Le ministre nigérien des Affaires étrangères

«Les militaires algériens doivent pouvoir intervenir dans tout le Sahel»

El Watan, 20 novembre 2011

La affirmé hier le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, présent à Alger, en réponse à une question de l’AFP sur une éventuelle intervention des forces algériennes dans les pays voisins si cela s’avérait nécessaire dans le cadre du Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc), alors qu’Alger a toujours combattu l’ingérence étrangère dans les autres pays.

Mohamed Bazoum a indiqué que le Cemoc, composé des états-majors militaires de l’Algérie, du Niger, du Mali et de Mauritanie, chargé d’assurer la sécurité au Sahel, se devait d’être opérationnel. «Le Cemoc n’est pas encore opérationnel et il y a lieu de lever les obstacles», dit-il, en notant que les discussions reprendront sur le sujet à Bamako, en ce mois de novembre, entre les pays du champ. Il annonce aussi qu’il y aura un changement au niveau de la présidence du Cemoc : le Mali passera le témoin à la Mauritanie suivant la règle de la présidence tournante.

Sans remettre en question la capacité du Mali à gérer le Cemoc ou à combattre AQMI, le ministre nigérien a indiqué à l’AFP qu’«il y a une situation de fait que les Maliens ne sont pas en mesure de contrôler l’ensemble de leur territoire».
Et de préciser : «AQMI a bien sa base dans le nord du Mali, ce qui rend difficile sa poursuite dans cette région montagneuse, désertique et escarpée.»Le Cemoc, dont le QG se trouve dans l’extrême sud algérien, à Tamanrasset, a été créé en avril 2010 et se réunit tous les six mois dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Confirmant à son tour l’existence de jonction entre AQMI et la secte fondamentaliste nigériane Boko Haram, Mohamed Bazoum a affirmé que son pays détient des «indices infaillibles sur une connexion plus ou moins importante entre les deux groupes».

A noter que le ministre nigérien se trouve en visite à Alger dans le cadre de la réunion de la 10e session de la Commission mixte de coopération économique, culturelle, scientifique et technique algéro-nigérienne. Suite à son entretien avec son homologue algérien Mourad Medelci, Mohamed Bazoum a déclaré que «l’Algérie et le Niger sont condamnés à coopérer du fait de leur destin commun. Nous avons un espace à gérer».
Synthèse R. P.

 
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Le Sahel sur fond de lutte géopolitique  
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