La France compte durcir l’octroi des visas aux Algériens

Alger demande à Paris des explications claires

El Watan, 15 decembre 2010

Les déclarations, avant-hier, du ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, concernant la convocation en février des consuls de France pour leur demander plus de vigilance dans la délivrance des visas de court séjour qui ne doivent pas être, selon lui, «des passeports pour la clandestinité», ne sont pas passées inaperçues à Alger.

Le secrétaire d’Etat chargé de la Communauté algérienne établie à l’étranger, Halim Benatallah, a considéré que les recommandations du ministre de l’Intérieur français pour la réduction des visas de court séjour aux Algériens méritaient de la clarté. «Indéniablement, le message du ministre de l’Intérieur français pour la réduction des visas de court séjour et le durcissement des conditions de leur octroi méritent de la clarté», a-t-il souligné à la Chaîne III de la Radio nationale. Pour lui, les Algériens et les Maghrébins «ont le droit légitime de se déplacer en Europe», affirmant que «la question des visas pour court séjour est cruciale». Le problème, a-t-il ajouté, sera «à l’ordre du jour pour les prochaines négociations consulaires bilatérales».

Négociations consulaires prochainement

Pour le moins qu’on puisse dire, l’annonce du ministre français de l’Intérieur vient à contre-courant de toutes les déclarations des responsables allant de la facilitation de l’obtention des visas à l’augmentation du nombre des bénéficiaires.
L’ambassadeur de France en poste à Alger soutenait, dans une interview qu’il avait accordée à un quotidien national, que «la délivrance des visas aux Algériens est un sujet important et elle doit être facilitée». Il souhaitait également que «les Français qui veulent venir en Algérie ou ceux qui y sont établis puissent bénéficier de procédures analogues». «C’est une question de réciprocité», avait-il estimé.
La question, faut-il le rappeler, a toujours été au centre des discussions bilatérales entre les responsables des deux pays. On ne manquait pas alors, de part et d’autre, de dire que les relations algéro-françaises se portent bien et que les choses vont en s’améliorant.
Mais voilà que Brice Hortefeux rappelle que les annonces euphoriques ne résistent pas à la réalité implacable de la politique française des visas, que ce soit au bénéfice des ressortissants algériens ou d’autres. Et ce, quel que soit le motif de l’annonce du ministre français de l’Intérieur, que l’on pourrait soupçonner être dictée par des considérations internes, à l’approche des élections présidentielles.

Said Rabia

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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