Entretien Amar Saïdani-Édouard Balladur

La coopération énergétique au menu

Par : Nadia Mellal, Liberté, 22 février 2007

L’ancien Premier ministre français a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les deux pays, tout en considérant qu’il s’agit plus que jamais de cibler les domaines d’entente.

L’entretien accordé hier par Édouard Balladur, le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française à la délégation parlementaire algérienne, conduite par Amar Saïdani, président de l’APN, a eu le mérite de définir les domaines de coopération possibles entre l’Algérie et la France. Et c’est le domaine énergétique qui est considéré comme prioritaire par l’ex-Premier ministre français. “Le champ énergétique est prioritaire entre nos deux pays”, affirme Balladur tout en estimant que le sujet de l’énergie requiert une extrême importance pour les deux pays. La France a intérêt à développer des relations étroites avec l’Algérie, a-t-il expliqué tout en reconnaissant que “l’Algérie ne peut dépendre d’un seul pays et à la France de diversifier son approvisionnement”. Et d’ajouter : “Avec le préalable de définir la bonne politique en la matière entre les deux pays.” Cette situation est d’autant plus motivée par le fait que l’UE veut nouer des relations de stabilité en matière de sécurité énergétique, dira Édouard Balladur. La coopération en matière éducative est également souhaitée entre les deux pays.
“Nous sommes attachés à la francophonie et nous avons beaucoup apprécié le rôle du président Bouteflika dans la récente conférence France-Afrique. C’est pour cela que nous souhaitons un développement en Algérie d’établissements de diffusion de la culture française tout comme nous souhaitons accueillir en France des institutions algériennes pour nous faire connaître”, a souligné Balladur.
Évoquant la coopération sécuritaire, le président de l’APN, Amar Saïdani, a mis en relief le caractère transnational du terrorisme en indiquant que la coopération en matière sécuritaire ne peut pas être prise en charge qu’au niveau national et qu’il faut une coopération internationale.
Interpellé par le président de l’APN sur l’impératif d’une convergence de visions politiques avant l’entame de toute coopération, Balladur a reconnu qu’il faudrait également développer la coopération afin qu’elle s’étende jusqu’au domaine politique. “Nous avons intérêt à nous appuyer sur l’Algérie qui a un rôle à jouer en Afrique pour régler les problèmes de ce continent, nous pouvons entamer ensemble une action pour la stabilité de l’Afrique en faveur des frontières”, a affirmé l’ancien Premier ministre. Il est impératif qu’il y ait une entente politique sur le dossier du nucléaire et du Moyen-Orient a également ajouté Balladur tout en estimant que “nous devons nous voir en tant que partenaires politiques”.
Balladur a estimé, par ailleurs, que “nous devrions regarder l’avenir sans pour autant ignorer notre passé commun”.

N. M.

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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