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OTAGES FRANÇAIS AU SAHEL
Doute sur l’origine des balles assassines
L'Expression, 15 Janvier 2011
L’intervention commune franco-nigérienne a provoqué l’irréparable
De nombreuses questions entourent la mort des deux Français.
Après les deux rapts perpétrés sur le territoire nigérien, dont le dernier a malheureusement coûté la vie à deux jeunes ressortissants français, le chef de la junte au pouvoir au Niger, le général Slou Djibo, décide de revoir la stratégie de la lutte contre le terrorisme dans son pays, sachant que les autorités militaires nigériennes ont participé à toutes les réunions initiées par l’Algérie dans l’objectif de développer les mécanismes d’une lutte commune contre le terrorisme au Sahel.
Le général, visant à redéfinir les données de la lutte antiterroriste souligne, selon les médias nigériens que « le gouvernement a été chargé d’engager une réflexion de fond visant à redéfinir nos options stratégiques et procéder à l’adéquation de celles-ci avec les moyens d’intervention de nos forces armées», et d’ajouter dans ce même contexte que «sous le couvert d’un combat qui n’a rien de noble, de grands bandits et des terroristes s’en prennent à de paisibles et innocentes personnes, semant l’insécurité jusque dans nos villes».
Le Niger qui semble décidé à faire face à cette menace n’est pas sûr cependant d’assurer une sécurité totale dans le pays, «même s’il n’est pas possible d’assurer à 100% la sécurité d’un pays aussi
vaste que le Niger, il est néanmoins de notre devoir et de notre responsabilité de prendre toutes les mesures possibles pour assurer la sécurité de nos villes et nos campagnes car la sécurité n’a pas de prix», a encore indiqué ce général.
Sachant bien que les cinq Français employés dans une société française d’exploitation d’uranium, enlevés à la mi-septembre à Arlit dans le nord du Niger, sont toujours entre les mains des ravisseurs au nord du Mali, une reconstitution du deuxième rapt opéré à Niamey concernant les deux Français a été organisée par les autorités judiciaire sous l’égide du procureur de Niamey.
Dans ce contexte, un spécialiste dans les affaires du terrorisme déclare à l’AFP: «On essaie d’être dans les conditions. Les deux équipes, les enquêteurs nigériens et français, sont là». Paris ne manquera de faire assister à cette reconstitution des faits son chef de section antiterroriste avec au moins six policiers enquêteurs français.
Concernant justement l’enquête sur ce rapt, le procureur qui a conduit cette reconstitution souligne: «L’enquête est menée sous la direction du procureur de Niamey. Il y a eu une demande d’entraide judiciaire émise par Paris, mais toutes les auditions se font sous le contrôle du procureur de Niamey. Tous les actes matériels sont faits par les officiers de police judiciaire nigériens. C’est la première fois qu’on travaille comme ça, et ça se passe très bien.»
Comme attendu, le Niger va faire face à Al Qaîda au Maghreb qui a revendiqué le rapt des deux Français mais l’intervention militaire commune entre les forces nigériennes et françaises a malheureusement provoqué l’irréparable. Les deux otages ont péri lors de cet assaut.
Le gouvernement français, qui a cru bien faire, a agi trop vite, mais assume, selon son chef du gouvernement François Fillon, pleinement cet acte. Alors qu’on avance la thèse de la mort de l’un des otages d’une balle dans la tête, il est encore difficile de parler des circonstances de la mort de l’autre otage et dont le corps aurait été retrouvé complètement carbonisé. Comme pour la mort de Michel Germaneau, beaucoup de zones d’ombre entourent cette affaire des deux Français. Il a été relevé des contradictions dans les différentes déclarations.
François Fillon souligne, dans un premier temps, que l’opération a été conduite par les Français et les Nigériens, et revient dans un second temps pour dire que les Français ont agi seuls.
D’un autre côté, toujours à Paris, on parle de l’arrestation de certains membres d’Al Qaîda qui auraient été auditionnés par les autorités nigériennes, alors qu’au Niger, rien de cela n’a été communiqué.
Ikram GHIOUA
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Le Sahel sur fond de lutte géopolitique |