Algérie-France

Debré évite les sujets qui fâchent

El Watan, 22 janvier 2007

Ce n'est pas demain que le traité d'amitié algéro-français sera signé. Prévue pour la fin de l'année 2005 avant d'être compromise par la loi française du 23 février 2005, la conclusion de ce traité entre les deux pays nécessite encore un travail de longue haleine.

C'est du moins ce qui ressort des déclarations du président de l'Assemblée nationale française, Jean-Louis Debré, en visite en Algérie depuis vendredi dernier. « La signature du traité d'amitié ne relève pas du Parlement ou de l'Assemblée nationale. C'est de la compétence des Etats et des exécutifs. Alors il viendra le moment de la signature d'un traité d'amitié. » Je ne suis pas habilité à vous dire, aujourd'hui, quand est-ce qu'il sera signé », a déclaré, hier, Jean-Louis Debré lors d'un point de presse tenu au siège de l'APN. Ceci, alors que le président de l'APN, Amar Saâdani, s'est précipité pour dire que la signature dudit traité « est possible » avant la fin du présent quinquennat du président français, Jacques Chirac. « C'est possible, si la France fait un effort », a affirmé Amar Saâdani dans une déclaration faite, samedi dernier, à l'AFP. Le président de l'APN sous-entendait ainsi que le traité d'amitié pourrait être signé durant le premier trimestre de l'année en cours. Mais cela ne semble pas être l'avis de son homologue français. Pour Jean-Louis Debré, l'amitié entre les deux nations doit se concrétiser par des actions précises dans les domaines économiques, culturels, sociaux et de la défense. Les parlementaires, selon lui, ont un grand rôle à jouer dans le renforcement des relations bilatérales algéro-françaises en vue d'aller vers « un partenariat d'exception ». Le premier responsable du parlement français, qui a été reçu longuement, auparavant, par le chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, insiste sur l'importance du rôle que doivent jouer les députés dans la promotion des relations d'exception. A la question de savoir si la France est prête à demander pardon aux Algériens pour les crimes commis contre eux par le colonialisme français, M. Debré a répondu : « Nous devons assumer notre passé. J'ai proposé qu'il y ait une commission mixte, composée d'historiens et de chercheurs, qui devra se pencher sur cette page de notre histoire commune. » Jean-Louis Debré a, par ailleurs, reconnu que le devoir de mémoire n'est pas du ressort du législateur. La loi du 23 février, a-t-il rappelé, a suscité « des malentendus » et l'article 4 de cette loi glorifiant le passé colonial français a été abrogé suite à l'intervention de Jacques Chirac.
Signature d'un protocole-cadre de coopération parlementaire
L'avenir des relations entre les deux pays, a-t-il expliqué, repose sur deux exigences primordiales. « La déclaration d'Alger adoptée par les deux présidents en 2003 a jeté les bases d'une relation globale qui repose sur deux exigences : assumer notre histoire commune et construire ensemble un rêve d'avenir partagé », a-t-il souligné en exhortant les parlementaires des deux pays à « apporter leur pierre » en vue de consolider cet avenir. Un avenir qui, a-t-il enchaîné, passera par « l'encouragement d'une démarche de vérité qui mènera au rapprochement des mémoires à travers une lecture commune de l'histoire ». « Chaque pays doit assumer son histoire avec ses gloires et ses phases les plus sombres », a-t-il ajouté. La visite de Jean-Louis Debré à l'APN est sanctionnée par la signature d'un protocole-cadre de coopération parlementaire. Ce protocole prévoit l'institution d'une commission interparlementaire Algérie-France pour encourager la concertation et la coopération entre les parlementaires des deux pays. Cette grande commission aura pour objectif également de renforcer le dialogue et les relations politiques entre les deux pays. Le président de l'Assemblée nationale française poursuivra, aujourd'hui, sa visite à Alger. Au programme : une visite au cimetière chrétien de Bologhine, à l'église Notre-Dame d'Afrique avant d'effectuer une tournée à la rue Didouche Mourad.

Madjid Makedhi

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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