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À quelques jours de la visite du président malien en Algérie L’Algérie et la sécurité des frontières sudPar : Djamel Bouatta, Liberté, 22 novembre 2007 Alger et Bamako ont convenu de renforcer leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme. Les détails seront peaufinés lors de la visite samedi à Alger du président Amadou Toumani Touré. Il s’agit de sécuriser les frontières entre les deux pays et pas seulement par des moyens militaires. La 10e session du comité bilatéral frontalier algéro-malien, tenue à Alger, a identifié des projets économiques structurants pour faire reculer la pauvreté et la marginalisation et couper la route à l’embrigadement de populations par le terrorisme qui s’alimente dans le grand banditisme et l’émigration clandestine. L’Algérie fait face dans ses frontières sud à une équation difficile. Partie prenante du Sahel, qui constitue sa profondeur géostratégique, elle doit veiller, d’une part, à préserver ses propres régions touareg (Djanet, Illizi, Tamanrasset et tout le Hoggar) des multiples rébellions touareg qui éclatent de façon récurrente au Niger et au Mali, d’empêcher, d’autre part, toute connexion entre ces mouvements et le GSPC dont l’ambition est s’incruster dans le Sahel. C’est pourquoi, l’Algérie reste un acteur de premier plan dans toute forme de négociations de paix engagées par ses voisins du sud avec leurs rébellions respectives. Bamako et Niamey sont, par ailleurs, satisfaits de trouver en leur voisin du nord le bon médiateur dans leurs différends avec leurs Touaregs. L’Algérie, pour ces deux capitales, est également le meilleur paravent contre le jeu de la Libye dont le “guide” n’a pas abandonné le rêve de se tailler une stature sous-régionale en se présentant comme le rassembleur de tous les habitants du Sahara. Aujourd’hui plus qu’hier, dès lors que Kadhafi s’est entièrement tourné vers Washington et Paris, auxquelles il cherche à prouver qu’il sera un partenaire potentiel : des Américains dans leur politique d’infiltration au Sahara et de la France qui peine à préserver sa chasse gardée subsaharienne. Même le Maroc voit dans l’instabilité au Sahel, une situation qui accaparerait l’Algérie sans laquelle, à ses yeux, le conflit du Sahara occidental n’a pas lieu d’être ! Le nœud touareg chez nos voisins semble aujourd’hui relever plus d’absence de moyens financiers que de volonté politique chez les dirigeants. D. Bouatta Uranium, pétrole, terrorisme et grand banditismePar : Djamel Bouatta Parmi les enjeux du Sahel, nous pouvons retenir : l’exploration et l’exploitation minière (fer, phosphate, or, pétrole et uranium). Le pétrole devrait jaillir en 2008 au Mali où Texaco et Esso sont alignées à Taoudenni, Gao, Tamesna et Nara, avec des couches pétrolifères profondes de 2 à 5 km. Le Mali a délimité 15 blocs de 800 000 km2, ce qui correspond à 65% du territoire national. Au Niger, à l’uranium du nord, s’ajoute également l’or noir à sa frontière avec la Libye qui revendique le bassin pétrolier ! Ce sont toutes ces potentialités qui font que le Sahara soit devenu le théâtre de luttes internationales où interviennent les ex-puissances coloniales, la France notamment, les États-Unis et les puissances asiatiques (Chine, Inde, Indonésie et Japon). C’est dans cette optique qu’il faut interpréter le projet américain de quadrillage du Sahara et le renforcement du dispositif militaire à travers la Pan Sahel Initiative (PSI) et la Trans Sahara Counter Terrorisme Initiative (TSCI), dont l’objectif n’est pas tant d’aider les forces de sécurité des pays riverains et limitrophes du Sahara à contrôler les frontières et à lutter contre les activités illégales et le terrorisme que d’y établir une base. L’Algérie, pour sa part, a refusé toute compromission sur cette question. D. B. |
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www.algeria-watch.org
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