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Défense, Economie, Affaires étrangères et Intérieur Quatre ministres français en Algérie avant les vacances
De Notre Correspondant A Paris Sarah Raouf, Le Quotidien d'Oran, 8 mai 2004 En visite-éclair le 15 avril dernier à Alger, le président français avait annoncé une multiplication, «dans les mois qui viennent», des échanges entre les deux pays. Il n’aura pas fallu longtemps pour que cette promesse se traduise à l’épreuve des faits. Interrompus par le calendrier électoral algérien, les contacts de haut niveau vont, en effet, reprendre dans les prochains jours. Pas moins de quatre ministres français et non des moindres sont attendus à Alger avant les vacances d’été, probablement entre fin mai et juin, a appris, hier, Le Quotidien d’Oran de sources sûres à Paris. Première à ouvrir le ballet de visites, la ministre de la Défense, Mme Michèle Alliot-Marie. Trois autres lui emboîteront le pas à intervalles réguliers. Il s’agit, dans l’ordre chronologique, du ministre de l’Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy, de son collègue de l’Intérieur, Dominique de Villepin, tous deux fins connaisseurs de la relation franco-algérienne pour avoir traité de dossiers bilatéraux, et du nouveau patron du Quai d’Orsay, Michel Barnier. Loin d’être - dans l’absolue - une nouveauté dans la longue histoire des rapports franco-algériens, cette succession de visites n’en apparaît pas comme une singularité, un trait peu habituel. Du moins depuis 1992, date à laquelle l’interruption du processus électoral et la crise qui s’en est suivie ont fait basculer la relation France - Algérie dans une longue période d’hibernation. Une interruption diplomatique de fait ou, à tout le moins, un gel des rapports entre les deux pays. Quatre visites de ministres français à Alger, qui plus est en un laps de temps relativement court, cela ne s’est pas produit depuis bien longtemps. «Du jamais vu», assure un observateur attentif de la relation entre Paris et Alger. Une consultation de la chronologie diplomatique franco-algérienne en donne une idée éloquente. Entre 1992 et juillet 1999, date de la visite de travail d’Hubert Vedrine, alors chef de la diplomatie, les séjours de responsables français ont été réduits aux cas de force majeure : attentats contre un site consulaire français à Aïn Allah (Dely Brahim, début 1994) et cérémonie religieuse en hommage aux moines de Tibéhérine (juillet 1996). Lors de son dernier voyage algérien, le troisième en l’espace de trente mois, Jacques Chirac avait clairement laissé entrevoir la reprise de visites dans les deux sens de responsables français et algériens. «Vous verrez, a-t-il indiqué aux journalistes, que le dialogue va beaucoup s’intensifier dans les prochaines semaines et les prochains mois». «Il y a forcément eu une période d’interruption dans le dialogue à cause de la campagne électorale qui a ralenti les échanges pour des raisons que chacun peut comprendre et nous sommes bien déterminés à reprendre avec beaucoup de détermination cette coopération». Les quatre membres du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin emporteront dans leurs attachés-cases les dossiers franco-algériens relevant de leurs domaines respectifs. Chacun d’entre eux procédera avec son homologue algérien à une mise à plat des questions bilatérales qui intéressent son département ministériel. Mais tous auront en commun une nouvelle mission parée de la mention de l’urgence : les préparatifs du «Traité d’amitié franco-algérien». Annoncé, contre toute attente, par Chirac lors de sa conférence de presse de Zeralda, cet instrument a été voulu, à l’unisson, par Bouteflika et Chirac. Dans les deux pays, on y travaille déjà avec l’objectif de soumettre au paraphe des deux chefs d’Etat un document ficelé fin 2004, début 2005. Chirac souhaite que cet outil puisse être finalisé «dans les meilleurs délais», selon les prévisions contenues dans le message adressé à Bouteflika dès son retour en France le 15 avril au soir. A Paris, les équipes en charge de ce chantier seraient à pied d’oeuvre, à en croire l’hebdomadaire Le Point. A Alger, le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait réuni, l’autre semaine, un Comité interministériel avec un ordre du jour consacré exclusivement à la relation algéro-française. Plusieurs ministres y avaient pris part ainsi que l’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Ghoualmi. Selon des informations obtenues par Le Quotidien d’Oran, les préparatifs du «Traité d’amitié», l’agenda des visites croisées de ministres et l’élaboration de projets de coopération figuraient en bonne place dans les débats. Attachés à un «partenariat d’exception», ambition qu’ils revendiquent depuis la signature de la «Déclaration d’Alger» en mars 2003, Chirac et Bouteflika veulent créer le cadre le plus approprié dans cette perspective. Ils y voient, fait-on remarquer à Paris, la meilleure manière «de conférer à ce partenariat des bases encore plus solides». Pour le moment, Paris est lié par un «Traité d’amitié» à la seule Allemagne, pays avec lequel elle a engagé, après des décades de différends, une relation apaisée soustraite au poids de l’Histoire (occupation et période de Vichy). Une fois signé, le document donnera à la relation franco-algérienne une ambition plus forte que celle posée dans la «Déclaration d’Alger». Au-delà des principes directeurs devant imprimer la coopération bilatérale, il devrait, à l’instar du traité franco-allemand, mettre le paquet sur deux aspects : un contenu très concret et une mise en oeuvre sans faille, croit-on savoir dans les milieux français et algériens à Paris. Outre une densification
de la coopération dans tous les domaines
d’activités, les ministres et autres hauts fonctionnaires
se verront plus fréquemment. Une commission de travail présidée
par les chefs de gouvernement devrait se réunir périodiquement
simultanément à Alger et Paris. Autre résultat :
le traité «institutionnalisera» les rencontres bilatérales
entre les deux chefs d’Etat, l’agenda devant être régulier.
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www.algeria-watch.org
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