SARKOZY A ALGER

La dette au centre des discussions

El Watan, 5 juin 2004


Le ministre français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, M. Nicolas Sarkozy, est arrivé hier à Alger pour une visite de travail de deux jours, qui s'inscrit dans le prolongement de celle effectuée par le président Jacques Chirac une semaine après l'élection présidentielle du 8 avril dernier.

Pour traduire dans les faits «le partenariat d'exception» auquel il a appelé, le président Chirac avait annoncé la venue de M. Sarkozy pour discuter avec son homologue algérien de la reconversion de la dette algérienne. Le ministre français est très attendu sur cette question, d'autant qu'à Alger comme à Paris on estime que les relations économiques, en dehors du négoce, sont loin d'être en phase avec les déclarations politiques. A Boumerdès, où il a assisté à la signature d'une convention de prêt de l'Agence française de développement (AFD) pour la reconstruction des zones sinistrées suite au séisme du 21 mai 2003, M. Sarkozy a déclaré que la question de la reconversion de la dette occupera «une large place dans les discussions», sans s'avancer sur le montant. Ce dossier devait être ouvert, hier, en fin d'après-midi, avec son homologue algérien M. Abdelatif Benachenhou. M. Sarkozy s'est limité à souligner «l'engouement des entreprises françaises pour la reconversion de la dette algérienne», lesquelles entreprises sont intéressées par des secteurs aussi divers que les transports (métro d'Alger), la distribution de l'eau potable, l'énergie et la construction. Le montant de la dette à reconvertir dépendra toutefois de l'importance des projets qui seront soumis à la délégation française et des conditions de prise de participation. En guise de bonne volonté, M. Sarkozy a particulièrement insisté sur l'importance de la délégation qui l'accompagne. Une délégation composée des PDG des plus importantes entreprises de l'Hexagone, dont Totalfina, Bouygues, RATP, SNCF, Alstom, Gaz de France. «Les plus grandes entreprises françaises sont favorables à la prise de participation dans les grands projets algériens», a indiqué le ministre français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Les patrons français membres de la délégation devront, durant leur séjour, discuter avec leurs homologues algériens des opportunités d'investissement. Les entreprises françaises souhaitent participer entre autres à la construction du million de logements, un programme étalé sur les cinq prochaines années, tel qu’annoncé par le président Bouteflika lors de sa campagne électorale. La journée d'hier a été marquée par la signature d'une convention de prêt de l'Agence française de développement (AFD) dans le cadre de la reconstruction des zones sinistrées, dont le montant s'élève à 50 millions d'euros, assorti d'un taux d'intérêt réduit. Une convention signée au siège de la wilaya de Boumerdès par le directeur de l'AFD, M. Jean-Michel Severino, et le directeur des relations extérieures au ministère des Finances, M. Abdelhak Bédjaoui. Une tranche de 12 millions sera débloquée cette année. L'AFD devra intervenir entre autres dans la réalisation des voiries et dans l'installation des réseaux d'eau, de gaz et d'électricité des 20 000 logements, l'équivalent du nombre détruit par le séisme. Aujourd’hui, M. Sarkozy devra rencontrer le président Abdelaziz Bouteflika.

Par Amar Hamiche

 

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org