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ALGERIE-FRANCE Le «froid» politique et la frilosité dans l’investissementLe Quotidien d'Oran, 12 novembre 2005 2005 a été, comparativement aux «chaleureuses» années précédentes, celle d’un relatif retour de froid dans les relations algéro-françaises. On est passé d’un discours chaleureux porté avec ferveur par Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac sur la «refondation» des relations sur la base d’un «partenariat stratégique» qui devait être consacré par la conclusion d’un traité d’amitié à celui d’un retour litigieux sur l’histoire. 2005 a été en effet ouverte, côté français, par un retour, par effraction, à une vision revancharde de l’histoire défendue par quelques députés de la «nostalgérie». Les officiels français n’avaient plus qu’à essayer de minimiser ce qui sera qualifié, off the record, sans doute par M. De Villepin en personne, comme une «erreur colossale». La loi du 23 février 2005 était tellement à contre-courant qu’à Alger, on a semblé tout d’abord minimiser la chose en l’ignorant. Mais le jugement normatif que donnait la loi sur l’histoire de la colonisation était si provocant - les historiens en France ont été prompts à le souligner - qu’il a rendu presque inévitable la réaction, tardive mais vigoureuse, des officiels algériens. Si du côté français, on a indiqué que les discussions sur la conclusion du traité d’amitié se poursuivaient, aucun signal sérieux n’est venu indiquer qu’il pourrait être signé, comme prévu initialement, avant la fin 2005. Si le traité d’amitié paraît retardé, à défaut d’être remis en cause, le refroidissement des relations «politiques» n’a apparemment nullement altéré celui des échanges économiques. C’est quasiment dans la «tradition» d’une relation où les aléas politiques réguliers n’ont que très peu d’incidences sur les échanges économiques. Les chiffres l’indiquent clairement. La France reste durablement le premier fournisseur de l’Algérie et elle est son 4ème client. Si cette année 2005 a été politiquement «froide», les chiffres des échanges commerciaux sont en très bonne forme. Le volume des échanges commerciaux dans les relations d’affaires a été, jusqu’en septembre 2005, de 6,7 milliards de dollars, les importations algériennes de France pesant dans les 3,5 milliards de dollars. La visite à Alger du ministre français de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, Thierry Breton, est la première depuis sa prise de fonction, mais les ministres et responsables en charge de l’économie ont des contacts réguliers. MM. Abdelhamid Temmar et Mourad Medelci ont effectué récemment des visites à Paris. Le Mouvement des hommes d’affaires reste important. M. Breton est d’ailleurs accompagné d’une délégation composée d’hommes d’affaires du secteur de la finance et de l’énergie. Elle sera suivie par un déplacement à Paris d’hommes d’affaires algériens du Forum des chefs d’entreprises (FCE) et du Club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja (CEIMI) qui participeront à un colloque sur l’ouverture du marché algérien. En réalité, les entreprises françaises n’ont pas à craindre des conséquences de la relative crispation algéro-française sur le thème de l’histoire. Le vrai risque pour ces entreprises réside dans leur excessive frilosité - du moins c’est ainsi que cela est perçu ici - à s’installer sur le marché algérien. Le président du FCE, M. Omar Ramdane, a d’ailleurs dit son intention de répéter aux opérateurs français qu’ils ne doivent pas être obnubilés par la croissance des échanges commerciaux et qu’ils ont intérêt à avoir des engagements plus importants en matière d’investissements. C’est le discours «économique» que répètent les officiels algériens en soulignant que les conditions favorables à la mise en place d’un vrai partenariat entre les entreprises des deux pays sont totalement réunies. Discours apparemment entendu du côté français. En juin dernier, Mme Christine Lagarde, ministre française déléguée au Commerce extérieur, faisait valoir que la France était le premier investisseur européen en Algérie avec plus de 180 entreprises implantées. «Le moral des entreprises françaises n’est pas du tout frileux et il y a une volonté d’investir, avait-elle soulignée. Il semble bien évident que les échanges économiques dépendent plus largement des initiatives et des comportements des entreprises que des aléas des rapports politiques...» M.Saâdoune |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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