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Colonialisme et apartheid Messahel : « La revendication de la repentance est légitime »El Watan, 19 novembre 2007 Le ministre délégué, chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a déclaré hier à Midrand (Afrique du Sud) que l’exigence de la repentance à propos de l’esclavagisme, du fait colonial et de l’apartheid constitue une « revendication légitime » des peuples africains. Intervenant lors de la réunion des ministres africains et de la diaspora sur le sujet, M. Messahel a fait valoir, au titre des problématiques auxquelles sont confrontées l’Afrique et sa diaspora, la « nécessité d’enseigner son histoire, certes douloureuse, mais ô combien héroïque, car marquée, a-t-il dit, par une résistance et un combat déterminé contre l’esclavage, la colonisation et l’apartheid ». C’est dans ce combat que s’est exprimée de façon exemplaire la solidarité entre les peuples africains », a-t-il ajouté. M. Messahel a plaidé en faveur de la réappropriation de l’histoire africaine et son enseignement aux générations futures qui, a-t-il estimé, constituent, de nos jours, « un impératif vital ». « C’est un devoir de mémoire dont il s’agit et d’une revendication de repentance », a-t-il indiqué, soulignant que la réappropriation par l’Afrique de son histoire doit également se faire à travers la promotion de son héritage culturel. Selon l’APS qui a rapporté l’information, M. Messahel a rappelé à ce titre que l’Algérie, qui a abrité en 1969 le premier festival panafricain, accueillera en 2009 la deuxième édition de cette grande manifestation continentale. Le lancement prochain à Alger du musée africain des arts et de la culture est une autre « réalisation à inscrire à l’actif de la renaissance culturelle africaine », a-t-il encore dit. La rencontre de haut niveau, qui fait suite à une série de réunions consultatives régionales organisées dans des pays qui accueillent des populations importantes d’origine africaine, a été ouverte par le président sud-africain, Thabo M’Beki. Des représentants de cette diaspora africaine, appartenant à plusieurs régions du monde, ont pris part à ces travaux qui ont porté sur les questions de la paix et de la sécurité, la coopération économique, le développement et l’intégration régionale, les problématiques sociales et culturelles, et le partage du savoir. Les ministres africains ont également procédé à l’examen d’un document consolidé des conclusions tirées des assises précédentes et de celles de Midrand, ainsi que d’un plan d’action centré sur le partenariat Afrique-diaspora. Ces deux documents serviront de base au prochain sommet sur la diaspora, prévu au cours du premier trimestre 2008 en Afrique du Sud, et qui sera consacré au thème de « La réalisation d’une Afrique et de sa diaspora unies et intégrées : vers une mission partagée pour un développement durable visant à relever les défis communs ». R. N.
La suspicion, encore et toujoursAprès Tintin au Congo, Sarko au Sénégal. Plus d’un demi-siècle plus tard, le discours ne change pas. L’Africain, cet être immature, ne doit s’en prendre qu’à lui-même s’il est dans cette situation catastrophique. La traite négrière, le colonialisme, le soutien aux tyrans, aux régimes corrompus, la spoliation des matières premières ? Non, rien de tout ça. Surtout pas de repentance. Le rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, le Sénégalais Doudou Diène, s’en est pris au président français, Nicolas Sarkozy, qu’il a accusé de s’être inscrit dans « une dynamique de légitimation du racisme ». Il a critiqué sévèrement son discours prononcé à Dakar le 2 juillet dernier. Dans cette allocution, le président français avait estimé que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire » et que « jamais il ne s’élance vers l’avenir ». De grands enfants, ces Africains. C’est la continuité, dans toute sa laideur. Jamais la France n’a semblé si fermée, si haineuse envers ses étrangers. Tests ADN, obligation de délation pour les Assedic de signaler les étrangers qui viendraient à s’y inscrire, contrôles au faciès, reconduites à la frontière, suspicion, la droite, comme toujours, prend l’étranger comme bouc émissaire pour cacher ses difficultés. Les chômeurs étrangers ne seront plus indemnisés désormais dans les mêmes délais que les Français. Le temps que la préfecture vérifie leurs documents administratifs. La suspicion, encore et toujours. Parce que, pour cette droite décomplexée, l’étranger est au préalable un fraudeur. Cinq lois sur l’immigration en cinq ans. Toujours plus répressives. La France a déjà les conditions de regroupement familial les plus restrictives d’Europe, alors même qu’elle durcit à nouveau sa législation. A force de courir derrière son extrême, la droite française a fini par perdre son âme depuis longtemps. Après « les moutons dans la baignoire », Nicolas Sarkozy continue de draguer les électeurs du Front national, à qui il doit sa victoire. Lui qui intervient avec célérité au moindre fait divers observe un silence assourdissant sur l’ADN. Laissant ses lieutenants abattre le sale boulot. Si Fadela Amara s’est distinguée en qualifiant de « dégueulasse » le projet de loi avant de rentrer dans les rangs, Rachida Dati et Rama Yade applaudissent sans complexe ce durcissement, oublieuses sans doute d’où elles viennent. L’étranger, ce cache-misère. Car pendant qu’une partie de la population s’indigne ou, au contraire, demande des mesures encore plus draconiennes contre les immigrés, le gouvernement continue sa casse sociale, masque la croissance grippée. Les étrangers sont attirés par la France car ce n’était pas un pays comme les autres. Paradoxalement, son gouvernement se décarcasse pour en gommer toutes ses spécificités. Finie la patrie des droits de l’Homme, place à un pays gouverné comme une PME déficitaire. C’est aussi ça la France, un pays rendu désespérément banal par sa droite bling-bling. R. Y. |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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www.algeria-watch.org
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