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Importante délégation du Medef aujourd’hui à Alger

Le patronat français entend affirmer de grandes ambitions pour le partenariat

De notre correspondant à Paris Merzak Meneceur, La Tribune, Lundi 7 février 2005

Une importante délégation de 120 chefs d’entreprise français, dirigée par M. Yves-Thibault de Sliguy, président du comité Algérie du Medef International, arrive aujourd’hui à Alger pour une visite de travail de deux jours (mardi et mercredi) placée sous le thème : «Algérie 2005 : projets et partenariats pour les entreprises françaises».Cette visite, qui intervient dans un contexte politique et financier favorable à de nouvelles opportunités d’affaires entre l’Algérie et la France, a été minutieusement préparée par les deux parties concernées qui entendent faire progresser, à cette occasion, l’esprit et l’action pour une relation partenariale concrète, dépassant les insuffisances actuelles, particulièrement dans le domaine des investissements du secteur privé français. Les organisations patronales algériennes, surtout le Forum des entreprises, ont été associées à l’organisation de cet événement. D’ailleurs, du côté français, on désire «ratisser» large au regard de la composante de la délégation, réellement multisectorielle. «Un grand nombre de secteurs seront représentés dans cette délégation», a indiqué le Mouvement des entreprises de France en citant les secteurs suivants : secteur bancaire et financier, cabinets d’avocats et experts-comptables, bâtiment, travaux publics et construction, eau, environnement, énergie et mines, services aux entreprises, entreprises industrielles et d’ingénierie, transports, high-tech et NTIC, aéronautique et défense, tourisme, agroalimentaire, assurances et santé. Seront représentées autant les grandes entreprises cotées à la Bourse que des moyennes et petites entreprises.Le patronat français affirme que sa délégation se rend à Alger avec huit objectifs précis ainsi annoncés : * établir des contacts avec les décideurs public et privé algériens ; * nouer des relations d’affaires, identifier des partenaires potentiels ; * évaluer le marché algérien ; * s’informer et identifier les grands projets de l’Algérie et les opportunités d’investissement ; * travailleur sur leurs projets en cours ou à venir ; * faire valoir leurs atouts et décrocher de nouvelles affaires ; * étudier la possibilité de revenir en Algérie ; * prospecter le marché algérien : «phase de découverte». Durant quarante-huit heures donc, les chefs d’entreprise de France auront un programme qui comprendra des entretiens avec les décideurs publics algériens et les bailleurs de fonds présents en Algérie «afin, indique le Medef, d’aborder les réformes et les perspectives, d’une part, et le financement de projets, d’autre part». Le deuxième volet de la visite sera constitué par la tenue de la troisième édition des «Rencontres franco-algériennes des chefs d’entreprise» qui réunira les membres de la délégation française et la communauté d’affaires algérienne dans toute sa diversité.Le thème dominant sera le partenariat et non les simples échanges commerciaux qui sont plus que jamais florissants pour la partie française (premier fournisseur de l’Algérie, 25% de part du marché). C’est-à-dire examiner les possibilités d’actes d’investissements directs et une implication dans la réalisation des réformes structurelles de l’économie et des finances en Algérie.D’ailleurs, pour expliquer leur frilosité actuelle dans ce domaine, les investisseurs français potentiels estiment l’absence de leur implication par «les blocages algériens» que sont l’obsolète système bancaire, qui ne voit pas sa réforme arriver, la bureaucratie et le problème du foncier. Le ministère français des Affaires étrangères, qui relève qu’une centaine d’entreprises opèrent actuellement en Algérie, employant près de 6 000 personnes, n’assure-t-il pas que «le développement des investissements français en Algérie dépend des progrès dans la mise en œuvre des réformes économiques» ?En revanche, la conviction que le marché algérien est un marché porteur, les disponibilités financières, avec, notamment, les récentes reconversions au profit des investisseurs d’une partie de la dette algérienne vis-à-vis de la France et les lignes de crédits (la totalité des fonds est de deux milliards d’euros), la bonne santé macroéconomique et financière du partenaire, l’attractivité de son code des investissements et la concurrence internationale incitent les chefs d’entreprise à une prise d’initiative. La volonté déjà affirmée à de multiples reprises par le partenaire français d’accompagner une économie en mutation, qui lui assurerait en même temps le gain de nouvelles parts du marché algérien, a, avec les rencontres d’Alger, une opportunité à se manifester.

M. M.

   
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