| |
|
Réforme
nationale des programmes scolaires
La
France comme modèle
Notre envoyer spécial
Samia Lokmane , Liberté,
21 novembre 2004 L'Hexagone
a augmenté le montant de l'aide apportée à l'Algérie
en matière d'éducation et de formation. Le budget de la
coopération s'élève actuellement à 16 millions
d'euros.
Le
Salon de l'éducation ferme ses portes, aujourd'hui, à Paris
(porte de Versailles). Si cette manifestation est essentiellement destinée à un
public intra-muros, la présence de représentants de quelques
pays, dont l'Algérie, lui confère un aspect international.
Bien que réduite, la délégation algérienne
a bénéficié d'un intérêt particulier
de la part des organisateurs.
Le mérite revient sans doute à l'ambassade de France à Alger
qui pour, la sixième fois consécutive depuis le lancement du
salon en 1998, réserve un stand aux nationaux. "L'Algérie est
l'un de nos partenaires", explique Pierre-Yves Jego, attaché culturel à l'ambassade,
chargé de la coopération éducative. Notre pays est aussi
l'un des membres de l'Office méditerranéen de recherche et de
communication (Omerci).
Cet organisme spécialisé dans le développement des technologies
nouvelles dans les secteurs de la formation et de l'éducation compte
des représentants algériens des départements de l'Enseignement
supérieur et de la Formation professionnelle. Certains, dont des responsables
de l'Université de la formation continue (UFC) et le recteur de l'Université d'Oran,
sont venus à Paris accompagnés de M. Jego. Ils ont occupé deux
jours durant un espace dans le compartiment Éducatec, une annexe du
Salon de l'éducation. Clos 48 heures avant la fin du salon, l'Éducatec
leur a permis de se rendre compte des innovations en matière d'équipements
multimédias. "Nous avons prospecté le matériel nécessaire à la
mise en place de l'université virtuelle", révèle M. Saïd
Tarbit, secrétaire général de l'UFC. Selon lui, l'UFC
est l'unique université algérienne qui a adopté les nouvelles
technologies de l'enseignement à distance. Compte tenu de son assiduité,
elle a obtenu le droit de cité au salon parisien depuis deux ans. "L'Algérie
est également ici pour faire valoir ses propres innovations", soutient
M. Jego.
Apprendre reste toutefois sa priorité. Invité également
au salon, le ministère de l'Éducation nationale a dépêché dans
la capitale parisienne M. Adel, son directeur de l'enseignement fondamental.
L'envoyé de Boubekeur Benbouzid a fait le tour de quelques académies
afin de s'imprégner de la pédagogie employée dans l'édification
des programmes. Il a visité des établissements du rectorat de
Paris avant de se rendre à Lyon vendredi dernier. L'apport de
la France dans la conception des nouveaux programmes inspirés du rapport
de la réforme Benzaghou touche plusieurs modules à l'instar des
mathématiques, de la physique, de la biologie, des génies électronique,
mécanique, civil, de l'économie de gestion ainsi que du français. Étant
matière à polémique, la place du français à l'école
contraint la France à une position de réserve. "La question du
français en Algérie relève de la volonté algérienne
de donner à sa langue française le destin qui lui convient",
observe prudemment l'attaché culturel de l'ambassade. Pour autant, ni
le contentieux historique ni les ressentiments nourris depuis la guerre de
Libération doivent empêcher la mise en place d'un partenariat
durable dans le cadre d'une entente cordiale entre les deux pays. Dans le domaine
de l'éducation et de la formation, cette coopération connaît
une nouvelle impulsion suite au réchauffement des rapports bilatéraux.
Au budget annuel (d'un montant de 13 millions d'euros) accordé à la
formation, sont venus s'ajouter de nombreux fonds spéciaux (3 millions
d'euros) pour le financement de projets pluridisciplinaires. Durant leurs séjours
respectifs à Alger, il y a quelques mois, les ministres Barnier (Affaires étrangères)
et Darcos (Coopération et Francophonie) avaient mis un point d'honneur à souligner
l'importance de l'investissement de la France en Algérie avec l'entame
de plusieurs projets dans la construction d'un haut institut des affaires.
Leur collègue de l'Éducation nationale, François Fillon,
doit se rendre dans notre pays en 2005.
À moins qu'il n'ait quitté entre-temps le gouvernement Raffarin.
Mal aimé du président et de son Premier ministre à cause
de ses accointances avec le ministre de l'Économie et des Finances, Nicolas
Sarkozy, sérieux prétendant à la présidentielle de
2007, M. Fillon risque de retourner les Français contre lui. Déjà décrié lors
de la canicule de 2001, quand il était ministre des Affaires sociales,
sa nouvelle loi d'orientation sur l'école suscite aujourd'hui la désapprobation
du corps enseignant.
|
|
|