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Traité d’amitié France-Algérie Paris se dit mobiliséEl Watan, 3 septembre 2005 « Nous restons mobilisés » quant à la conclusion du pacte d’amitié franco-algérien et « prêts à le signer dès qu’il sera finalisé », affirment des sources autorisées au plus près de l’Etat français à El Watan. La préparation du traité se poursuit, il n’y a pas de sujet qui pose problème », ajoute-t-on de mêmes sources. « Les négociations se mènent discrètement, sans publicité. » L’objectif d’un aboutissement d’ici à la fin de l’année, selon la volonté des présidents Chirac et Bouteflika, est ainsi réaffirmé. « Les conditions de rapprochement progressent », nous affirme-t-on encore. La France observe « une ligne constante » depuis la déclaration d’Alger de mai 2003, indiquent nos sources. « Nous avons constamment eu cette volonté de rapprochement qui ne s’est jamais démentie. » On considère que le rapprochement est également « bien amorcé » du côté des sociétés civiles également. L’Année de l’Algérie en France (en 2003) produit ses fruits, des débats, des documentaires sur cette période commune qu’est la guerre d’Algérie sont réalisés par les chaînes de télévision. » « On croit beaucoup aux rencontres et à la coopération entre sociétés civiles, collectivités territoriales. » Aussi bien du côté de l’Elysée que du Quai d’Orsay, le ton est à l’apaisement et à la conciliation depuis la promulgation de la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ». L’objet de l’indignation de l’Algérie est l’article 4 de cette loi qui dispose : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord. » Nos sources n’écartent pas l’idée que les réactions algériennes, en premier lieu les déclarations du Président Bouteflika, sont liées à « un contexte politique algérien très important », entendant que du côté algérien « l’idée de réconciliation nationale est liée aussi au passé ». Et « nous avons un respect infini pour ce qui se déroule en Algérie » (la préparation du référendum). « Ce ne serait pas rendre service à l’Algérie que faire des interférences. » Et de faire remarquer : « Au moment de la déclaration d’Alger, le passé était le même, il ne faut pas parler comme s’il y avait un nouvel obstacle qui apparaissait. » Et aussi : « Le président Chirac a toujours déclaré qu’il fallait laisser le temps faire son œuvre, regarder vers l’avenir. » Toujours est-il qu’aujourd’hui, aussi bien l’Elysée que le Quai d’Orsay semblent s’efforcer de désamorcer l’impact de la loi du 23 février 2005, une « erreur colossale » comme l’avait qualifiée un proche du Premier ministre Dominique de Villepin ou de « maladresse » comme il nous l’a été dit, en nous rappelant que cette loi est « une initiative de parlementaires et non du gouvernement ». Autrement dit que le rattrapage de cette loi, votée « en catimini » et pour « satisfaire un électorat », doit venir du Parlement. Paris ne souhaite pas que les choses s’enveniment mais « préparer le long terme ». « Le traité d’amitié va clarifier les choses. » « Nous sommes en train de préparer un texte qui a cette valeur fondamentale de clarifier » tous les sujets d’intérêt commun. « Toute cette démarche a été faite ensemble », par les deux parties. On rappelle que le travail de mémoire « est pris en compte ». Et « ce travail de mémoire existe ». « C’est presque une évidence de reconnaître des faits d’histoire coloniale, cela fait partie du travail collectif que nous faisons. » « A Madagascar, on a pensé tout naturellement à l’Algérie. » Et d’observer qu’on rentre dans une phase (2006) commémorative des indépendances. Message à décrypter. Nadjia Bouzeghrane --------------------------- Le ministre des Affaires étrangères, M. Douste-Blazy, a prôné, le 26 juillet dernier, la création d’une commission d’historiens franco-algériens chargée d’évaluer cette loi. « Je souhaite qu’il y ait une commission d’historiens mixte, algériens et français, qui puissent se réunir, travailler ensemble, en toute indépendance, pour, justement, nous faire une proposition sur cela », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse, en réponse à une question sur cette loi. « Il n’y aura jamais d’histoire officielle en France », a par ailleurs assuré M. Douste-Blazy qui avait lui-même soutenu cette loi signée le 23 février. Comment seront choisis ces historiens ? Qui les désignera ? A cela, les principaux concernés répliquent, par le biais du collectif d’historiens qui s’est constitué en réaction à la loi dès sa promulgation, qu’« ils ne sont pas juges, avocats, ni procureurs : leur fonction est de comprendre (ce qui ne veut pas dire approuver) et d’expliquer les phénomènes historiques. Ils n’ont donc pas à évaluer les éléments positifs ou les éléments négatifs des réalités qu’ils étudient ». Ils soulignent aussi que « la condition essentielle de l’exercice de leur métier de chercheur et d’enseignant est leur indépendance de tout pouvoir politique. Ils peuvent et doivent non pas être nommés par les gouvernements, mais désignés par la profession, qui dispose de ses moyens de concertation et de désignation ». « A partir de ces éléments, il sera possible de travailler dans des conditions normales à un partage de passés qui passent mal entre les sociétés impliquées dans la situation coloniale, à un partage de leur devenir par les diverses populations que cette histoire a conduites en France. » Le collectif d’historiens considère, par ailleurs, qu’il revient aux parlementaires de « défaire ce qu’ils ont mal fait » et indique que deux propositions de loi ont été déposées pour demander l’abrogation de l’article 4. A rappeler que l’appel des historiens pour l’abrogation de cet article 4, réunis en collectif qui a recueilli plusieurs centaines de signatures en trois semaines, a été repris par l’Association des professeurs d’histoire et géographie, forte de 11 000 adhérents, puis les inspecteurs généraux. La protestation a engagé les syndicats enseignants et la LDH, la Ligue de l’enseignement, le MRAP... Le collectif d’historiens s’est associé également aux dénonciations de la multiplication des commémorations en hommage à l’OAS. Des députés et des sénateurs ont interpellé le gouvernement. Les syndicats et les parents d’élèves sont intervenus auprès du ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien. Nadjia Bouzeghrane |
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www.algeria-watch.org
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