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LE "MARCHE
GAGNANT-GAGNANT"
Dans
l’attente du concret
Dossier
réalisé par Chérif BENNACEUR, Le Soir d'Algérie,
12 septembre 2004
L’Algérie et la France se sont engagées depuis quelques
mois dans un processus de conversion de notre dette en investissements.
La Compagnie française d’assurance des crédits à l‘exportation
(COFACE) a clos le 6 septembre dernier l’opération de réception
des offres relatives à la conversion de 61 millions d’euros
en investissements. Soit d’une partie de la dette algérienne,
estimée globalement à un peu moins de 3 milliards d’euros.
En attendant de connaître la nature des entreprises hexagonales
intéressées et l’évolution des engagements
contractés par les deux parties, deux aspects caractérisés
néanmoins par une certaine confidentialité, il serait utile
de revenir sur ce processus de conversion de la dette, d’en identifier
les tenants et les aboutissants et d’en présenter le mécanisme,
qu’autorise le Club de Paris. En somme, ce processus est-il effectivement
gagnant-gagnant pour les deux pays ?
LA CONVERSION DE LA DETTE
Des tenants et aboutissants
En fait, la COFACE
vient de clore l’opération de réception
des offres relatives à la conversion de 61 millions d’euros,
soit d’une partie de la dette algérienne contractée
vis-à-vis de la France. En effet, le 26 juillet dernier, le ministre
français de l’Economie, des Finances et de l‘Industrie,
M. Nicolas Sarkozy, avait lancé un avis d’appel d’offres
aux opérateurs économiques de l’Hexagone désireux
de soumissionner à l’achat de créances sur l’Algérie
dans le cadre de l’opération de la conversion de la dette
en investissements privés.
Troquer le passif contre l’investissement
La conversion de la dette est en effet un mécanisme financier
qui permet à la fois d’alléger la dette d’un
pays émergent et d’encourager les investissements étrangers
dans ce pays. Les entreprises souhaitant investir dans les pays émergents
peuvent ainsi réduire le coût de leurs investissements en
capital en bénéficiant de monnaie locale à des conditions
avantageuses. En d’autres termes, la conversion de la dette ou
de créance peut être assimilée à un troc du
passif contre un investissement à travers un jeu d’écriture
comptable tant en France qu’en Algérie. Soit une diminution
du coût de cette dette et, en fin de compte, l‘annulation
de la partie de la dette convertie. Explication : ces opérations
impliquent la cession de la dette par un pays créancier, en l’occurrence
la France, à un investisseur qui, en retour, vend la dette au
pays débiteur en échange de parts dans une entreprise locale
ou en échange de monnaie locale utilisée pour des projets
dans le pays concerné. Les débiteurs et les créanciers
font un rapport au secrétariat du Club de Paris sur les transactions
réalisées. Le paiement de la dette étant comptabilisé au
niveau de la banque où est domicilié l’investisseur
et qui lui octroie des crédits à moyen ou long terme et à des
conditions avantageuses.
Conversion en cours de 61 millions d’euros
A ce titre, pour l’achat des créances sur l’Algérie,
les opérateurs français étaient invités à soumissionner
par le biais de leurs banques, étape obligatoire, avant de recueillir
l’accord des autorités algériennes sur les projets
considérés. Ces opérations de conversion ne pourront
toutefois être utilisées que sous la forme d’un investissement
en capital dans une entreprise en Algérie, avait précisé un
communiqué du département de M. Nicolas Sarkozy. A ce propos,
peu d’informations filtrent sur cette participation même
si il est question de l’intérêt affiché notamment
par le groupe Michelin et par une filiale algérienne d’un
grand groupe bancaire français, dotée d’une expertise,
l’identité des banques chargées du suivi de ce processus
demeurant toutefois incertaine. D’autre part, la France avait aussi
donné son accord pour une nouvelle enveloppe de conversion de
créances en investissements de 50 M .
Conversion totale de 288 millions d’euros
Des initiatives inscrites au titre de «l'aide-mémoire sur
le partenariat pour la croissance et le développement» qui
a été paraphé en juillet dernier entre Alger et
Paris et à la faveur duquel il avait été convenu
entre les deux parties de mettre à la disposition de l'Algérie
la totalité de l'enveloppe de conversion de dettes en investissements
autorisée par les règles en vigueur du Club de Paris, soit
288 millions d'euros. Selon les termes de l'aide-mémoire en question,
cette enveloppe globale est destinée en fait à être
utilisée pour la réalisation d'investissements dans nombre
de secteurs d'expansion, y compris pour couvrir des prises de participations
d'entreprises françaises dans des sociétés algériennes
chargées du développement de projets d'infrastructures.
Une dette pour financer des contrats
“
Une dette qui va permettre de financer les contrats”, avait expliqué M.
Nicolas Sarkozy. En outre, et afin d’accroître encore les
investissements étrangers en Algérie, la partie française
a soutenu auprès du Club de Paris la demande de l’Algérie
de porter à 30% le plafond de conversion de dettes en investissements,
actuellement limité à 10% de la dette éligible.
A rappeler que l’Aide-mémoire sur le partenariat pour la
croissance et le développement devrait contribuer, entre autres, à donner
les moyens aux entreprises françaises d'accompagner l'effort de
modernisation en Algérie. En outre, le ministre français
avait insisté en juillet dernier sur le caractère inédit
de cette initiative en relevant que l'accord en question «est le
plus important jamais signé par la France avec un autre pays» et
en précisant qu’«Il n'y a aucun accord de cette nature
de la France avec un pays étranger». Récemment, le
grand argentier français avait affirmé que la dette détenue
par la France sur l'Algérie sera «systématiquement » transformée
en contrats pour les entreprises de l'Hexagone. Parallèlement à cet
accord sur la conversion de la dette, le ministre français de
l'Economie avait également annoncé lors de sa dernière
visite à Alger, en juillet dernier, l'octroi, par la France à l'Algérie,
de concours financiers d'un montant total de 2 milliards d'euros, dont
sont compris les 288 millions d'euros concédés au titre
de la transformation de la dette en contrats d'investissement. Ces concours
financiers comprennent, en fait, 288 millions d’euros de conversion
de la dette en investissements, 750 millions d’euros de crédits
concessionnels et un milliard d’euros de crédits commerciaux
garantis par la Coface.
Un moyen de relancer les investissements français
Ce faisant, la mise en œuvre de cette première opération,
confiée à la COFACE, avait été présentée
par la partie française comme étant une première
mesure visant à relancer les investissements français sur
le marché algérien. Des investissements, dont la faiblesse
hors les hydrocarbures, constituait le seul point noir dans la coopération
bilatérale et qui sont dorénavant appelés à s’élargir,
l’existence d’outils financiers spécifiques devant
selon l’Elysée, inciter les entreprises françaises à investir
en Algérie. Au-delà de l'intérêt que le gouvernement
algérien attache en effet aux possibilités de désendettement
extérieur, l'enjeu premier de la mise en œuvre d'opérations
de conversion de la dette s'inscrit vraisemblablement dans une logique
d'attraction des investissements directs non-résidents. Forte
de son rang de premier partenaire commercial de l'Algérie, devant
l’Italie et les Etats-Unis, la France vise en définitive à renforcer
sa présence économique sur le marché algérien
au sein duquel elle compte actuellement une centaine d'entreprises. En
outre, la locution «systématique» sous-entend que
c’est toute la dette et non pas une partie, qui a des chances d’être
reconvertie en contrats commerciaux. Une aubaine inespérée
pour notre pays, en pleine relance économique et profitant d’une
conjoncture historiquement favorable, avec notamment des réserves
de changes de l’ordre d’une quarantaine de milliards de dollars
et l’annonce d’un plan de relance quinquennal doté d’une
enveloppe de 50 milliards de dollars.
Un stimulant pour d’autres pays ?
Pour autant, est-il permis de dire que le gouvernement français
est prêt à convertir la totalité de la dette ou une
partie simplement quand il dit que «la dette sera systématiquement
convertie en contrats»? La réponse reste pour le moment
ambiguë. Néanmoins, quelle que soit la décision de
l’Elysée, cette décision ne peut être considérée
que comme une bouffée d’oxygène pour l’économie
nationale. En attendant de connaître la position des autres pays
créanciers de l’Algérie, l’Espagne et l’Italie
notamment, sur la mise en œuvre de ce mécanisme. En effet,
des arrangements intégrés dans le cadre d’accords économiques étant
en cours de négociation entre notre pays et ces deux grands partenaires
et sont destinés à porter le taux de conversion de la dette
de 10% à 30%. A ce propos, notre ministre des Finances, M. Benachenhou
avait récemment exprimé son optimisme quant à l'issue
de ces négociations en raison notamment de «la bonne carte
d'acheteur de l'Algérie». A rappeler que l’Algérie
a déjà conclu un accord de conversion avec l'Italie de
84 millions d'euros et un autre avec l'Espagne portant sur la somme de
40 millions de dollars. En 2002, l'Algérie et l'Espagne ont également
signé un protocole financier de 100 millions d'euros destiné à accompagner
les projets des PME-PMI.
Doit-on s’attendre à un néo-colonialisme ?
Cependant, et au-delà du fait que ce processus ait été lancé en
pleine période estivale, au risque de faire croire à un
manque de sérieux, et qu’aussi bien le département
français des Finances que son homologue algérien fassent
preuve d’une certaine confidentialité, voire d’une
tiédeur, il est à craindre que la mise en œuvre de
ce mécanisme ne puisse s’apparenter à un néo-colonialisme.
En effet, nombre de consultants et observateurs estiment que la France
avait déjà racheté à la mi-décade
90 une partie de notre dette contractée vis-à-vis de certains
pays européens et, par une action subtile et efficace et répondant à ses
intérêts, encouragé de ce fait l‘augmentation
du volume de notre endettement, l’accroissement de notre dépendance à son égard
et sa mainmise sur notre fonctionnement économique. Toutefois,
avec l’évolution positive en Algérie tant sur le
plan sécuritaire que dans la diversification progressive de nos
relations économiques et commerciales extérieures, un certain
rééquilibrage a caractérisé nos rapports
avec l’Hexagone qui a commencé à enregistrer une
perte de leadership sur le marché national. Voire, la France a
pris un retard par rapport à d’autres partenaires de l’Algérie,
alors à la recherche de financements extérieurs, et un
retard que l’Hexagone a voulu rattraper en s’inscrivant dans
cette quête par notre pays de relations économiques de «qualité».
En cela, s’explique cette initiative du gouvernement français
d’accepter cette conversion de la dette en investissements que
d’aucuns comparent à un gâteau offert de manière
bienveillante aux grands groupes de l’Hexagone et qui viendraient
en force selon le double souhait de Bercy et de l’Elysée.
L’Algérie saura-t-elle bien négocier ce processus
?
D’où un questionnement légitime sur notre capacité,
voire notre volonté, à savoir bien négocier et sans
conditionnalité aucune ce processus de conversion, le choix des
projets et l’attribution des marchés aux entreprises françaises
intéressées. Ces dernières qui pourront bénéficier,
outre les avantages concédés et garantis par la législation
nationale essentiellement en termes de régimes d’investissement,
de fiscalité et de droits de douanes, mais aussi de liberté de
transfert de capitaux, d’une concurrence nulle, chercheront vraisemblablement à imposer
le choix des secteurs à privatiser. Quand bien même la partie
française mettrait-elle en avant «la conviction partagée
qu’il est dans l’intérêt de l’Algérie
et de la France de tirer profit du haut degré de complémentarité des
deux économies pour accompagner les réformes économiques
algériennes, dynamiser l’essor des échanges bilatéraux
et multiplier les intérêts croisés entre les opérateurs,
le tout au moyen du développement du partenariat». En fait,
un maximum de transparence de la part des deux pays et du nôtre
en particulier est de mise concernant les conditions globales de mise
en œuvre de ce processus. En somme, il est dans l’intérêt
de l’Algérie à ce que ce processus soit réellement
gagnant-gagnant, et ce, au-delà de la problématique de
la privatisation, cette arlésienne de l’économie
algérienne.
C. B.
--------------------- Les mécanismes
de la conversion de la dette
Définition et modalités
:
Le mécanisme de conversion-investissement permet à un pays
A de racheter par anticipation, avec décote et en monnaie locale,
sa dette vis-à-vis d’un pays B à des investisseurs,
qui l'ont préalablement achetée au pays B et qui cherchent à la
convertir en projets d'investissements locaux. Les créances sont
cédées à des investisseurs privés et revendues
par l'investisseur, à un prix convenu entre le pays B et le pays
bénéficiaire (ce prix est appelé le taux de re-dénomination),
en échange d'un montant en monnaie locale à investir dans
le pays. L'État débiteur peut, grâce au mécanisme
de conversion de créances, racheter sa dette en bénéficiant
d'une décote de marché agréée avec le pays
B. Globalement, l'opération permet aux entreprises de réduire
le coût de leurs investissements en bénéficiant de
monnaie locale à des conditions avantageuses. L'investisseur bénéficie
en effet d'une marge résultant de la différence entre le
prix d'achat à B de la créance et le prix de rachat de
cette créance par le pays débiteur, marge qui vient conforter
la rentabilité du projet d'investissement. Dans le cas de la France,
le choix des investisseurs se fait en deux étapes : Le ministère
des finances du pays débiteur accorde un agrément aux investisseurs
dont il estime les projets les plus profitables pour son pays. La direction
du Trésor française, avec l'aide de la COFACE (Compagnie
française d'assurance et de crédits d'exportations), sélectionne
parmi les investisseurs éligibles ceux auxquels elle cédera
ses créances en fonction des qualités de leur projet et
de leur offre financière. L'investisseur est libre de fixer sa
marge – avec éventuellement un plafond fixé par la
direction du Trésor – dans sa réponse à l'appel
d'offres. Son choix détermine ses chances de remporter l'appel
d'offres concurrentiel. Ce faisant, la mise en œuvre du mécanisme
nécessite au préalable la signature d'un accord bilatéral
entre la France et l'Etat débiteur qui définit notamment
le champ des investissements éligibles (en général,
des financements de projets dans tous types de secteurs d'activité économique
mais nécessairement sous la forme d'investissements en capital
dans une société du pays bénéficiaire), les
créances cessibles ainsi que le taux de re-dénomination.
En termes de chronologie :
1. Le pays débiteur et la France signent un accord bilatéral
définissant les termes de la conversion de créances en
investissements (créances cessibles, taux de rachat de ces créances,
critères d'éligibilité des investisseurs…).
2. Le pays débiteur envoie une note circulaire d'information aux
investisseurs intéressés.
3. Les investisseurs soumettent leurs projets au ministère des
Finances du pays débiteur qui leur accorde, le cas échéant,
un agrément certifiant leur éligibilité à l'appel
d'offres.
4. La direction du Trésor lance un appel d'offres pour céder
ses créances. Les investisseurs peuvent encore demander un agrément
après le lancement de l'appel d'offres.
5. Le jour de l'expiration du délai de réponse des investisseurs,
la direction du Trésor dépouille les offres disposant d'un
agrément.
6. La direction du Trésor étudie les projets puis déclare
les investisseurs gagnants.
7. Les investisseurs gagnants procèdent à l'achat des créances
auprès de la COFACE, agissant pour le compte de l'Etat.
8. Dans un délai de quinze jours, les investisseurs portent leurs
créances au ministère des Finances du pays débiteur
qui les rachète en monnaie locale à un prix légèrement
supérieur au prix de cession.
9. Les investisseurs utilisent le produit de la vente de leurs créances
pour effectuer une augmentation de capital ou acheter des parts dans
une société du pays débiteur.
Du point de vue de l'investisseur, la participation à une opération
de conversion de créances se décompose en trois étapes
: Première étape : obtention de l’agrément
du pays débiteur : L’investisseur doit présenter
au ministère des Finances du pays débiteur un dossier détaillant
l’investissement projeté et comportant les éléments
prescrits dans la note circulaire que celui-ci a diffusée. Les
autorités se prononcent sur l'éligibilité du projet
en fonction de son intérêt économique. En cas de
réponse favorable, elles délivrent un agrément qui
précise notamment le taux auquel elles s'engagent à racheter à l'investisseur
les créances que le Trésor français lui cédera.
Deuxième étape : achat de créances à la France
: L’investisseur ayant obtenu l’agrément, soumissionne,
par l’intermédiaire d’une banque, aux appels d’offres
lancés de manière régulière par le Trésor
français en proposant un prix pour l’achat des créances
françaises. Pour que l’investisseur dégage une marge,
ce prix est naturellement inférieur, en pourcentage de la valeur
nominale de la créance, au taux de redénomination (taux
de rachat des créances par le pays débiteur). La direction
du Trésor examine les offres et procède à l’adjudication
des créances. Si l’investisseur est déclaré gagnant,
il doit informer la direction du Trésor de la date de versement à l’Etat
français du montant en euros correspondant au prix des créances
cédées par la France. Les offres d’achat de créances
doivent être adressées à la direction du Trésor
du ministère français de l’Économie, des Finances
et de l’Industrie. Troisième étape : conversion des
créances et investissements : L’investisseur adjudicataire
verse au Trésor français le montant convenu à la
date fixée. Le Trésor français informe, le jour
même, le ministère des Finances du pays débiteur
du versement effectué par l’investisseur. Dans les 15 jours
de cette notification, ce ministère verse sur un compte bancaire,
ouvert dans le pays par l’investisseur, le montant en monnaie locale
correspondant au prix de rachat des créances cédées.
Le taux de change retenu est le taux de change achat coté par
une banque de référence à la date du paiement des
créances par l’investisseur. Le produit de la vente est
utilisé pour l'investissement en capital présenté aux
autorités françaises et du pays débiteur.
Source : ministère français de l’Economie et des Finances
Le Club de Paris
Le Club de Paris
est un groupe informel de créanciers publics
qui se rencontrent de manière régulière à Paris
et qui a pour rôle de trouver des solutions coordonnées
et soutenables aux difficultés de paiement rencontrées
par les pays débiteurs. Les créanciers du Club de Paris
conviennent de modifier le profil de remboursement des dettes qui leur
sont dues. Le Club de Paris est resté strictement informel. Il
peut être décrit comme une “non institution”.
Le Club de Paris est composé de 19 membres permanents et d'autres
créanciers publics qui peuvent y participer. Les membres permanents
sont : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique,
le Canada, le Danemark, l’Espagne, les Etats-Unis, la Finlande,
la France, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Norvège,
les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Russie, la Suède et la Suisse.
Le Club de Paris rencontre uniquement les débiteurs qui montrent
un réel besoin d'allègement de la charge de leur dette
et qui ont appliqué ou se sont engagés à mettre
en œuvre des réformes destinées à restaurer
une situation économique et financière saine. Ceci implique
en pratique que le pays doit avoir préalablement signé un
programme avec le FMI, accompagné de déboursements du type
: accord de précaution, facilité d'accès élargi,
facilité pour la réduction de la pauvreté et la
croissance. A rappeler que La première réunion avec un
pays débiteur a eu lieu en 1956. L'Argentine fut en effet le premier
pays qui accepta de rencontrer ses créanciers publics à Paris.
Toutefois, le Club de Paris n’a pas de date de création
dans la mesure où il est strictement informel. Depuis 1956, le
Club de Paris ou les groupes ad hoc de créanciers du Club de Paris
ont conclu plus de 383 accords concernant 79 pays débiteurs. Depuis
1983, le montant total de dette traitée dans ces accords s’élève à 427
milliards de dollars. Etant un groupe informel, le Club de Paris n’a
pas de statuts. Cette organisation donne aux créanciers du Club
de Paris la flexibilité pour s'adapter à la situation de
chaque pays débiteur rencontrant des difficultés de paiements.
Toutefois, les créanciers du Club de Paris ont défini un
certain nombre de principes et règles qui se sont révélés
utiles pour la conclusion et la bonne mise en œuvre d'accords tant
au niveau des créanciers entre eux qu’entre ces derniers
et le débiteur. Ces règles et ces principes sont acceptés
par tous les participants au Club de Paris et incluent : décisions
au cas par cas, consensus, conditionnalité, solidarité,
comparabilité de traitement. Conversion de la dette : Les accords
en Club de Paris peuvent contenir une clause offrant aux créanciers
qui le souhaitent la possibilité d'avoir recours aux conversions
de créances. Ces opérations peuvent se traduire par des
conversions en nature, en aide, en créances ou dans d'autres opérations
en monnaie locale. Ces opérations impliquent souvent la cession
de la dette par un pays créancier à un investisseur qui,
en retour, vend la dette au pays débiteur en échange de
parts dans une entreprise locale ou en échange de monnaie locale
utilisée pour des projets dans le pays concerné. Afin de
préserver la comparabilité de traitement et la solidarité entre
créanciers, les montants de conversions de dette sont limités à un
pourcentage maximum du stock de créances de chaque créancier
individuel. Les termes selon lesquels ces opérations peuvent être
réalisées sont contenus dans les termes standard de traitement.
Afin de garantir la transparence totale entre créanciers, les
débiteurs et les créanciers informent le secrétariat
des transactions réalisées et de leurs termes.
Source : Club de Paris
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