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Nicolas
Sarkozy revient ce 27 juillet
350
millions d’euros pour le métro d’Alger
Par
Guemache Lounés , Liberté, 21 juillet 2004
Le ministre français de l’Économie devrait également évoquer
avec son homologue algérien la question d’un éventuel
remboursement anticipé d’une partie de la dette algérienne.
Nicolas Sarkozy aime l’Algérie. Le 27 juillet prochain,
il sera à Alger pour une courte visite de travail, la deuxième
dans la capitale algérienne du ministre français de l’économie
et des finances en moins de deux mois.
Le 4 juin dernier, Nicolas Sarkozy avait déjà effectué un
déplacement de deux jours en Algérie. Il était accompagné d’une
vingtaine de chefs de grandes entreprises françaises.
Cette fois, la visite de Nicolas Sarkozy sera consacrée essentiellement à la
signature du contrat de financement du métro d’Alger. Le
gouvernement français s’est engagé à financer
le projet à hauteur de 350 millions d’euros. En échange,
la société du métro d’Alger s’est engagée à s’équiper
entièrement auprès des entreprises françaises.
Alstom devrait être retenue pour fournir les rames. Le 5 juin dernier,
le groupe français d’infrastructures, dont le président
faisait partie de la délégation de chefs d’entreprise
accompagnant Nicolas Sarkozy en Algérie, avait déjà signé avec
les autorités algériennes un contrat de 88 millions d’euros
portant sur l’équipement, d’ici à fin 2007,
de trois lignes de chemin de fer situées dans la banlieue d’Alger.
Autant de contrats qui permettront à Alstom, actuellement en difficulté,
d’améliorer sensiblement ses résultats et à Nicolas
Sarkozy de se positionner une nouvelle fois en grand sauveur d’une
industrie française en péril. Dès son arrivée à la
tête du ministère de l’économie et des finances,
le numéro deux du gouvernement français s’est, en
effet, engagé à sauver Alstom de la faillite. Après
avoir réussi à convaincre les banques créancières
et la Commission de Bruxelles d’accepter le plan de sauvetage du
groupe, Nicolas Sarkozy peut maintenant affirmer être le principal
artisan de la percée commerciale de ce groupe en Algérie.
à
Alger, Nicolas Sarkozy devrait également, selon nos informations, évoquer
avec son homologue Abdelatif Benachenhou la question d’un éventuel
remboursement anticipé d’une partie de la dette extérieure
algérienne détenue par la France.
D’un côté, l’Algérie possède des
réserves de change records (36 milliards de dollars) faiblement
rémunérées (entre 1 et 2%), et une dette de 23 milliards
de dollars dont les intérêts sont supérieurs à 7%
par an. Elle souhaite donc utiliser les sommes disponibles pour rembourser
rapidement une grande partie de sa dette.
De l’autre côté, la France, qui détient plus
de 80% de la dette algérienne, connaît de sérieux
problèmes budgétaires alors qu’elle doit respecter
les règles européennes qui lui imposent un déficit
maximum de 3% du PIB. Pour équilibrer son budget et éviter
un plan de rigueur, qui risque d’être ravageur pour l’image
du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, et afin d’échapper à d’éventuelles
sanctions de l’Europe, Nicolas Sarkozy doit trouver rapidement
plusieurs milliards d’euros.
Les deux parties pourraient donc engager vite des négociations
sur ce sujet. Dans une France inquiète de la montée du
chômage et de la perspective d’une crise économique
sévère, de telles réussites du ministre de l’économie
peuvent rapporter à Nicolas Sarkozy de précieux points
dans les sondages.
Car, engagé dans une bataille difficile contre Jacques Chirac
dans la perspective de la présidentielle de 2007, l’ambitieux
ministre de l’économie se déplace à Alger
avec d’évidentes arrière-pensées électorales.
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