Le terrorisme cible un haut lieu du tourisme

Inquiétude au Maroc

El Watan, 30 avril 2011

L’attentat dans un café-restaurant, qui a fait 15 morts et 35 blessés, à Marrakech, n’a toujours pas été revendiqué
l Le roi Mohammed VI est ainsi face à une équation difficile où l’impératif sécuritaire ne doit pas remettre en cause les réformes démocratiques tant réclamées par les contestataires. L’attentat dans un café-restaurant à Marrakech n’est toujours pas revendiqué à l’heure où nous mettons sous presse. Cet acte terroriste intervient dans un contexte géopolitique particulier.

Au moment où le Maroc est en proie à des manifestations de rue réclamant des réformes politiques profondes menées par les jeunes, un attentat cible l’une des villes les plus prisées des touristes.Le ministre Khaled Naciri, porte-parole du gouvernement marocain, estime que le processus de réformes politiques engagé ne serait pas remis en cause. D’après ses déclarations hier, «la préservation de la sécurité n’est pas antagonique avec la poursuite des réformes». Mais si sur le plan interne, l’impact de cet attentat sur la concrétisation des réformes est minimisé, qu’en est-il des relations extérieures d’autant plus que cet attentat intervient dans une conjoncture caractérisée par des troubles dans de nombreux pays arabes ?
Dans une déclaration rapportée par l’agence MAP, le porte-parole du gouvernement marocain, ministre de la Communication, Khalid Naciri, a indiqué hier qu’une enquête se poursuivait et que les pouvoirs publics «s’abstiennent d’accuser telle ou telle partie».

«L’enquête continue sous la supervision du parquet général de Marrakech, et c’est la raison pour laquelle nous nous abstenons pour l’instant d’accuser telle ou telle partie», a déclaré M. Naciri. Il a par la même affirmé que «les pouvoirs publics informeront l’opinion publique nationale et internationale des conclusions des investigations». Pour rappel, un attentat terroriste, résultant d’une forte déflagration provoquée par un engin explosif, s’est produit dans un café de la place Jamaâ El Fna à Marrakech, haut lieu du tourisme au Maroc. La MAP a diffusé hier un nouveau bilan officiel de 15 morts, contre 16 auparavant donné par un responsable de l’hôpital Ibn Tofail de cette ville, à 350 km au sud de Rabat. Ce dernier avait indiqué que deux des 23 blessés avaient succombé à leurs blessures dans la nuit de jeudi à vendredi. Parmi les victimes de cet attentat, 11 sont des étrangers, a-t-on indiqué de source officielle marocaine. Sept personnes : deux Marocains, deux Français, deux Canadiens et un Néerlandais ont été dentifiées par les autorités. Pour leur part, les autorités françaises ont confirmé la mort d’au moins 6 Français.

La police française s’implique Une délégation de dix policiers français était attendue, hier, à Marrakech pour aider leurs homologues marocains à l’identification des victimes de l’attentat.Quel genre d’aide la police française peut-elle proposer aux Marocains ?
Une source diplomatique française, à Rabat, a précisé à l’AFP que les policiers français de la brigade antiterroriste et scientifique «auront pour tâche d’assister les autorités marocaines dans la recherche de l’identité des victimes». Cette source a indiqué qu’un «dispositif de crise tourné vers l’assistance aux victimes et l’appui aux familles a été mis en place à Rabat et à Marrakech». Selon les autorités françaises, ces policiers se rendront dès leur arrivée à la morgue de Marrakech où les corps des victimes ont été transportés jeudi.

Pour sa part, le parquet de Paris a indiqué avoir ouvert jeudi une enquête préliminaire sur cet attentat où des victimes d’origine française ont été enregistrées. Le ministre marocain de l’Intérieur, Taïeb Cherkaoui, avait déclaré le même jour qu’«avec l’aide des pays amis et voisins», une enquête allait être conduite pour déterminer les circonstances de l’attentat et arrêter ses auteurs.
Interpol propose son aide Interpol propose aussi l’assistance de son unité «Sécurité publique et terrorisme». Cette organisation pourra, si nécessaire, «émettre l’une de ses notices internationales pour alerter les forces de l’ordre sur le modus operandi des terroristes, obtenir des informations supplémentaires sur des suspects ou solliciter l’arrestation de personnes recherchées», a précisé l’organisation. De plus, «toutes les demandes d’assistance et d’information venues des autorités marocaines sont traitées en haute priorité par le Centre de coordination et de commandement opérationnel H24, en anglais, arabe, français et espagnol», a ajouté cette organisation sécuritaire, basée à Lyon (centre-est de la France).
Djedjiga Rahmani

 
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