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Conférence du député UMP Christian Philip Le duo Paris-Alger comme modèle d'intégration euro-méditerranéen Le Quotidien d'Oran, 20 décembre 2004 Le couple franco-algérien qui doit être historiquement scellé en 2005 par la signature d'un traité d'amitié pourrait envoyer une bonne poussée au partenariat euro-méditerranéen. Il pourrait lui donner une nouvelle impulsion et lui servir d'adjuvant en s'inspirant du couple franco-allemand et du rôle déterminant qu'il joue depuis plus de quarante ans dans la construction européenne. Un axe franco-algérien, s'il est assez vigoureux, contribuerait efficacement à l'émergence d'un espace euro-méditerranéen intégré et solidaire, du moins conforme à l'esprit du processus de Barcelone. Cette thèse a été défendue hier devant le président du Conseil de la Nation et une poignée de sénateurs et de hauts conseillers à la présidence de la République par le député UMP du Rhône, Christian Philip. En conclusion d'une conférence sur l'avenir du partenariat euro-méditerranéen, ce parlementaire doublé d'universitaire à Lyon III a considéré que de bonnes relations entre la France et l'Algérie peuvent avoir un impact sur la région Europe-Méditerranée similaire à celui du couple franco-allemand et du rôle qu'il joue depuis plus de quarante ans dans la construction européenne. Il s'agit d'un atout considérable, a déclaré le parlementaire français, qui peut s'ajouter aux facteurs susceptibles de combler ou de réduire les reculs et les échecs essuyés par Barcelone depuis son existence voilà bientôt dix ans. Parmi ces facteurs, M. Philip a insisté sur la politique européenne de nouveau voisinage, une stratégie lancée en 2003 en direction des pays frontaliers qui n'ont pas la vocation d'adhérer à l'UE et qui peut - au-delà des accords d'association - déboucher sur des plans d'action aux dividendes garantis selon lui. Il s'est également arrêté sur l'intérêt qu'incarne à ses yeux la «politique des sous-ensembles régionaux» et le bénéfice qu'on peut tirer en dépit de son caractère informel d'un cadre comme celui des «5+5» dans la consolidation du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée. Le député n'a pas manqué aussi de souligner la valeur de l'assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, un espace récemment créé et propice selon lui à des connexions politiques, culturelles, économiques et de coopération efficaces. Dès lors que l'Europe considère comme stratégique le dialogue avec les pays frontaliers, cela est possible, a-t-il affirmé en ajoutant que la coopération décentralisée constitue un point à ne pas négliger en attendant la concrétisation des grands projets inscrits dans le processus de Barcelone. Il en est ainsi de la fameuse banque euro-méditerranéenne de développement, un projet qui tarde à voir le jour, mais à propos duquel le député UMP s'est montré optimiste. M. Christian Philip estime que cette institution sera créée tôt ou tard même si sa préférence à ce sujet va vers la création d'une filiale de la Banque européenne d'investissement «avec une participation effective des 10 pays» du flanc sud de la Méditerranée. L'élargissement de l'Union européenne vers l'Est, a déclaré le député français, peut susciter à juste titre l'inquiétude des voisins du Sud. Leur sentiment ne doit cependant pas se transformer en source d'inhibition permanente ou constituer un obstacle à un projet où les chances de partenariat et de coopération existent réellement. 2005, l'année du dixième anniversaire du processus de Barcelone, est propice au bilan et à l'évaluation. Un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement est d'ailleurs prévu à cette date-là. Cela peut être aussi une occasion pour rattraper le retard et définir de nouvelles orientations. Noureddine Azzouz
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