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Sa visite n’aurait pas encore eu l’aval du palais d’El-Mouradia
Sarkozy : viendra, viendra pas ?
SAÏD OUSSAD, Liberté, 18 octobre 2006
Le report de la venue du président de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) répondrait à des exigences de calendrier d’Alger. De ce fait, la date n’est pas encore définitivement arrêtée.
Prévue dans un premier temps pour la fin du mois d’octobre, la visite du ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, en l’Algérie aurait été reportée sine die. Selon des indiscrétions, le report de la venue du président de l’Union pour la majorité présidentielle répondrait à des exigences de calendrier d’Alger et, de ce fait, la date n’est pas encore définitivement arrêtée. Alors qu’elle était donnée pour certaine par l’entourage proche de Sarkozy et en absence de réactions officielles, des lectures sont échafaudées quant à ce renvoi de date. Certains y voient une volonté d’Alger de ne pas “cautionner” un présidentiable en puissance, par rapport à un autre, alors que les élections françaises sont tellement proches. Une hypothèse qui trouverait ses relais dans l’ajournement de nombre de visites d’officiels français en Algérie. Une façon pour Alger de ne pas donner de “quitus” à un quelconque candidat, de gauche soit-il ou de droite, et de ce fait de ne pas “implicitement” aiguiller le vote de la communauté algérienne établie en Hexagone.
Des voix qui ont leur importance dans le dépouillement final et que la classe politique française tente de s’approprier même si, selon Abderrahmane Dahmane, secrétaire national à l’UMP, chargé des relations avec les associations des Français issus de l’immigration, elles doivent être acquises, dans une grande proportion, au candidat de la droite malgré son impopularité au sein des banlieues.
D’autres croient encore déceler dans ce report le mécontentement du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, quant au traitement des nombreux dossiers en suspens entre les deux capitales et, principalement, la position officielle française sur la question des visas et de la colonisation. En effet, alors que le Parlement français vient de mettre hors la loi quiconque renierait le génocide arménien, aucune volonté officielle française critique n’est apparente pour revenir sur son passé colonial en Algérie, alors que les Algériens s’apprêtent à commémorer le 45e anniversaire des évènements du 17 Octobre 1961 qui avaient enregistré le massacre de milliers de nationaux résidant en France.
Une autre lecture, toute hypothétique qu’elle soit, renvoie ce report à l’amitié qui lie Bouteflika à Chirac et que ce dernier n’est pas forcément un fervent supporter de celui qui se dirige droit vers une candidature unique au sein de la droite.
Rappelons que la visite de Nicolas Sarkozy, sous la double casquette de ministre de l’Intérieur et candidat à la présidence, devait se placer sous le ciel du réchauffement des relations bilatérales et de la relance des investissements français à Alger, battus en brèche par les Américains, les Allemands et les Asiatiques.
SAÏD OUSSAD
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Algérie, chasse gardée de la France |