LUTTE ANTITERRORISTE

Ce que Paris attend d’Alger

L'Expression, 13 octobre 2004


L’excellence des relations algéro-françaises constitue une garantie suffisante quant au succès de la coopération entre les deux Etats.


Au deuxième jour de sa visite en Algérie, le ministre français de l’Intérieur, Dominique De Villepin, a eu une série d’entretiens avec le Président de la République, le chef du gouvernement et le ministre de l’Intérieur. De Villepin, dont la mission est essentiellement axée sur la coopération sécuritaire, a déclaré, à l’issue de son entretien avec Zerhouni: «nous avons en commun d’être mobilisés dans la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et l’immigration clandestine». Et d’ajouter: «Nous allons continuer d’avancer dans ce partenariat stratégique décidé par les présidents Bouteflika et Chirac lors de leurs différentes rencontres en France et en Algérie, notamment celles qui ont eu lieu cette année», a-t-il ajouté. Pour Yazid Zerhouni, «il s’agit pour nous de construire cette amitié et de consolider les réseaux de confiance qui commencent à se développer entre les deux pays». Cette visite qui intervient quelques jours seulement après un attentat à la bombe qui a ciblé l’ambassade d’Indonésie à Paris, prend une signification quelque peu particulière d’autant que ledit attentat a été revendiqué par un groupe islamiste qui affirme avoir l’intention de frapper en France dans un proche avenir. La coopération antiterroriste prend donc une dimension d’urgence entre les deux pays et Paris attend d’Alger de précieux renseignements susceptibles de démanteler des organisations dormantes qui pourraient se réveiller à tout moment. D’ailleurs, il a été établi qu’un réseau de trafic de papiers d’identité lié à l’Internationale islamiste, active actuellement quelque part en France. L’arrestation de l’ intégriste algérien Kamel Bourahla, dit Abou Mossab dans le Caucase a révélé que ce terroriste a vécu en France puis est entré en Tchétchénie en février ou en mars 2001, via l’Azerbaïdjan. Il a utilisé, pour ce faire, un faux passeport français. Un exemple qui interpelle les autorités sécuritaires françaises et appelle un approfondissement de la coopération avec Alger. Cela dit, il est clair que le niveau d’excellence auquel sont parvenues les relations algéro-françaises, constitue une garantie suffisante quant au succès de la coopération entre les deux Etats en matière de lutte contre la criminalité. Lesquelles relations seront également au centre des entretiens entre le ministre délégué français à la coopération et les autorités algériennes, à l’occasion de la visite qu’il entamera dès aujourd’hui en Algérie.
M. Xavier Darcos aura un agenda «extrêmement chargé», selon une déclaration faite à l’APS. Sa mission, a-t-il affirmé, s’inscrit en droite ligne du traité d’amitié en préparation entre les deux pays, notamment pour ce qui est de la coopération universitaire, scolaire, culturelle et scientifique. Le ministre aura plusieurs entretiens avec des responsables en charge des secteurs de la culture, de l’éducation et de l’enseignement supérieur notamment. L’un des volets de la visite de M.Darcos, qui sera accompagné par le président du syndicat français de l’édition, portera sur la coopération et les échanges dans le domaine de l’édition et de la politique du livre. Cette visite intervient à un moment où «les événements algéro-français» se multiplient.


Mourad SID-ALI

 

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org