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Traité d'amitié entre l'Algérie
et la France
Les
dernières retouches
Par
Mourad Aït Oufella, Liberté, 19 décembre
2004 Annoncé au lendemain de la visite d'État effectuée
par le président français, Jacques Chirac, en Algérie
les 2, 3 et 4 mars 2003, le traité d'amitié est sur le
point d'être finalisé par les autorités des deux
pays.
Le
processus de maturation du projet de traité d'amitié tire à sa
fin ; l'Algérie et la France s'attellent maintenant à la
mise en place des instruments de la ratification d'un des plus
importants accords que la France signe avec un pays de la rive sud de
la Méditerranée.
La signature officielle interviendrait fin avril, et le traité sera
paraphé par les deux présidents, Bouteflika et Chirac,
architectes de la refondation des relations entre Alger et Paris. La Déclaration
d'Alger, qui a couronné la visite du chef de l'État français
en Algérie l'année dernière, a jeté les jalons
d'un partenariat d'exception dans tous les domaines entre les deux pays, décidés à tourner
la page d'histoire tumultueuse sans pour autant effacer son contenu.
Depuis plus d'une année, on assiste à la multiplication
et à l'échange de visites de niveau ministériel entre
les deux capitales, décidées à construire un axe stratégique
dans la région méditerranéenne. Au-delà du cachet éminemment
politique de cette coopération, Alger et Paris aspirent à une
meilleure coopération dans le domaine économique. La France compte
investir en force le marché algérien, considéré à juste
titre comme le plus important dans la région du Maghreb. Elle espère
arracher la plus grande part à travers ce traité d'amitié,
le deuxième du genre à être ratifié par la France
après celui signé en 1963 entre le général de Gaulle
et le chancelier allemand Adenauer. C'est ce qui explique l'intérêt,
voire l'engouement des entreprises françaises à explorer tous
les créneaux d'investissement. La reconversion de la dette algérienne
en investissements décidée par Chirac et annoncée par
Sarkozy au cours de ses deux visites à Alger reste le premier pas qui
devrait être suivi par la concrétisation des intentions affichées
par bon nombre de patrons français. Les récentes visites
des ministres algériens à Paris - Belaïz, Barkat et Benachenhou - et
celles de leurs homologues français passées et à venir
renseignent sur la densité des relations entre les deux pays et l'importance
du traité d'amitié qui servira de cadre de promotion, de consolidation
et de renforcement du partenariat, comme souligné dans la Déclaration
d'Alger paraphée par les deux chefs d'État en mars 2003 : "La
relation d'amitié et de confiance que la France et l'Algérie
entendent établir entre elles se doit d'être à tous égards
exceptionnelle et exemplaire. Dans cette perspective, elles conviennent de
l'élaboration et la finalisation d'un traité qui consacrera
leur volonté de mettre en place un partenariat d'exception dans
le respect de leur histoire et de leur identité."
La ratification du traité en question coïncide avec la mise en ouvre
de l'accord d'association signé par l'Algoérie avec l'Union européenne.
Premier fournisseur de notre pays avec une part de marché de 25%, loin
devant les USA qui comptent 9%, Paris entend garder sa place et la renforcer à la
faveur des avantages qu'offrent les clauses de l'accord. Elle a déjà commencé à cueillir
les fruits de cette coopération puisqu'elle a réalisé un
chiffre d'affaires de 3,7 milliards d'euros en 2003 dans ses exportations vers
l'Algérie. Durant l'année 2004, plusieurs accords d'investissement
ont été signés, dont celui portant l'électrification
des chemins de fer arraché par Alsthom.
Sur le plan diplomatique, la convergence de positions sur bon nombre de questions
internationales n'est un secret pour personne. L'Algérie et la France
activent dans plusieurs regroupements et espaces régionaux dont l'OTAN,
le Groupe des 5+5, la francophonie, le Nepad et l'UE en attendant l'adhésion
de l'Algérie à l'OMC que présidera probablement, à partir
de l'année 2006, le français Pascal Lamy, l'ex-commissaire européen,
dont la candidature est soutenue par les 25 de l'UE. Le traité d'amitié que
signera l'Algérie avec la France vient après celui ratifié l'année
dernière avec l'Espagne sous le gouvernement de droite dirigé par
José Maria Aznar.
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