Investissements français en Algérie

Le signal de la Coface

Le Quotidien d'Oran, 27 janvier 2005

La déclaration du président de la Coface, mardi dernier, sur l’évolution positive du risque Algérie confirme que cet indice s’achemine vers une amélioration en 2005. Et que, sauf événement imprévu ou exceptionnel, il devrait passer de la 5ème à la 4ème place dans le classement de l’Agence.

Cette progression devrait avoir un effet positif sur l’investissement français en Algérie. Nombre d’éléments sont en tout cas favorable à cette thèse. D’abord le temps politique ! Depuis 2001, Alger et Paris poursuivent une relation soutenue et constante. Son évolution n’a peut-être pas encore atteint le sommet des ambitions affichées réciproquement. Mais celle-ci est déjà suffisamment importante pour ne pas croire à son impact. Notamment dans la progression de la coopération et dans la relance de l’investissement français en Algérie. En moins de cinq ans, et après les voyages officiels effectués par Bouteflika en France et Chirac en Algérie, ce ne sont pas seulement des PME qui s’activent en Algérie. Ce sont aussi des groupes industriels tels Michelin, Castel, Renault, Peugeot, Alstom... qui se sont installés pour développer leurs activités. La signature en 2005 d’un traité d’amitié entre les deux pays devrait doubler cet impact. Des observateurs estiment que ce sera un engagement comme tous ceux qui lient l’Algérie à ses partenaires stratégiques. Cependant, il ne leur sera jamais semblable. Un observateur français avisé et qui connaît bien l’Algérie affirme que cet événement, avant même d’être concrétisé, a suscité des contacts et des rencontres comme on n’en a jamais vu entre responsables français et algériens durant ces derniers mois. Il ajoute que ce traité va apporter à la relation franco-algérienne quelque chose de fondamental: une régulation à long terme, qui devrait garantir aux deux pays une stabilité d’autant plus précieuse qu’elle a pour enjeu stratégique l’espace euro-méditerranéen.

Ensuite, il y a le temps économique ! La conjoncture pétrolière extrêmement favorable a amélioré l’environnement économique et financier du pays. L’accumulation des réserves et la poursuite du désendettement ont créé un climat plus favorable aux entreprises. «Une bonne orientation», selon la Coface, et qui, en 2004, devrait se traduire par un intérêt plus grand des opérateurs français. L’agenda économique et de coopération franco-algérien signale plusieurs grands rendez-vous en France et en Algérie surtout. Ils concernent les secteurs de l’énergie, l’eau, le médicament, les transports et la maîtrise des risques industriels. En février prochain, il y aura également le salon des hydrocarbures et du gaz à Hassi Messaoud. Cette manifestation intitulée Sighgaz 2005 et bénéficiant du haut patronage du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, est organisée par la chambre française de commerce et d’industrie en Algérie (CFCIA) et l’APC de Hassi Messaoud. Plus de soixante-dix établissements français y participeront aux côtés d’opérateurs algériens, américains, belges, espagnols, monégasques et autres.

Outre ces événements, il y a également et surtout la mission du Medef, le 3 février prochain. Cette visite s’annonce comme capitale. C’est, pour certains observateurs, le véritable baromètre pour 2005 et pour les années à venir en ce qui concerne le renforcement des échanges économiques entre la France et l’Algérie. Ce n’est pas faux. Il n’en demeure pas moins que cette mission intervient dans un contexte où les indicateurs ne sont pas mauvais: c’est la seconde fois en moins de deux ans que le patronat organise une visite d’affaires aussi importante en Algérie. Par ailleurs, le ministère français délégué au Commerce extérieur a préparé une feuille de route et une liste des vingt-cinq pays prioritaires pour la France. L’Algérie y figure.

Kader Hannachi

 

   
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