À LA DEMANDE DE L’ALGÉRIE

La visite de Kouchner annulée

Le Soir d'Algérie, 21 janvier 2010

La visite que devait effectuer Bernard Kouchner à Alger est compromise. Le déplacement du chef de la diplomatie française aurait été annulé par le gouvernement algérien. Une décision qui confirme qu’entre Alger et Paris, rien ne va plus. Medelci avait pourtant confirmé la visite prochaine à Alger de son homologue français sans donner de date précise.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L’information donnée hier par le quotidien français Le Figaro n’a pas été confirmée par la diplomatie des deux pays. L’Algérie, qui avait jugé «discriminatoire et inamicale» la décision de Paris de l’inscrire sur la liste des pays à risque dont les ressortissants subiront des contrôles spécifiques dans les aéroports français, exprime par cette décision son refus des nouvelles procédures et confirme, une fois de plus, que les relations entre l’Algérie et la France restent très tendues. Bien que tardive, la réaction d’Alger fait suite aux déclarations du ministre des Affaires étrangères qui avait soufflé le chaud et le froid au sujet des relations algéro-françaises. Intervenant après plusieurs jours de silence, Mourad Medelci affirmait qu’«il n’y a pas de divorce entre Alger et Paris, ni de refroidissement dans les relations algéro-françaises». Sortant de sa réserve, le chef de la diplomatie algérienne avait, cependant, averti que «des solutions fiables puissent être trouvées à cette affaire avant la visite du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner en Algérie». Visiblement, la France n’a pas montré de prédispositions pour discuter de ces nouvelles mesures, poussant Alger à ajourner la visite de Kouchner sur laquelle parieraient les observateurs en vue d’un aplanissement des divergences entre les deux parties. En lieu et place de cet apaisement, c’est des tensions supplémentaires qui viennent alimenter des rapports déjà très tendus. Par la voix de son chef de la diplomatie, Alger a protesté auprès de la France estimant que l’Hexagone devait «apporter des explications» sur une «mesure qui dénote une politique de deux poids deux mesures». Medelci avait fait savoir que «l'Algérie rejette énergiquement cette mesure» et a officiellement protesté en convoquant l’ambassadeur de France à Alger auquel la position de l'Algérie a été clairement signifiée. Medelci a tenu à affirmer que «cette mesure a été prise sans aucune consultation de l’Algérie. Nous l’avons apprise par voie de presse. Nous sommes extrêmement surpris de cette décision discriminatoire et inacceptable. Notre message diplomatique est passée, nous attendons le retrait de l’Algérie de cette liste, car ce type de solutions ne règle rien». S’il affirme qu’entre Alger et Paris le divorce n’est pas consommé, le chef de la diplomatie algérienne a fait un long inventaire des dossiers qui fâchent : indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara, l’attitude négative des entreprises françaises en Algérie et la circulation des personnes. Des contentieux auxquels s’ajoute désormais la récente décision de la France d’inscrire l’Algérie sur la liste des pays à risque pour le contrôle des ressortissants voyageant en avion qui rappelle à quel point sont tendus les rapports entre les deux pays.
N. I.

 
Version imprimable
Algérie, chasse gardée de la France  
www.algeria-watch.org