Medelci à Paris

«L’Algérie de la production et non pas seulement celle du commerce»

Le Quotidien d'Oran, 26 juillet 2005

Ce qu’on peut retenir, c’est que les conditions économiques sont réunies aujourd’hui en Algérie, plus que jamais, pour que les investisseurs étrangers et français en particulier puissent s’intégrer dans le tissu économique algérien et faire le pari de l’Algérie de la production et non pas seulement du commerce.

Cet environnement favorable pour l’investissement en Algérie permettra ainsi à des entreprises de gagner des parts de marché et en même temps d’exporter vers d’autres pays, a déclaré hier à Paris le ministre des Finances, M. Mourad Medelci, en visite officielle de deux jours à l’invitation du ministre français de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, M. Thierry Breton. Cette visite intervient un an après celle effectuée par l’ex-ministre français de l’Economie et des Finances, M. Nicolas Sarkozy, et qui remonte au 27 juillet 2004. Visite lors de laquelle, M. Nicolas Sarkozy avait signé avec son homologue algérien l’aide-mémoire traçant le cadre de la coopération économique et financière entre Paris et Alger, dans l’esprit de la déclaration d’Alger et selon la volonté des présidents Bouteflika et Chirac, rappelle-t-on.

M. Mourad Medelci a eu, hier, des entretiens et un déjeuner de travail avec M. Thierry Breton, et avec la ministre déléguée au Commerce extérieur, Mme Catherine Lagarde.

Le premier argentier de l’Algérie a, par ailleurs, déclaré que, lui et son homologue français, «avons partagé les mêmes points de vue en ce qui concerne l’évaluation de l’aide-mémoire et nous sommes convenus de mettre en oeuvre un certain nombre de dispositions pour pouvoir, d’une part, mettre en oeuvre son contenu d’une façon plus intelligente et, d’une autre part, l’élargir». Les deux ministres devront se revoir à Alger fin septembre. «Ce sera l’occasion pour être un peu plus opérationnels en ce qui concerne la concrétisation de cette ambition de coopération que nous portons au niveau des deux pays», a souligné M. Medelci. Ce dernier a également rencontré des représentants des banques et de sociétés d’assurances françaises au siège de la Fédération des banques françaises (FBF) à Paris. Il a donné un aperçu sur les conditions favorables qu’offre l’Algérie en matière d’investissement en invitant les experts financiers français à une assistance nouvelle pour adapter ces nouveaux dispositifs et mécanismes. M. Medelci a souligné l’importance de mettre le système financier algérien au service de l’investissement, en invitant les compétences étrangères à accompagner l’Algérie dans les programmes de modernisation de ce secteur.

«L’Algérie se trouve aujourd’hui dans une période que d’aucuns considèrent exceptionnelle sur les plans de la sécurité, de la stabilité et des finances. Ces conditions doivent nous permettre de nous améliorer au niveau aussi bien du système de la gouvernance de l’économie, la gouvernance des services publics et des conditions dans lesquelles l’investisseur étranger peut intervenir», a indiqué le ministre des Finances devant des représentants de banques et de sociétés française d’assurances au siège de la Fédération des banques françaises (FBF) à Paris.

Cependant, il a relevé que le niveau des investissements directs étrangers (IDE) hors hydrocarbure est «insuffisant, même s’il est plus important que les années précédentes». «Les IDE ont été portés par une multitude de facteurs mais ils ne sont pas venus de là où nous les attendions», a-t-il précisé en signalant que les investissements venant des Etats-Unis et de l’Europe restent insuffisants par rapport à ceux d’autres régions du monde. M. Medelci a reconnu que les Etats-Unis et l’Union européenne ont été certes «productifs d’intérêts» dans ce domaine. «Or, leur niveau d’engagement reste insuffisant», a-t-il dit. «Cet effort pour réunir les conditions favorables à l’investissement a été renforcé davantage», a-t-il souligné, en mettant en exergue les grandes lignes du projet de la loi de finances complémentaire 2005. Cette loi de finances complémentaire vise à «intégrer les dispositions qui vont dans le sens de l’assainissement de l’activité économique», a-t-il expliqué.

Synthèse: H. Saaïdia

   
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