Le colonel à l a retraite Ahmed Adimi à El Khabar :

« Une catastrophe sécuritaire menace les pays du Sahel »

El Khabar, 22 mars 2010

L’ancien colonel à la retraite, Ahmed Adimi, pense que les pays du Sahel n’ont que deux alternatives devant eux pour faire face à la menace terroriste, soit la coordination sécuritaire, ou bien l’intervention militaire des pays étrangers, qui ont, en fait, proposé plusieurs projets dont l’Africom, visant l’occupation la région.

El Khabar : dans quel contexte intervient, selon vous, la réunion d’Alger, regroupant les ministres de l’intérieur des pays du Sahel ?

Dr Ahmed Adimi : je prévois une catastrophe sécuritaire dans la région du Sahel, compte tenu des problèmes économiques auxquels font face ces pays, à l’instar de l’instabilité et l’insécurité sur le plan interne et le long des frontières du pays concernés. Cette dernière réunion organisée à Alger, portant sur la question sécuritaire dans la région du sahel devra, nécessairement, être suivie par une coordination entre les services de renseignements, ainsi qu’une coordination militaire sur le terrain, pour mettre sur pied des opérations communes entre les armées des sept pays concernés. En plus de la nécessité de créer des centres de recherche pour comprendre les objectifs visés par les terroristes dans la région

Comment peut-on distinguer entre des touristes européens et des agents des renseignements qui tombent aux mains des terroristes, à l’instar de l’otage français « Pierre Camatte » ?

Nous n’avons pas d’informations précises sur cette question, mais ce qui est clair c’est que des pays envoient des espions pour récolter des informations et que dès qu’ils soient pris en otages, ils seront obligés de recourir au versement des rançons, sans tenir compte des intérêts des pays qui souffrent du terrorisme.

Cela signifie-t-il qu’il y aurait un lien entre les intérêts de ces pays et le terrorisme ?

Naturellement qu’il y a un rapport, ces pays ne cessent de chercher des moyens de renforcer leur influence et leur présence dans des régions stratégiques, dont le sahel africain, ils profitent de l’activité terroriste pour prétendre ainsi les poursuivre. Cependant, le problème c’est qu’une intervention militaire étrangère engendre inévitablement une instabilité, à l’image de l’Irak et de l’Afghanistan.

Y a-t-il toujours des justificatifs à la création de la base militaire américaine «Africom » ?

Je pense que tant que la position de l’Afrique restera ferme, moins il y aura de justificatifs de la créer, cela semble difficile pour des pays qui souffrent d’insécurité, mais pas impossible avec l’existence d’un état comme l’Algérie qui a une longue expérience sans la lutte antiterroriste aidée en cela par son poids financier bien supérieur a celui des autres des pays de la région

 

22-03-2010
Propos recueillis par : Ramdane Belaamri/Alger

 
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Le Sahel sur fond de lutte géopolitique  
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