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La France vote la crispationpar M. Saadoune, Le Quotidien d'Oran, 7 mai 2007 Les urnes ont parlé en France et les résultats ne constituent pas une surprise. La France était déjà à droite avec Jacques Chirac, elle l'est encore davantage avec Nicolas Sarkozy. La majorité des électeurs français ont recalé Ségolène Royal, en rejetant une vraie modernisation de la vie politique au profit d'une version relookée de vieilles idées autoritaires et franchement ringardes. Ségolène Royal, qui a défendu avec un certain panache une France plus ouverte, n'a pas démérité. Elle s'est battue pour une société ouverte et plus solidaire, dans un contexte où le gouvernement des médias matraque sans relâche l'opinion par la peur. La candidate socialiste s'est trouvée face à un homme en campagne depuis des années avec le soutien des puissances d'argent et des médias. D'ailleurs, la manière dont ces médias ont couvert la campagne avait un air «tiers-mondiste» qui aurait sans doute justifié un de ces fameux communiqués de remontrances que Reporter sans Frontières distribue régulièrement à des pays plus «exotiques». Mais les urnes ont bien parlé. Elles sont sans appel ! Sarkozy sera demain à l'Elysée. C'est donc le candidat du libéralisme adossé à un discours autoritaire, surfant allègrement sur les angoisses et posant au protecteur déterminé des braves gens, qui s'installe aux commandes de cet important pays. En politique étrangère, c'est incontestablement le plus « bushien » des politiciens français. La politique relativement équilibrée de Jacques Chirac en direction du monde arabe pourrait être remise en cause par une orientation directement pro-israélienne. L'alignement atlantiste risque de s'exprimer dans les prochains mois à l'égard de l'Iran. Nicolas Sarkozy, en ministre de l'Intérieur, constamment en campagne, totalement guidé par la quête des coups de «com'», par la recherche de la provocation facile, n'hésitant pas à utiliser de vieux poncifs d'un goût discutable, était déjà inquiétant. S'assagira-t-il une fois à l'Elysée, comme certains analystes veulent le croire ou l'espérer ? On peut en douter. Il est en effet à craindre que nous assistions à la même démarche démultipliée par le pouvoir présidentiel. Face aux inévitables résistances que provoquera une politique libérale débridée dans la France d'en bas et des couches moyennes, la tentation sera forte de jouer sur les dérivatifs identitaires. Il est plus que probable que la relative bonhommie des mandats chiraquiens laisse place à une ère de confrontations et de replis. A un mandat de toutes les crispations et de toutes les suspicions à l'égard de la « racaille » et des « blacks, blacks, blacks », pour reprendre les éructations haineuses d'un pseudo-philosophe qui a fait des jeunes des banlieues la cinquième colonne qui menace l'Hexagone. C'est dire qu'avec Nicolas Sarkozy, c'est une France thatchérienne mixée au populisme lepéniste qui s'installe. C'est bien cette pente vers une politique qui orchestre les conflits et les alimente qui fait qu'un homme de centre-droit, comme François Bayrou, exprime une quasi-répulsion à l'égard de ce candidat de l'aristocratie boursière chassant en terrain lepéniste. |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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