient subie dans les rangs du groupe dirigé par Ag Bahanga.
A. Mouhou
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