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Pas de vacances dans la guerre France-USA Le Canard enchaîné 7 juillet 2004 Otan, Irak, Sharon : trois « conflits » récurrents. Et un important projet de coopération militaire avec Alger qui va déplaire à Bush. Chirac joue toujours les alliés rebelles. L’AMBASSADE de France à Washington, où l’on se tient à l’écoute de tout ce qui bouge à la Maison-Blanche, au Pentagone ou dans la presse, vient de transmettre à l’Élysée cette inévitable vérité première : l’équipe Bush ne supporte toujours pas Chirac. Les motifs avancés sont nombreux. À Istanbul, le 28 juin, Chirac a refusé de voir le drapeau de l’Otan flotter sur l’Irak. Et souhaité, mais là c’est trop tard, que cette guerre interminable ne soit pas celle de « l’Occident chrétien contre l’Orient musulman ». Le tout, en s’appuyant sur l’axe Paris-Berlin-Madrid, accusé, par les faucons US, de brûler des cierges pour la défaite de Bush, en novembre prochain. Quant à la « souveraineté » accordée par l’occupant au gouvernement irakien, s’il est de bon ton de s’en réjouir dans ces trois capitales, il en va différemment loin des micros. Explication de textes La récente visite de Michel Barnier à Ramallah, où il a rencontré Arafat, le Premier ministre palestinien Ahmed Qorei et son ministre des Affaires étrangères Nabil Shaath, a été préparée avec minutie à Paris. Pour deux raisons. Et d’une : montrer à Sharon, et aux Européens trop conciliants à son égard, qu’il n’a aucun droit d’interdire à un ministre français de rencontrer Arafat. Et de deux : prouver aux dirigeants arabes, et naturellement à Bush, que Chirac tient bon. Constat commun de l’Élysée et du Quai d’Orsay : « La politique étrangère américaine est sous influence israélienne, on n’en sort pas… » Aussi Barnier s’est-il envolé, le 29 juin, vers les territoires palestiniens avec, en poche, une liste d'« éléments de langage ». Soit, dans le jargon diplomatique, une partie des déclarations qu’il devra rendre publiques durant son voyage. Auteurs de cet entraînement sémantique du ministre : Maurice Gourdault-Montagne et André Parant (conseillers à l’Élysée), associés à égalité avec Bernard Emié (directeur du département concerné au Quai) et Nicolas Galey, du cabinet de Barnier. Résultat, avec le feu vert de Chirac, ces extraits des déclarations de Barnier : « Un message de solidarité [adressé] aux Palestiniens […]. Un appel à la fin de la répression israélienne [et un autre] exhortant Arafat à réformer ses services de sécurité. » Puis ce propos qualifiant d’« indigne » la décision d’enfermer Arafat dans un immeuble délabré. Sharon a aussitôt dénoncé ce « comportement inamical » du gouvernement français, et affirmé que « cette rencontre de Michel Barnier [avec Arafat] lui donne de l’oxygène politique, alors qu’il faut le placer dans un isolement total ». Commentaire ironique à l’Élysée, avec décision de ne surtout pas répondre à Sharon : « Il y a du progrès. Voilà peu, on parlait simplement de tuer Arafat… » Mamours pour Alger Cette « facilité » accordée secrètement à des militaires US a sans doute provoqué une réflexion accélérée de l’Élysée sur un projet de coopération avec Alger. D’autant que les Américains sont déjà très actifs dans ce pays ami, et pas seulement pour son pétrole et son gaz. Le 15 avril dernier, en visite à Alger, deux semaines après avoir lu ce message alarmant, Chirac, qui adore Bouteflika, lui déclarait vouloir mettre en chantier un accord en matière de défense. Depuis août 2002, le gouvernement et ses généraux sont en effet demandeurs. D’où une réflexion à Paris sur un volet industriel, une coopération militaire, un échange d’informations « classifiées », c’est-à-dire secrètes, que revendiquent les généraux de Bouteflika. Au risque de les voir réclamer des informations sur leurs opposants présents en France, comme cela s’est déjà produit. L’ambition de l’Élysée est de réagir rapidement désormais, voire d’aller plus vite que les Américains, que pareil accord intéresserait sans doute. Michel Barnier doit donc se rendre à Alger, les 12 et 13 juillet, puis Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, y sera trois jours plus tard, après avoir pris ses consignes à l’Élysée, lors d’un Conseil restreint consacré à ce projet d’accord. Seule difficulté, mais on peut faire confiance aux experts en Constitution, un tel engagement en matière de défense suppose, selon l’Élysée, une autorisation de l’Assemblée, voire du Parlement. D’où l’idée d’« exclure » certaines dispositions juridiques dans « le domaine de l’armement » et sur le « statut » des militaires concernés par cette coopération afin d’éviter un débat public. Face à une opposition de gauche, voire UDF, capable de déclarer inconvenant de s’acoquiner ainsi avec un régime trop militaire pour être honnête. Claude Angeli
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www.algeria-watch.org
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