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Mme Christine Lagarde à La Tribune «288 millions d’euros pour la conversion de la dette algérienne en investissements français»Par Yasmine Ferroukhi, La Tribune, 26 juin 2005 Mme Christine Lagarde est, depuis le 2 juin dernier, ministre déléguée au commerce extérieur au sein du nouveau gouvernement français de Dominique de Villepin, succédant à son prédécesseur François Lous. A 49 ans, elle accède au poste de ministre déléguée avec un diplôme d’études supérieures spécialisées en droit social, ne maîtrise en langue anglaise et un diplôme de la Holton Arms School à Bethesda obtenu aux Etats-Unis. A l’issue de sa visite de deux jours durant laquelle elle sera reçue par les ministre algériens des Finances, Mourad Medelci, du Commerce, El Hachemi Djaaboub et celui chargé des Participations et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar, une rencontre avec la presse nationale est prévue pour demain lundi. Elle nous dévoile dans cet entretien que la première enveloppe de 61 millions d’euros consacrée à la conversion de la dette algérienne devrait être bientôt entièrement consommée, que la mise en œuvre d’une extension de 288 millions d’euros est en négociation et que le Trésor algérien a dernièrement délivré de nouveaux agréments pour de nouveaux investisseurs français La Tribune : C’est votre première visite à Alger depuis votre nomination, le 2 juin 2005, au poste de ministre déléguée au commerce extérieur. Nous vous souhaitons la bienvenue et voudrions connaître le contenu du programme de cette visite et quels en sont les objectifs ? Mme Christine Lagarde : Je vous remercie pour vos propos de bienvenue et je suis particulièrement sensible aux nombreux messages amicaux que m’ont adressés mes interlocuteurs algériens. Ma visite s’inscrit directement dans le prolongement des déplacements à Alger du président de la République en avril 2004, puis de Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, en juin et juillet 2004. Le ministre des Finances actuel, Thierry Breton, m’a chargée de venir à Alger confirmer notre engagement à assurer le meilleur suivi de l’Aide-mémoire sur le partenariat pour la coopération et le développement que nos deux ministres des Finances ont signé il y a bientôt un an. Dans cette perspective, je rencontrerai donc le ministre des Finances, M. Medelci, et mon homologue du Commerce, M. Djaaboub, pour faire un premier bilan de ce programme commun et ambitieux de coopération économique et commerciale. Je rencontrerai également M. Temmar, ministre des Participations et de la Promotion des investissements, pour lui faire part de la grande disponibilité de mon gouvernement à encourager les entreprises françaises à participer au programme de privatisation en Algérie et renforcer ainsi notre coopération bilatérale. J’aurai enfin l’occasion de m’entretenir avec la communauté française d’affaires en Algérie pour évaluer l’importance de nos investissements et féliciter nos entreprises pour leur détermination à contribuer ainsi au développement économique de votre pays. Comment évaluez-vous la situation économique actuelle en France et quel rôle pour les relations algéro-françaises dans les priorités économiques du programme du gouvernement français ? La France pâtit d’une faible croissance, comme plusieurs de ses grands partenaires économiques et commerciaux en Europe. Notre priorité est la lutte contre le chômage et doit nous engager à plus d’efforts en faveur des entreprises, notamment les PME, source importante de dynamisme et de création d’emplois, et à plus d’efforts vis-à-vis de nos partenaires en forte croissance. Où en est-on sur le dossier de la conversion de la dette algérienne auprès de la France ? Justement, la conversion est un instrument financier remarquable au service du renforcement de nos relations économiques bilatérales. Elle apporte à l’Algérie une marge budgétaire supplémentaire pour financer ses programmes d’infrastructures en réduisant la charge de la dette, tout en constituant un encouragement pour les entreprises françaises à investir dans votre pays et son développement. Et comme vous le savez sans doute déjà, une première enveloppe de 61 millions d’euros de conversion, qui sera bientôt consommée, a été augmentée dans le cadre de l’Aide-mémoire de juillet 2004 à concurrence de 288 millions d’euros. Nous allons nous employer à entamer, dans les meilleurs délais, les négociations bilatérales nécessaires à la mise en œuvre effective de cette extension. Peut-on avoir quelques chiffres sur cette question à la lumière de la signature, fin juillet 2004, par l’Algérie et la France d’un Aide-mémoire sur le partenariat pour la croissance et le développement ? Comme je vous le disais, la première enveloppe de 61 millions d’euros de conversion, ouverte par un accord bilatéral signé en décembre 2002 à Alger, lors de la visite du ministre français des Affaires étrangères, a été utilisée depuis et devrait bientôt être entièrement consommée. Le Trésor algérien a délivré ces derniers temps de nouveaux agréments pour de nouveaux investisseurs français et nous pensons pouvoir, cette année, annoncer son utilisation complète. Je souhaite que notre coopération se concentre aussi sur les projets portés par les PME françaises et algériennes. Nos deux pays se connaissent bien et je sais qu’il y a un grand potentiel entre nos entrepreneurs. Y. F. |
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