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DE
VILLEPIN À ALGER ET OULD KABLIA À PARIS
Les
liens algéro-français plus solides que jamais
L'Expression,
12 octobre 2004
La visite de De
Villepin a coïncidé avec la tenue à Paris
des 2es rencontres algéro-françaises des maires et présidents
des collectivités territoriales.
Le ministre français de l’Intérieur est arrivé hier
en fin d’après-midi à Alger pour une visite de deux
jours qui le mènera à Constantine après une série
de rencontres avec les hauts responsables de la République, dont
le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, et son homologue Noureddine
Yazid Zerhouni.
Dans la ville des Ponts suspendus, le ministre français se rendra à la
mosquée Emir Abdelkader, en sa qualité de premier responsable
du culte en France. Cela pour dire que si la visite de De Villepin est
inscrite dans le cadre de la coopération sécuritaire et
de la lutte contre l’immigration clandestine, il n’en demeure
pas moins que le volet du partenariat dans de nombreux domaines est au
programme. «La priorité, c’est la lutte contre le
terrorisme, le grand banditisme et l’immigration clandestine»,
a affirmé De Villepin dans une brève déclaration à la
presse. Les sujets qu’abordera l’officiel français
seront liés à la coopération bilatérale,
notamment les questions de terrorisme, la circulation des personnes et
la lutte contre la criminalité organisée, selon le ministère
français de l’Intérieur.
L’arrivée de De Villepin à Alger a coïncidé avec
la tenue à Paris des 2es rencontres algéro-françaises
des maires et présidents des collectivités territoriales.
Laquelle rencontre a été rehaussée par une lettre
adressée par le chef de l’Etat français aux participants.
Le Président Chirac, actuellement en visite dans la République
de Chine, semble prendre à coeur cette rencontre qui a lieu 5
ans après celle qui s’est tenue à Alger, en 1999.
Rappelant la profondeur des relations algéro-françaises,
Jacques Chirac a plaidé pour un «partenariat né d’une
histoire commune, qui a connu des heures difficiles, mais qui nous ont
légué cette sorte d’attrait particulier et élémentaire
que, selon les mots du Général de Gaulle, nos deux peuples éprouvent
l’un pour l’autre.» Il a, à ce propos, estimé que
les deux pays doivent «assumer ce passé, dans toute sa complexité,
dans ses conséquences humaines parfois douloureuses, pour pouvoir
nous tourner résolument vers l’avenir, dans la confiance,
la proximité et le respect de l’autre».
Pour Chirac, les actions de coopération doivent avoir une orientation
dans le sens de «soutenir et encourager cette dynamique et accélérer
les mutations engagées». Les opérateurs sont invités
par le président français à «travailler ensemble».
Il a également soutenu l’idée selon laquelle les
peuples euro-méditerranéens sont condamnés «à construire
une communauté de destin».
En fait, la lettre de Chirac est une invitation claire aux élus
et administrateurs des collectivités locales algériennes
et françaises à privilégier ce qui rassemble et
construire une réelle coopération à une échelle
décentralisée. Le message a été reçu
cinq sur cinq par le chef de la délégation algérienne,
Dahou Ould Kablia qui, dans une communication à ces 2es rencontres
algéro-françaises, a mis l’accent sur le nouveau
code communal, dont l’un des objectifs est justement de favoriser «la
coopération internationale décentralisée».
Ceci, «afin de pallier l’absence de cadre juridique codifié qui
a prévalu jusque-là», a soutenu Ould Kablia qui a,
en outre, indiqué qu’«une circulaire interministérielle
(ministères de l’Intérieur et des Collectivités
locales, et des Affaires étrangères) relative à ce
même sujet a été élaborée par nos soins
et soumise actuellement à l’appréciation du MAE avant
sa prochaine signature par les deux ministres d’Etat». C’est
dire donc, la volonté, côté algérien, de faire
vite pour donner une suite sur le terrain aux discours de bonnes intentions
des deux côtés de la Méditerranée.
Cela dit, le ministre délégué aux Collectivités
locales qui a jugé insuffisants les résultats enregistrés
jusqu’à une période récente dans le cadre
de cette coopération, a mis en exergue «l’importance
de l’utilité et l’ingénierie des projets locaux à prendre
en charge solidairement dans le cadre de cette coopération décentralisée».
Une démarche qui implique, selon Ould Kablia «la mise en
oeuvre de dispositifs d’intervention communs aux deux parties et
la définition des procédures d’échange de
connaissances, d’expériences, de transfert de savoir-faire,
d’assistance à la maîtrise d’ouvrage».
Tout un programme donc qui attend sa traduction en résultats concrets
en termes de gestion de nos collectivités locales.
Mourad SID-ALI
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