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Coopération algéro-française

Un volume des échanges en hausse

Par Mahmoud Mamart, La Tribune, 7 février 2005

Le marché algérien est très prisé des entreprises françaises. Il constitue même une aubaine pour des investisseurs en quête de nouveaux débouchés d’autant que, en Algérie, plusieurs chantiers sont ouverts dans divers secteurs d’activité. Afin de «nouer des relations d’affaires et identifier des partenaires potentiels» et «renforcer le partenariat franco-algérien», une délégation de plus de 100 chefs d’entreprise du Medef est attendue à Alger les 8 et 9 février prochains, conduite par Yves-Thibault de Silguy, délégué général aux affaires internationales de Suez et président du comité Algérie de Medef International. Une visite organisée par la Mission économique auprès de l’ambassade de France à Alger avec le Forum des chefs d’entreprise.Ayant tenu à renforcer leur présence en Algérie dès le premier mandat de Abdelaziz Bouteflika, qui a vu la venue des hommes d’affaires du Medef, les entreprises françaises par leur forte présence dans le domaine de l’agroalimentaire notamment, ont eu aussi des parts de marché importantes dans des travaux pétroliers et participent à la fourniture des équipements d’infrastructures pour la téléphonie mobile. Elles sont présentes dans l’ouverture du capital des banques et contribuent à satisfaire une demande croissante dans le domaine du transport aérien. Actuellement, le nombre de sociétés installées en Algérie avoisine 200, dont une soixantaine sont des filiales d’entreprises (GDF, Spie-Capag, Entrepose, TotalFinaElf, Danone, Castel, Michelin, etc. Rien qu’en 2003, les entreprises françaises ont signé des contrats en Algérie totalisant un montant d’environ 1 milliard d’euros. Selon la Chambre française de commerce et d’industrie en Algérie (CFCIA), durant la même année, la part de marché des entreprises françaises en Algérie est évaluée à 24%, alors que, selon la même source, 63,3% des intentions d’investissements émanent des entreprises françaises. Des investissements ou intentions affichés dans les secteurs de l’eau, des travaux publics, de la santé, de l’habitat et des hydrocarbures pour ne citer que ceux-là. Par ailleurs, la visite de la délégation du Medef à Alger, et dont les hommes d’affaires ciblent les secteurs bancaire et financier, du bâtiment, des travaux publics et de la construction, de l’eau et de l’environnement, de l’énergie et des mines, des services aux entreprises, des entreprises industrielles et d’ingénierie, des transports, de la high-tech et des NTIC, de l’aéronautique et de la défense, du tourisme, de l’agroalimentaire, des assurances, de la santé, et ce, de l’avis même d’un des membres de la délégation, prouve l’offensive française sur le marché algérien et que la concurrence avec les autres partenaires potentiels tels les Etats-Unis est un secret de Polichinelle. Cependant, il reste que des entreprises préfèrent, pour certaines d’entre elles, celles opérant dans le secteur automobile, à titre d’exemple, des filiales commerciales au lieu et place d’une délocalisation. C’est ce que confirme le PDG du constructeur automobile français Renault, Louis Schweitzer, futur président de la branche internationale du Medef, sur les perspectives d’investissements directs de Renault en Algérie. La perspective d’une construction d’usine en Algérie est écartée de manière habile, à en croire l’APS qui cite ces déclarations. Il s’est contenté d’évoquer «les grandes potentialités et beaucoup de compétences» sur le marché algérien, et ne voit «aucune raison objective» à ce que l’Algérie ne devienne pas un fournisseur de l’industrie automobile. Le vice-président du Medef International, Thierry Courtaigne, voit, quant à lui, un «horizon très prometteur» pour l’avenir de la coopération algéro-française. «La stabilité en Algérie et son intégration dans le monde sont deux signes très forts» qui prédisent, selon ses dires, l’amplification de la coopération cette année.A propos de la dette extérieure algérienne, il y a lieu de rappeler qu’un accord bilatéral de conversion de dettes a été signé entre les deux parties pour un montant de 61 millions d’euros. Emboîtant le pas à l’Espagne et l’Italie, la France a accepté récemment la conversion de 10% du montant de ses créances en Algérie. Des contrats commerciaux ont permis à des entreprises françaises, parfois en difficulté, de gagner des marchés en Algérie, à l’instar d’Alstom pour les équipements du métro d’Alger.

M. M.

   
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