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Les bases militaires, le terrorisme et les objectifs du pentagone Alger refuse de faire le jeu USPar : Zahir Benmostepha, Liberté, 8 octobre 2007 La militarisation américaine du continent africain n’est pas le moindre des soupçons, particulièrement quand les intentions géopolitiques américaines du pétrole sont agrémentées de ce suprême prétexte Il est vrai, en affirmant ce samedi, que l’Algérie refuse d’accueillir sur son territoire des bases militaires étrangères, notre ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, ne fait que rappeler une position de principe que Mohamed Bedjaoui, son prédécesseur à ce poste, avait déjà exprimée d’une manière nette et irrévocable, quand, au début de l’année 2007, le président américain George W. Bush a dévoilé son plan de créer un Commandement unifié pour l'Afrique (Africom) avant septembre 2008. Bedjaoui déclarait, en effet, en mars de cette année, que “l'Algérie n'a jamais accepté l'installation de bases étrangères sur son sol, (qui seraient) incompatibles avec sa souveraineté et son indépendance” au moment où des médias distillaient l’information selon laquelle les États-Unis, sans l'avoir formellement demandé, auraient émis le souhait d'installer une base militaire à Tamanrasset (Extrême-Sud algérien) pour pouvoir contrôler les mouvements des groupes terroristes au Sahel et dans le Maghreb du nouveau commandement américain en Afrique, l'Africom. Comme de bien entendu, les déclarations de notre ministre des Affaires étrangères de l’époque se déclinaient comme un net démenti. Autant dire que l’Algérie venait clore le dossier des “bases américaines” en adressant une fin de non-recevoir à une intention qui n’avait même pas été formulée officiellement par l’administration Bush. Peut-on en dire autant aujourd’hui avec cette sortie médiatique de début de semaine de Mourad Medelci ? Surtout sachant que les déclarations de ce dernier, encore plus pointues que celles de Mohamed Bedjaoui, ne trouvent curieusement aucune prise sur l’actualité, si ce n’est l’installation officielle en Allemagne de l’Africom… Est-ce par effet d’anticipation que notre ministre des Affaires étrangères affirme que “la souveraineté de l'Algérie est non négociable” si tant est que les Américains ont quelque chose à négocier avec les Algériens ? En tout cas, cette question n’est même pas à l’ordre du jour, ni de l’actualité nationale, ni internationale et les déclarations de Medelci ne peuvent donc être assimilées à un démenti des autorités algériennes à une information fût-elle une élucubration d’un journal mal inspiré. Comme elles ne peuvent être considérées comme une réponse officielle de l’Algérie à une sollicitation américaine fût-elle diplomatique dès lors que notre ministre explique que notre pays “n'a jamais été sollicité officiellement pour accueillir sur son territoire des bases militaires étrangères”. La militarisation US du continent au-dessus de tout soupçonMais qu’à cela ne tienne, la suite des propos de notre ministre des Affaires étrangères éclaire un tant soit peu l’opinion sur le regard que l’Algérie porte sur l’initiative américaine grosse, faut-il le souligner, de lourds sous-entendus. Et la militarisation américaine du continent africain n’est pas le moindre des soupçons, particulièrement quand les intentions géopolitiques américaines du pétrole sont agrémentées de ce suprême prétexte de “guerre totale contre le terrorisme”. Ou si l’on veut en clair une traque d’Al-Qaïda portée comme un étendard qui cache mal le souci des États-Unis de garantir par tous les moyens l’accès direct aux ressources pétrolières et aux matières premières de l’Afrique. Sur ce plan, faut-il le souligner, il n’y a pas mal de pays sur les rangs, comme la France déjà bien implantée et surtout la Chine qui commence à étendre son influence. Les accords de développement et de coopération que ce pays multiplie poussent les Américains à imaginer les plus invraisemblables manœuvres politiques. Et donc, c’est tout naturellement que toutes les arrière-pensées entourent le projet américain de l’Africom. D’autant plus qu’un tel projet reste le meilleur tremplin pour les ambitions de l’administration américaine de reconfigurer à son avantage la carte géopolitique africaine qui consiste à soutenir certains régimes et à en casser d’autres… Si l’on va au bout de cette logique, il est aisé d’inscrire les foyers de tension et plus particulièrement la tragédie qui frappe les peuples palestiniens et irakiens en droite ligne d’une stratégie pensée au départ pour contrôler un réservoir énergétique et qui a fini par échapper au contrôle de ses propres concepteurs. Et dans ce contexte, les nombreux observateurs n’ont pas tort d’affirmer que Al-Qaïda reste une “créature américaine” devenue ce “mutant” incontrôlable, mais qui peut toujours servir “d’épouvantail” aux États-Unis pour se redéployer ailleurs qu’au Moyen-Orient. Yazid Zerhouni, notre ministre de l’Intérieur, n’était d’ailleurs pas loin de cette réflexion quand il déclarait dans une conférence de presse dans la capitale française que “l’évolution du contexte international ces dernières années a été un élément déterminant dans l’évolution du terrorisme qui n’a rien à voir avec l’islam et que les analyses montrent qu’il y a des facteurs exogènes qui l’ont favorisé”. Et d’ajouter : “La situation au Moyen-Orient a boosté le terrorisme.” Zahir Benmostepha
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