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L’Union euro-méditerranéenne : Un chemin encore semé d’embûchespar MFI, Le Jeune Indépendant, 15 août 2007 Pour Nicolas Sarkozy, préoccupé à la fois par une coopération Nord-Sud profitable à toutes les parties et par une maîtrise de l’immigration clandestine originaire essentiellement du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, la Méditerranée est un espace de solidarité et de coopération majeure. Une telle union constituerait également à ses yeux un pont avec l’Afrique subsaharienne, et permettrait d’y intégrer – si elle l’accepte bien sûr – la Turquie, qu’il ne souhaite pas voir admise au sein de l’Union européenne. Ce qui n’est pas, pour le moment, l’objectif d’Ankara, qui n’a cependant pas renoncé à sa candidature à l’UE. «La prospérité, la stabilité, la sécurité des deux rives de la Méditerranée sont interdépendantes. Notre histoire, notre vie culturelle, nos sociétés sont mutuellement imprégnées. Notre mer commune est aussi un enjeu écologique majeur. Ensemble, nous pouvons faire mieux pour développer les échanges commerciaux, culturels et humains, prévenir les crises et mieux gérer celles qui existent déjà ou se déclarent», a affirmé le président français. Il a déjà présenté ce projet à plusieurs partenaires européens ainsi qu’à l’Algérie, au Maroc, à la Tunisie, à la Libye et à l’Egypte notamment. Nicolas Sarkozy a tenu à souligner qu’il ne fera pas concurrence aux structures existantes, mais viendra en complément, et s’attachera à réaliser des projets concrets dans les domaines où les besoins sont les plus évidents, par exemple l’eau, le développement durable ou l’intégration énergétique. «Nous mesurons bien tout l’acquis qui existe en la matière, en particulier dans le cadre du partenariat Euromed. Il ne s’agit pas de refaire ou de défaire ce qui a déjà été fait mais de redonner vigueur à ce qui existe, et de décider de quelques initiatives visibles et concrètes», a-t-il précisé. La France, qui assumera la présidence de l’UE en 2008, devrait pousser en avant cet objectif et convaincre les pays partenaires du Nord comme du Sud. Jusqu’ici, l’intégration non seulement politique mais aussi économique du Maghreb s’est heurtée à la rivalité entre l’Algérie et le Maroc, et à leur désaccord à propos du problème du Sahara occidental, revendiqué et occupé par les forces de Rabat. La reprise de discussions sur le sujet sous l’égide de l’ONU laisse toutefois percer un certain espoir. Tout comme la libération des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne, grâce aux bons offices de l’Union européenne et de la France, devrait permettre à la Libye d’intégrer complètement le partenariat euro-méditerranéen. Les voies du rapprochement Créé à Barcelone en novembre 1995, ce processus regroupe les vingt-sept Etats membres de l’Union européenne et dix Etats du sud et de l’est de la Méditerranée : Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie. La Libye était observatrice aux conférences des ministres des Affaires étrangères ainsi qu’aux réunions des hauts fonctionnaires, alors que la Mauritanie est traditionnellement présente aux conférences au titre d’«invitée spéciale de la Présidence». Les conférences ministérielles ont lieu tous les deux ans, leur suivi est assuré par des réunions ministérielles à mi-parcours. Des réunions ministérielles sectorielles sont également organisées : ministres du Commerce, ministres de l’Industrie, ministres de la Culture et de la Communication, ministres de l’Economie et des Finances, ministres des Transports. Ce partenariat comporte trois volets : politique, économique et financier, culturel, social et humain. Le processus de Barcelone a permis de relancer le «dialogue 5+5», enceinte de dialogue politique informel, qui regroupe dix pays riverains du bassin occidental de la Méditerranée : les cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) ainsi que cinq pays de l’UE (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal). Après une première réunion à Rome en 1990, une autre en 1991, puis une longue interruption, le dialogue a repris en 2001 à Lisbonne et se poursuit régulièrement depuis. Une troisième instance a renforcé le dialogue entre les rives de la Méditerranée. La «politique européenne de voisinage», née en 2002 de la volonté de développer un espace de prospérité et de stabilité aux frontières de l’UE élargie, cherche à renforcer la coopération politique, sécuritaire, économique et culturelle entre l’UE et ses nouveaux voisins immédiats ou proches. A l’origine destinée aux nouveaux voisins de l’Est, puis étendue aux pays du sud de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Liban, Jordanie, Syrie) à la demande de la France, cette initiative s’est développée à partir de 2003. Un nouvel instrument financier unique – l’Instrument européen de voisinage et de partenariat – doté de plus de 11 milliards d’euros, a été mis en place en janvier 2007 et les pays du Sud continuent à recevoir une part importante de ce financement avec près des deux tiers des dotations. De réels acquis Si la déclaration de Barcelone n’a pas encore été intégralement mise en application, les acquis économiques sont réels : création d’une zone de libre-échange d’ici à 2010 et accords d’association qui ont permis de développer les échanges entre l’UE et les pays méditerranéens. Ainsi, les exportations des pays méditerranéens vers l’UE ont progressé à un rythme moyen de 7,2 % par an depuis 1990, contre 4,2 % dans le reste du monde. Les accords d’association ont également permis d’homogénéiser les législations dans les domaines des règles de concurrence et des mouvements de capitaux, et aussi de renforcer la coopération économique dans des secteurs essentiels comme l’énergie. Les contacts entre entreprises ont été facilités et se sont multipliés, notamment grâce à l’ASCAME (Association des chambres de commerce et d’industrie de la Méditerranée). Les programmes de coopération entre PME ont permis de mettre en contact 6 500 petites et moyennes entreprises des pays méditerranéens avec des homologues de l’UE. L’ensemble de la coopération est financé par les crédits du programme MEDA et des prêts de la Banque européenne d’investissement. Le ratio entre paiements réalisés et crédits engagés n’était que de 29 % en 1995. Il est passé à 81 % dès la fin de 2003. Près de 85 % des fonds sous MEDA ont été affectés à des actions bilatérales avec des pays méditerranéens et 15 % à des actions régionales. MFI. |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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