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Situation politique, Kabylie, liberté de la presse
Le Quai d’Orsay veut savoir
Par Karim Kebir, Liberté, 5 avril 2005
Les Français sont-ils bousculés par l’offensive américaine ces dernières années en Afrique du Nord, considérée pour des raisons historiques évidentes, comme son “espace d’influence naturel” ? Car, il semble que Paris tente à présent d’y répliquer en s’intéressant de plus près à l’évolution de la situation politique en Algérie.
C’est en tout cas ce qu’il conviendrait d’accréditer à travers la présence depuis quelques jours en Algérie de la sous-directrice d’Afrique du Nord au Quai d’Orsay, et surtout à travers ses rencontres avec des responsables de partis politiques et des directeurs de journaux. La représentante du département français des Affaires étrangères, Mme Anne Mohsen, a en effet rencontré il y a deux jours le chef du Front des forces socialistes (FFS) Hocine Aït Ahmed. “Nous avons évoqué pendant près de deux heures la situation politique du pays, la situation sociale et économique”, a confié hier à Liberté une source dans l’entourage du parti. “Nous avons également parlé de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et nous lui avons exposé notre vision”, a-t-elle expliqué. Selon la même source, la situation en Kabylie a été également au centre des discussions. “Les Français se posent des questions sur la pertinence de la démarche du gouvernement pour le règlement de la crise dans cette région”, a encore ajouté notre source. Autre sujet évoqué par les deux parties, la situation de la presse dans le pays. Ainsi, notre interlocuteur a indiqué que le parti a expliqué à son hôte du jour les “conditions difficiles d’exercice du métier pour les journalistes algériens”.
En tout état de cause, l’hôte du FFS “s’est montrée très attentive à l’exposé présenté par le parti”, confie notre source. Il faut dire que dans l’agenda de la représentante du gouvernement français a figuré également la rencontre d’autres formations politiques et des directeurs de journaux, dont certains ont été déjà reçus par la sous-directrice d’Afrique du Nord. Dès lors, il convient de s’interroger si à travers ce désir du Quai d’Orsay d’écouter les divers sons de cloche, la France officielle ne se montre pas très réticente au discours des autorités algériennes en matière de libertés et des droits de l’Homme, notamment.
Il reste cependant que cette activité ne peut être dissociée de la lutte feutrée que se livrent Paris et Washington pour gagner les faveurs d’Alger d’autant que les Américains se sont montrés très offensifs et très pressants ces dernières années en multipliant les gestes et les rencontres avec de nombreux acteurs politico-économiques algériens ; une activité visiblement inscrite dans le projet américain du GMO (Grand Moyen-Orient), et dont il serait imprudent de croire qu’elle se confine aux seuls enjeux économiques.
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