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Conférence de presse de Michèle
Alliot-Marie
Un
Sommet “4+3” en octobre prochain
Par
Farid Belgacem , Liberté, 18 juillet 2004
La ministre française de la Défense, Mme Michèle-Alliot — en
visite de deux jours en Algérie — a, hier, à Djenane
El-Mithak, animé une conférence de presse en présence
du ministre de l’Intérieur, M. Noureddine Yazid Zerhouni.
D’emblée, l’oratrice a évoqué l’importance
de son déplacement et a situé les “attentes majeures” de
son gouvernement.
Sa rencontre avec le président de la République et ministre
de la Défense nationale a été qualifiée de “positive”.
Plusieurs axes de travail ont été dégagés
entre les deux parties dont la lutte contre le terrorisme, la sécurité dans
la rive méditerranéenne, la vente d’armes et la coopération
militaire ainsi que d’autres aspects à caractère économique.
Premier résultat de la visite : Alger et Paris ont procédé à la
signature d’une convention militaire et technique. “Cette
convention sera suivie d’un accord intergouvernemental et s’inscrit
dans la durée. Des relations entre les deux pays”, a-t-elle
indiqué.
La ministre de la Défense, qui a révélé les
actions communes arrêtées entre les deux parties, a annoncé la
tenue d’un Sommet “4+3” (la France, l’Italie,
l’Espagne et le Portugal d’une part, l’Algérie,
le Maroc et la Tunisie d’autre part), en octobre prochain. “Nous
devons renforcer les liens et fructifier ces occasions. Nous nous rencontrerons
en qualité de ministres de la Défense et non en qualité de
ministres des Affaires étrangères. C’est la raison
même de l’extension de nos relations”. Sur un autre
volet, Mme Alliot-Marie a affirmé que la France vendra des armes à l’Algérie “selon
les besoins”, et d’ajouter que “ces armes seront utilisées
en commun. Mais, il faudra savoir que cela n’est pas une fin en
soi. Car, il s’agira de continuer à développer ces échanges
dans le respect des règles internationales. Pour le reste, la
France n’a jamais fait d’embargo en matière d’armes
sur l’Algérie. Nos relations sont soumises aux règlements
internationaux”. Annonçant le redéploiement de la
diplomatie française en Algérie, l’oratrice fera
remarquer que “les deux pays doivent tourner la page et non mettre
un trait dessus. Nous avons énormément de points communs,
comme les défis à relever en matière de résolution
des conflits régionaux. Nous avons un message à faire passer
ensemble aux peuples qui vivent des crises incessantes, des épidémies,
des crises d’énergie et d’instabilité. C’est
pour cela que nos relations sont aujourd’hui exceptionnelles”.
Selon Mme Alliot-Marie, ces axes de travail, déjà définis
entre Alger et Paris, seront discutés entre les présidents
Bouteflika et Chirac le 16 août prochain. À ce propos, une
enveloppe de 64 millions d’euros a été débloquée
pour dédommager ceux qui “ont donné leur vie pour
libérer la France” et renflouer les caisses d’indemnisation
qui avaient si longtemps maltraité le dossier. Sur la question
des archives de la guerre d’Algérie, elle dira que “la
France a des prescriptions assez strictes. À l’exception
des familles et des chercheurs universitaires, nous devons protéger
le secret des personnes. Nous sommes pour le maximum de transparence”.
Sur le plan international, Mme Alliot-Marie indiquera que “la France
n’a aucun problème avec les USA concernant les crises d’instabilité,
de terrorisme, de banditisme ou de conflits interethniques. Mais, je
crains fortement qu’il y ait de nouvelles crises. Tous ceux qui
veulent éteindre ces crises et conflits sont les bienvenus. Pour
les autres actions, cela se passe dans le cadre de la défense
européenne et l’Otan dont les objectifs sont les mêmes”.
Enfin, Mme Alliot-Marie dénonce les manipulations des uns et des
autres quant à la montée du phénomène du
racisme en France. “Il faut faire très attention. Il faudra
relativiser les choses car nous possédons des textes de lois très
stricts et sévères. D’autant que la France est un
pays d’accueil et de tolérance”, avertit-elle.
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