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Le
président de l’APN à Paris
“
La visite de Bouteflika n’est pas officiellement programmée”
Par :A. Ouali, Liberté, 30 mai 2009
En plein débat sur les questions de mémoire ou encore
le report de la visite en France du président de la République,
Ziari a affirmé que la “repentance” n'était
pas à l'ordre du jour.
De manière un peu inattendue, ce sont les sujets économiques
qui ont dominé la visite à Paris du président de
l'Assemblée nationale dans le cadre de la mise en place de la
grande commission interparlementaire. “La priorité de l'Algérie,
c'est le développement. Notre préoccupation stratégique,
c'est la diversification de l'économie nationale pour la rendre
moins dépendante des hydrocarbures”, s'est justifié Abdelaziz
Ziari, lors d'une conférence de presse clôturant la visite.
En plein débat sur les questions de mémoire ou encore le
report de la visite en France du président Bouteflika, M. Ziari
a affirmé que la “repentance” n'était pas à l'ordre
du jour. “Nous avons pensé qu'il fallait parler d'avenir
et des perspectives économiques parce que les jeunes sont touchés
par le problème de l’emploi et du logement”. Quant à la
visite de M. Bouteflika, elle n'a jamais été officiellement
programmée pour le mois prochain, a répété le
président de l'APN. Les questions politiques ainsi éludées,
c'est donc un appel qui a été lancé à la
France pour prendre sa part dans le développement de l'Algérie
qui ont des “relations d’une diversité et d’une
densité exceptionnelles concernant tous les aspects de l’activité politique, économique,
sociale et culturelle”, a dit M. Ziari, dans son discours. “Chacun
de nos deux pays est, en effet, un partenaire majeur pour l’autre”,
a-t-il encore affirmé rappelant que “le dynamisme de nos échanges
commerciaux, qui connaissent actuellement une croissance soutenue, à la
faveur des programmes de développement lancés par l’Algérie,
doit beaucoup à la composante humaine de nos rapports”,
dont une importante communauté algérienne en France. Pour
illustrer le chemin parcouru par l'Algérie ces dernières
années, M. Ziari a rappelé ce qu'était le pays à la
fin des années 1980 et durant les années 1990 : une situation
sécuritaire dramatique ; un niveau de chômage affectant
plus de 35% de la population active ; une dette extérieure qui
atteignait 60% du PIB, et dont le service absorbait plus de 80% des recettes
d’exportations ; une récession drastique, un niveau d’inflation
qui dépassait les 30%, etc.
Conséquences : une paupérisation de larges couches sociales
; la faillite de milliers d’entreprises ; la suppression de plus
de 500 000 emplois. Une crise que l'Algérie a affrontée “seule
et avec ses propres moyens”. Ce rappel a, en fait, servi à mettre
en relief le bilan des deux quinquennats de M. Bouteflika. “Désormais
stabilisé et amélioré, le cadre macroéconomique
a favorisé durant les dix dernières années une croissance
soutenue et qui se maintiendra en dépit des difficultés
de la conjoncture internationale. De 60% en 1999, le stock de la dette
est descendu à 2,5% du PIB, lequel a été multiplié par
3,5 depuis. Les réserves de change atteignent aujourd’hui
150 milliards de dollars, tandis que le Fonds de régulation des
recettes, avec 50 milliards de dollars disponibles, permet à l’économie
algérienne de résister aux fluctuations de nos ressources
externes et de poursuivre sa croissance”. Les défis persistent
qui imposent de poursuivre la lutte contre le chômage, d'améliorer
les performances de l’appareil de production et de diversifier
une économie trop dépendante des hydrocarbures. Grâce
au dialogue désormais établi entre les Assemblées,
les élus des deux pays peuvent contribuer à la recherche
des voies de coopération avec la mise en place de la grande commission
parlementaire. Ce type de commission est assez rare. La France en compte
une avec la Russie et une autre avec le Québec. Une troisième
est en voie de constitution avec la Chine. À Paris, la commission
algéro-française a rédigé son règlement
intérieur. Elle tiendra sa première réunion à Alger.
Avant la fin de l'année.
A. O.
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Algérie,
chasse gardée de la France |