Traité d’amitié entre l’Algérie et la France

Bouteflika et Chirac confirment la signature en 2005

Le Jour d'Algérie, 6 avril 2005

Par ce traité, dont les instruments de ratification sont en voie de finalisation, les deux pays s’entendent à placer leurs relations sous le sceau de la refondation afin de dépasser les divergences historiques.

Le président Bouteflika a indiqué, hier, à Paris, que le traité d’amitié algéro-français devrait être finalisé d’ici à la fin de l’année. Dans une déclaration à la presse faite à l’issue d’un entretien en tête à tête avec le Président français Jacques Chirac, le chef de l’Etat a précisé : «Nous avons parlé du traité d’amitié et nous avons encore le temps d’ici à la fin de l’année pour le finaliser.» Le traité d’amitié sanctionnera le processus de refondation des relations entre les deux pays, tel que voulu par les Présidents Bouteflika et Chirac lors de la Déclaration d’Alger en mars 2003.

En plus de la coopération bilatérale, le Président Bouteflika a, par ailleurs, indiqué que l’entretien avec son homologue français a porté sur les relations entre «la France et l’Afrique et la France et le monde arabe».

Depuis quelques années, sans doute aucun, c’est un climat autre qui prévaut entre la France et l’Algérie, plus précisément depuis la visite d’Etat de Bouteflika en France en juin 2000. La visite de Jacques Chirac en mars 2003, la première d’un Président français depuis 1962, a marqué solennellement l’engagement de la France à construire avec l’Algérie une relation nouvelle, confiante, sereine et durable. Cette volonté des deux parties s’est traduite par la Déclaration d’Alger, signée par les deux chefs d’Etat, qui constitue une feuille de route de la relance des relations bilatérales. Cela comprend tous les domaines, à commencer par l’approfondissement du dialogue politique (affermissement de l’agenda des visites et des rencontres), le soutien aux réformes, le renforcement de la présence économique française en Algérie, l’amélioration des conditions de circulation des personnes et, immanquablement, la poursuite du travail de mémoire. C’est dans ce contexte que la visite de M. Chirac à Alger en avril 2004, au lendemain de la réélection de Bouteflika, a permis de commencer une nouvelle étape avec l’annonce de discussions sur un traité d’amitié qui devrait être conclu cette année, parallèlement à un renforcement de la coopération sur les grands projets d’infrastructures et l’instauration prochaine de mécanismes institutionnels de dialogue régulier.

Au plan économique, les relations commerciales ont progressé de manière très rapide depuis 1999. La France est le premier partenaire commercial de l’Algérie, et ses exportations ont progressé de 50 % en trois ans. Les investissements français en Algérie demeurent, en revanche, modestes. Des décisions d’implantation prises ces quatre dernières années consacrent le retour des grands groupes français sur le marché algérien dans le secteur agroalimentaire (Castel, Danone, Bel), les transports (Michelin) ou encore les détergents (Henkel). En tout, près d’une centaine d’entreprises françaises opèrent aujourd’hui sur le marché algérien, employant près de 6 000 personnes. En juillet 2004, Abdellatif Benachenhou et Nicolas Sarkozy ont signé un «aide-mémoire sur le partenariat pour la croissance et le développement» qui prévoit un ensemble de mesures de soutien à la présence économique française en Algérie, d’un volume cumulé de plus de deux milliards d’euros.

C’est ainsi que se développe le cadre adéquat pour qu’enfin puissent être abordées les questions liées à la mémoire commune, dont certains aspects sont encore assez polémiques, sinon douloureux. Si depuis 1962, les Français considéraient que le passif tournait autour de l’après-Indépendance, pendant que pour l’Algérie, ce sont plutôt les séquelles du déroulement de la guerre qu’il fallait assainir, il semble bien que le traité d’amitié en question soit justement le cadre à travers lequel toutes ces questions seront sereinement abordées et, donc, pourront être dépassées.

Nabil Benali

   
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