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L’AMIRAL JEAN-MARIE VAN HUFFEL Le risque du terrorisme en Méditerranée existeLe Quotidien d'Oran, 22 mai 2005 L’accord de coopération militaire algéro-français, annoncé lors de la visite à Alger de Michèle Alliot-Marie, ministre français de la Défense, est en « très bonne voie ». C’est ce qu’a déclaré l’Amiral Jean-Marie Van Huffel, commandant de la région maritime Méditerranée, préfet maritime de la Méditerranée, lors d’une conférence de presse, hier, à bord de la frégate française anti-sous-marine «Montcalm». Le détachement naval français a accosté, hier, au port d’Alger pour les premiers exercices algéro-français de surveillance et de sécurité maritime. « Il y a une volonté politique très forte qui sous-tend et permet à une coopération militaire et navale de se développer », précisera l’Amiral Jean-Marie Van Huffel. Cet accord représentera un cadre global pour la coopération militaire, dans laquelle s’inscrira la coopération navale entre les deux armées. « Cette coopération s’inscrit dans la durée. Les deux marines doivent appliquer une volonté politique et proposer une action. Il s’agit d’un élan assez formidable d’essence politique », a estimé à cette occasion le représentant militaire et civil de l’Etat français. L’exercice Raïs Hamidou 05 est une première du genre. « C’est une première au sens de l’ampleur. C’est un exercice très supérieur au fait de réaliser des manoeuvres communes ». L’exercice comprendra une opération d’interdiction maritime avec, côté français, la frégate anti-sous-marine «Montcalm», le patrouilleur de service public «Grebe» et un aéronef de patrouille maritime de type Atlantique 2 qui atterrira aujourd’hui à l’aérodrome militaire de Boufarik. Côté algérien, la frégate «Mourad Raïs», la corvette «Raïs Hamidou», deux vedettes des gardes-côtes type PA, un navire auxiliaire ainsi qu’un aéronef de patrouille maritime BE 200. Le «Cnoss» interviendra également pour les activités de secours en mer. L’amiral se dit « très satisfait et admiratif du travail » effectué par les officiers algériens et français pour la préparation de l’exercice Raïs Hamidou 05. Il aura fallu 4 à 5 mois et trois réunions successives en France et en Algérie pour jeter les bases concrètes de cette coopération conjointe. Cet exercice sera marqué par la mise en place d’un centre de commandement conjoint entre officiers algériens et français. L’exercice Raïs Hamidou 05 vise, selon l’amiral, à renforcer la connaissance mutuelle, l’interopérabilité et l’échange d’expériences ainsi qu’à assurer l’aptitude des deux forces à opérer ensemble et à répondre à des situations de crise maritime telle que la pollution, le terrorisme, le trafic illicite et les sinistres en mer. « Il faut du temps pour ça. Cela se construit progressivement. Il faut savoir compter les uns sur les autres », dira-t-il. L’Amiral estimera à ce sujet que la Méditerranée comporte des risques certains tels que le terrorisme et les grandes catastrophes. « La mer est une chance mais elle est également porteuse de risques. On ne peut pas dire que le risque du terrorisme n’existe pas en Méditerranée. L’Algérie l’a vécu. Ce risque existe, la difficulté est de savoir quelle est son intensité et comment il va frapper », précisera le préfet maritime. Ces actes terroristes pourraient concerner principalement des rapts ou des prises de contrôle d’un bâtiment de passagers ou encore du transport de personnes liées au terrorisme ou de matériel et armes. « C’est un sujet extrêmement difficile. Il faut lutter contre cela en haute mer dans un espace marqué par la liberté de navigation ». La position française est très claire, ajoutera le responsable, il s’agit du respect du droit international. « L’Algérie a la même approche. C’est une limite mais qui nous paraît naturelle dans des Etats de droit », estimera l’Amiral Jean-Marie Van Huffel. Quant aux différentes organisations et initiatives concernant la coopération navale en Méditerranée, cela prouve, selon le préfet maritime, que beaucoup de gens s’intéressent à cet espace. « Il ne faut pas que ce soit désordonné, ni que les initiatives s’entrechoquent », précisera l’Amiral. Il est toutefois hors de doute pour lui que le cadre principal de coopération reste le bilatéral. Ce type d’exercice est appelé, selon lui, à se renouveler. « Il y a une intention ferme et des échos suffisants pour impulser un rythme annuel en approfondissant sans doute nos possibilités une fois en Algérie et une fois en France », précisera l’Amiral Jean-Marie Van Huffel, commandant de la région maritime Méditerranée, préfet maritime de la Méditerranée. Samar Smati |
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