PRIVATISATION

Des financiers français s'intéressent aux banques algériennes

Le Quotidien d'Oran, 11 janvier 2005

La privatisation de trois banques publiques algériennes intéresse les groupes bancaires étrangers. Selon nos informations, le Crédit industriel et commercial (CIC) de France serait parmi les candidats potentiels à la prise de participation dans le capital de l’une des trois banques publiques que le gouvernement a décidé de privatiser.

Les discussions entre le groupe bancaire français et le ministère des Finances seraient bien avancées, affirment des sources proches du dossier. Ces discussions portent notamment sur la part du capital à ouvrir aux investisseurs. Les Français souhaiteraient racheter au moins 51% du capital, alors que les autorités algériennes hésitent encore entre 49% et 51% . Des banques d’affaires pourraient être sollicitées pour aider le gouvernement algérien à trancher sur la question.

L’intéressement du CIC aux banques publiques algériennes s’inscrit dans le cadre de la politique maghrébine de cette banque. En effet, le CIC, la banque des PME/PMI, semble miser sur le marché maghrébin où il compte renforcer sa position.

Présent en Algérie depuis plusieurs années, avec un bureau de représentation, le CIC compte ouvrir, prochainement, une filiale et des agences bancaires à Alger. Les perspectives du marché algérien sont, en effet, encourageantes: en plus du développement du commerce entre l’Algérie et la France, il y a lieu de noter l’installation, en Algérie, de PME françaises.

En plus du CIC, la Société Générale aurait, également, manifesté son intérêt pour une prise de participation dans le capital d’une des trois banques publiques dont le capital sera ouvert au privé. Le groupe bancaire compte renforcer ses positions en Algérie avec l’ouverture d’une quarantaine d’agences bancaires dans les trois prochaines années. La Société Générale a déjà échoué une première fois à racheter des parts du capital du Crédit Populaire d’Algérie, à cause d’un différend avec les autorités algériennes sur le taux du capital de cette banque à privatiser.

Relancée en 2003, l’ouverture du capital du CPA n’a pas abouti après les réserves d’une banque d’affaires autrichienne sur l’attribution du pilotage de l’opération de privatisation à la banque française Lazard frères. L’enjeu de cette privatisation est capital pour gagner la confiance des investisseurs étrangers. D’autant que privatiser une banque publique constitue, estiment des économistes, un indice fort de la volonté politique des autorités algériennes à réformer le secteur bancaire qui traîne beaucoup de retards.

Hamid Guemache

 

   
www.algeria-watch.org