Un général à la tête du commandement du Pentagone pour l'Afrique

par Djamel B., Le Quotidien d'Oran, 12 juillet 2007

L'adjoint du commandement militaire pour l'Europe, le général William Ward, vient d'être nommé par le président américain George Bush, général chef du Commandement régional militaire américain pour l'Afrique (Africom), un nouvel état-major créé par les Etats-Unis pour ce continent, a indiqué mardi le Pentagone. Selon un communiqué du ministère US de la Défense, le général Ward a été choisi pour superviser toutes les opérations militaires américaines en Afrique. Dans un premier temps, l'Africom fera partie du commandement européen basé à Stuttgart, en Allemagne, mais à vocation à devenir autonome d'ici octobre 2008.

En juin, le Pentagone avait indiqué que l'Africom pourrait être dispersé en plusieurs endroits d'Afrique au lieu d'être installé dans un seul pays. Le Pentagone a aussi précisé que le rôle de ce nouvel état-major est de «promouvoir la paix et la sécurité et répondre aux crises sur le continent».

Le ministère a créé ce nouveau quartier-général car il considère que l'Afrique est en train de devenir un acteur stratégique sur la scène mondiale. Washington s'inquiète aussi beaucoup de l'implantation d'organisations comme Al-Qaïda dans certains pays africains.

William Ward était officier dans l'infanterie pendant l'intervention américaine en Somalie en 1993 et a par la suite commandé la force de stabilisation de l'Otan en Bosnie. Il a également été coordinateur pour la sécurité entre Israël et l'Autorité palestinienne de mars à décembre 2005.

Cette nomination intervient notamment après la toute récente visite de la conseillère du président américain pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, Frances Frago Townsend, au Maroc puis en Algérie. A Alger, la responsable américaine, qui avait été reçue par les autorités algériennes, notamment par le président de la République, a indiqué qu'elle se trouvait en Algérie en tant qu'envoyée spéciale du président Bush pour discuter avec les responsables algériens de la lutte antiterroriste. Elle a ajouté que l'Algérie dispose d'une expérience importante dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et exprimé le souhait des Etats-Unis d'apprendre et de partager cette expérience pour lutter contre les ennemis de la paix et de la sécurité dans le monde. Les Etats-Unis réclament l'appui d'Alger à leur stratégie de lutte contre le terrorisme en Afrique, axée essentiellement sur l'installation d'un commandement central (Africom) sur le continent.

Sur ce point précis, l'Algérie, par le biais du ministère des Affaires étrangères, avait clairement défini ses positions, en affirmant qu'elle refusait d'être intégrée dans le champ d'action de ce commandement régional. En mars dernier, l'ex-chef de la diplomatie algérienne, Mohamed Bedjaoui, avait indiqué que le territoire algérien n'est pas concerné par le commandement américain projeté. Le ministre a affirmé que l'Algérie n'a jamais accepté l'installation de bases étrangères sur son sol, qui serait incompatible avec sa souveraineté et son indépendance.

Avant d'arriver à Alger, Mme Townsend a effectué une visite au Maroc, où elle s'était entretenue avec le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa, et le ministre délégué à l'Intérieur, Fouad Ali El-Himma, sur la coopération sécuritaire et les moyens de lutter ensemble contre les menaces que représente le crime transnational pour la sécurité et la stabilité des deux pays. La visite de la responsable américaine à Rabat intervenait au lendemain de la décision du Maroc de relever au «maximum le seuil d'alerte face à la menace terroriste».

 
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