Relations militaires algéro-françaises

Au point mort

Par : Abdelkamel K., Liberté, 11 juillet 2007

Entre Alger et Paris, la coopération militaire a de tout temps constitué le talon d’Achille dans les relations entre les deux pays, comme l’atteste l’absence totale de contrats d’achat d’armes ou de formation militaire.

Déçu par l’attitude des socialistes français, lesquels durant leur présence au pouvoir ont contribué à réduire à néant les relations militaires entre l’Algérie et la France en imposant un véritable embargo contre notre pays, Alger a toujours pris ses dispositions pour assurer son approvisionnement en armes et la formation de ses soldats. Diversifiant ses contacts par mesure de précaution, l’Algérie achetait à titre d’exemple ses chars chez l’ex-URSS, et continue à le faire auprès de son héritière la Russie. La formation et le recyclage des militaires se font en Belgique grâce à l’excellence des relations entre les deux parties dans le domaine. Avec la France, rien de tout cela. Sur le plan militaire, c’est véritablement le point mort. Ainsi, Alger n’a jamais acheté à Paris ses avions Rafale ou ses chars qui prennent toujours la direction de Rabat, avec le financement assuré par certaines monarchies du Golfe, généralement l’Arabie Saoudite. Au plus fort de la crise entre l’Algérie et le Maroc, l’Élysée n’avait pas hésité à fournir aux Marocains des équipements militaires au risque d’exacerber le conflit et de provoquer la colère des autorités algériennes. Pis, l’embargo sur l’armement, auquel avaient souscrit aussi les États-Unis et l’Union européenne, a été appliqué plus que jamais auparavant au cours de la décennie noire du terrorisme, durant laquelle l’Algérie avait un besoin pressant d’équipements militaires pour faire face à la horde terroriste qui avait mis en danger les fondements mêmes de l’État algérien. Il a fallu se retourner vers d’autres marchés pour faire face à cette situation critique. Aujourd’hui, avec l’attrait que présente l’Algérie, grâce à ses réserves de change extraordinaires qui ne sont pas loin des 90 milliards de dollars, les données ont changé. Désormais, l’on se bouscule pour arracher les juteux marchés et l’Algérie est très courtisée. Le marché de 7 milliards de dollars, comprenant des chasseurs-bombardiers Soukhoï, des Mig 29, des chars et des systèmes antiaériens Pantsir, a attisé l’appétit des uns et des autres. Si le second volet du contrat algéro-russe, concernant une frégate porte-hélicoptères et la construction de navires se concrétisait, le montant global de l’opération passera du simple au double en atteignant les 14 milliards de dollars. Ceci étant, l’Algérie, qui est sollicitée de toutes parts pour conclure de nouveaux marchés, y compris en matière d’armements, ne sera pas facile à convaincre pour conclure d’éventuels accords avec Paris. Il faudrait que les offres françaises soient vraiment séduisantes pour qu’Alger daigne s’y intéresser. Reste à savoir maintenant si ce déplacement de Nicolas Sarkozy, qui affirmait qu’il allait surprendre les Algériens, pourra y changer quelque chose. Il appartient à la France de convaincre de sa bonne volonté d’aller de l’avant.

K. ABDELKAMEL

 

 

  Algérie, chasse gardée de la France  
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