Une relation "un peu comme dans un couple", selon Alliot-Marie

El Watan, 19 octobre 2010

La ministre française de la Justice Michèle Alliot-Marie a qualifié lundi à Alger les relations de son pays avec l'Algérie de "très étroites, un peu comme dans un couple", au terme d'une visite "chaleureuse" de 24 heures dans ce pays.

"Les relations sont très étroites, un peu comme dans un couple, un couple qui se connaît depuis longtemps", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Et ce couple "a toujours l'occasion de se réconcilier et de se retrouver de façon plus étroite".

Venue pour discuter de coopération judiciaire et juridique, Mme Alliot-Marie a été reçue par le président Abdelaziz Bouteflika puis s'est entretenue avec le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Cette seconde rencontre non prévue, a été initiée lors de l'entretien présidentiel par le chef de l'Etat lui-même, a-t-on appris de source diplomatique.

Interrogé par des journalistes français à l'issue de sa rencontre avec la ministre, le président Bouteflika a déclaré que "les relations entre l'Algérie et la France se portaient bien". A la question de savoir s'il se rendrait en France en visite officielle, pour répondre à celle effectuée en 2007 en Algérie par son homologue Nicolas Sarkozy, il a répondu: "Inchallah".

Mme Alliot-Marie a pour sa part beaucoup insisté sur l'appréciation française de la participation de M. Bouteflika en juin dernier au sommet Franco-Africain de Nice.

La ministre de la Justice a également indiqué qu'elle avait eu l'occasion d'avoir un déjeuner élargi avec cinq ministres, dont certains qu'elle ne connaissait pas.

Elle a beaucoup insisté sur le "caractère chaleureux de tous ses entretiens" algériens. Elle a bien sûr eu une réunion de travail avec son homologue Tayeb Belaiz et s'est rendue à l'école des magistrats et à la Cour d'Alger. Les Français et Algériens ont des accords de formation de coopération dans ces deux institutions.

Côté diplomatique français, on se félicitait de cette "visite très réussie". Il s'agissait de la première visite de Mme Alliot-Marie en tant que ministre de la Justice à Alger mais sa quatrième en tant que ministre du gouvernement Sarkozy: une fois quand elle avait le portefeuille de la Défense et deux fois en tant que ministre de l'Intérieur.
El Watan avec AFP


Michèle Alliot-Marie en visite à Alger

«Il ne faut pas nier l’histoire, mais établir des priorités»

El Watan, 19 octobre 2010

La ministre française de la Justice, Michèle Alliot-Marie, en visite à Alger les 17 et 18 octobre, a multiplié, lors de son point de presse tenu hier à Alger, les paroles apaisantes destinées à dissiper les orages qui embrument les relations algéro-françaises.

Elle a ainsi insisté sur le caractère «chaleureux» de sa visite dans la capitale algérienne. «Une relation qui n’a pas d’équivalent dans le monde entier», ose-t-elle. La ministre française aspire à «démontrer» la volonté de la France de travailler avec l’Algérie.
«Nous avons un passé douloureux que nous devons prendre à bras-le-corps. Les politiques ne font pas de bons historiens», déclare-t-elle. Comparant les relations entre Alger et Paris à celles d’un couple qui se connaît depuis longtemps, elle recommande de mettre de côté les querelles autour de l’histoire au nom du pragmatisme économique : «Il ne faut pas nier les choses, mais simplement établir les priorités, à savoir faire face aux enjeux économiques.»

Sa rencontre avec le président Bouteflika a été pour elle l’occasion de «l’interroger» sur sa vision d’un certain nombre de problématiques, qui concernent notamment l’ensemble de la Méditerranée. Cela a permis surtout, selon elle, de relativiser les tensions et de se rendre compte que «les irritations sont peu de choses par rapport à ce qui a pu exister». Mme Alliot-Marie affirme avoir vu en Bouteflika un homme qui a la volonté de se tourner vers l’avenir. Lors d’un entretien – non prévu – dans le programme avec le Premier ministre, durant lequel ont été abordés, entre autres, les sujets du terrorisme et du développement, la ministre française n’a pas manqué d’évoquer le souci de «visibilité» dont ont besoin les investisseurs français.

«Il est important qu’il y ait une sécurisation sur le plan juridique pour les entreprises qui s’installent en Algérie», dit-elle euphémiquement. Sur le chapitre du terrorisme, l’ancienne ministre de la Défense et de l’Intérieur considère que la France peut soutenir l’Algérie, d’autant que «c’est un pays qui a un grand rôle à jouer dans ce domaine». Il est, d’après elle, nécessaire de regarder au-delà de la problématique terroriste et de se pencher sur ce qui fait les fondements de la doctrine. Aussi est-il indispensable d’apporter une action soutenue aux Etats qui font face à ce phénomène et de se concentrer sur les politiques de développement permettant aux jeunes d’avoir d’autres perspectives et de ne pas céder aux sirènes du terrorisme et du grand banditisme.

Quant au refus de libérer le chanteur Mami, la ministre française de la Justice a souligné que le rejet reposait sur la procédure appliquée et non sur le fond.En ce qui concerne la coopération en matière juridique,Mme Alliot-Marie a souligné que les accords signés avec le département de la Justice en 2004 se développent de façon concrète, notamment en matière d’échange d’informations. Elle espère développer les échanges en matière d’inspection générale de la justice, de domaine pénitentiaire ainsi qu’établir des contacts entre universitaires des deux pays.

Elle émet le vœu de développer davantage les «actions communes» en matière de droit pénal appliqué aux mineurs, de mener une réflexion sur les prisons ainsi qu’approfondir les échanges entre magistrats algériens et français. «C’est bien d’avoir des idées. Encore faut-il que les choses soient mises en place», affirme-t-elle. Son séjour à Alger a été, à l’en croire, «trop court». L’attachant sourire de Mme Alliot-Marie aura-t-il réussi à briser la glace entre les deux pays ? La ministre française a, en tout cas, insisté sur la volonté de son pays de «renforcer» les relations avec l’Algérie. La venue prochaine de l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, participera, dit-elle, à en apporter une preuve supplémentaire.
Amel Blidi

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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