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Comme en témoigne la volonté affichée concernant la Justice Alger et Paris densifient leur coopérationPar Younes Hamidouche, La Tribune, 18 mai 2005 Au second et dernier jour de sa visite de travail en Algérie, le ministre français de la Justice, Dominique Perben, a été reçu hier par le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia. Si le premier responsable de l’Exécutif a évoqué, à l’issue de cette audience, une «évolution significative» de la coopération juridique et judiciaire entre l’Algérie et la France dans une «dynamique» que les deux pays ont précédemment inscrite dans le cadre de la «Déclaration d’Alger», Dominique Perben, de son côté, n’a cessé depuis son arrivée dans la capitale algérienne de mettre en exergue l’importance accordée par Alger et Paris au renforcement et la consolidation de leur coopération bilatérale. Avec son homologue algérien de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Belaïz, le ministre français a eu notamment à signer à Alger des accords de coopération qui consolident le partenariat exceptionnel qu’entendent mettre sur pied et inscrire dans la durée les deux parties, algérienne et française. La densification et l’accélération de la coopération algéro-française entre en droite ligne de la signature projetée avant la fin de l’année en cours d’un Traité d’amitié dont les contours ont été tracés par ladite Déclaration d’Alger initiée par les chefs d’Etat des deux pays. Lors de la conférence de presse, abritée lundi dernier en début de soirée par la résidence de l’ambassade de France à Alger, Dominique Perben a réitéré la volonté d’«accompagnement des réformes» en cours en Algérie par la partie française. L’accent mis sur la formation -notamment la spécialisation-, la concrétisation des objectifs d’entraide -jumelage des juridictions, entre autres- et de partenariat dans le domaine juridique et judiciaire se veut l’illustration. Le ministre français du secteur qualifie de «très important» ce volet de la coopération algéro-française du fait notamment que les échanges entre les deux pays -c’est aussi une règle générale- doivent se faire dans la sécurité judiciaire. Et les sujets qui risquent de fâcher d’un côté comme de l’autre ? Vraisemblablement, c’est l’option pour le dialogue et la concertation qui apparaît avoir pris le dessus. C’est le cas par exemple en ce qui concerne le début de polémique dans les deux pays à propos des douloureux événements de mai 1945. Préférant répéter les propos de Renaud Muselier, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, qui l’avait précédé ces derniers jours à Alger, Dominique Perben s’attarde sur les rapports bilatéraux jugés «d’exception» et ne revient sur ledit sujet que pour dire que «le devoir de mémoire s’impose à tous» et qu’il est utile, même dans la difficulté, de faire cela «le plus possible ensemble». Par ailleurs, bien qu’ayant évoqué la «délinquance financière» en parlant de formation des magistrats, le ministre français n’a aucunement voulu s’étaler dans sa réponse à une question portant sur l’affaire Khalifa. Soulignant qu’il n’est pas de son «rôle» d’entrer dans des «considérations» judiciaires du genre, Dominique Perben fait référence et renvoie au processus de traitement de cette affaire par la justice française. En somme, et comme martelé devant les élèves de l’Ecole supérieure de la magistrature, Dominique Perben plaide un partenariat «d’exception et de qualité» entre l’Algérie et la France, à commencer par le domaine dont il a la charge au sein du gouvernement de son pays, la Justice. Y. H. |
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