|
|||||
Manoeuvres navales franco-algériennes, sur fond de compétition commercialepar Jean Guisnel, Le Point, 3 février 2009 Depuis le 30 janvier, les marines algérienne et française conduisent à Toulon, pour deux semaines, la manoeuvre navale bilatérale Raïs Hamidou 08 . Cette initiative n'est pas inédite et se déroule depuis plusieurs années, mais l'état-major de la marine la replace néanmoins dans le cadre de l' accord de coopération dans le domaine de la défense signé le 21 juin 2008 entre Paris et Alger. La manoeuvre se déroule en mer et à terre à Toulon, où une équipe de la marine algérienne s'est installée pour participer à un état-major conjoint. Les Algériens ont fourni une frégate lance-missile, le Salah Raïs , navire de fabrication russe de la classe Nanuchka III . Les Français ont affecté la frégate Guépratte et un avion de patrouille maritime Atlantique 2 . Cette manoeuvre se déroule sur fond de concurrence commerciale intense pour la fourniture de frégates à l'Algérie, mettant en oeuvre de nombreux réseaux politico-commerciaux officiels ou officieux. Plusieurs chantiers européens sont en compétition. Les Russes proposent la frégate Krivak III , les Français de DCNS la frégate multimission FREMM , et les Allemands leur modèle best-seller Meko , fabriqué par ThyssenKrupp. Mais le quotidien La Tribune nous signalait la semaine dernière une nouveauté, plutôt inquiétante pour les Français qui croyaient bien tenir la corde. Venus du diable vauvert, les Britanniques, très soutenus par le gouvernement de Gordon Brown, occuperaient désormais la meilleure position, avec les chantiers BVT Surface Fleet. Pour 4 à 5 milliards d'euros, la Grande-Bretagne fournirait quatre navires de la classe Type 22 et une base navale. Si cette information devait se vérifier, les Français seraient ainsi battus une seconde fois à plate couture par les Britanniques dans la fourniture de matériels à la marine algérienne. Le Point avait révélé en novembre 2007 comment Eurocopter, qui avait conclu la vente de huit hélicoptères, avait été finalement coiffé sur le poteau par AgustaWestland. La firme britannico-italienne avait fourni des équipements permettant de conduire des missions identiques, mais pour deux fois plus cher. En fait, avec l'Algérie, c'est assez simple : les Français font les manoeuvres, et les Britanniques vendent le matériel. Cherchez l'erreur... |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||