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Philippe Douste-Blazy, demain, à Alger Sur fond d’interrogations sur le sort du Traité d’amitiéDe Notre Correspondant A Paris : S. Raouf, Le Quotidien d'Oran, 8 avril 2006 Quatrième chef de la diplomatie française à se rendre à Alger depuis l’arrivée de Bouteflika à El-Mouradia, Philippe Douste-Blazy est attendu demain sur fond d’interrogations répétées sur le sort du Traité d’amitié. Annoncé en grande pompe voici deux ans, cet outil censé conférer une dimension «privilégiée» à la relation bilatérale se fait toujours attendre. A s’en tenir aux déclarations d’intention franco-algériennes, rien ne semble augurer du paraphe du texte à brève et moyenne échéances. Successeur, contre toute attente, de Michel Barnier au Quai d’Orsay, au lendemain du «non» français à la constitution européenne, Philippe Douste-Blazy pose ses pieds à Alger sans engagement calendaire sur ce dossier. Alors que ses collaborateurs apportaient les dernières touches aux préparatifs de sa visite, le ministre s’est gardé d’émettre la moindre hypothèse. Qu’il s’agisse de son articulation ou de la date de son paraphe par les deux chefs d’Etat, le locataire du Quai d’Orsay a esquivé, au moyen du langage diplomatique, la question posée par nos confrères du bureau APS de Paris. Sa signature «est un rendez-vous pris entre nos deux pays et nos deux peuples», a-t-il répondu. Pour toute réponse, Philippe Douste-Blazy a assuré que cet instrument restait «un objectif auquel nous continuons de travailler et pour lequel les autorités françaises restent toujours mobilisées». Interrogé, hier, par «Le Quotidien d’Oran», le porte-parole du Quai d’Orsay s’est gardé, lui aussi, de donner d’indications de calendrier. Sur ce dossier, observe Jean-Baptiste Matteï, «il n’y a pas d’échéance fixée». «Nous poursuivons les discussions pour que ce traité puisse être négocié et signé dans les meilleurs délais». Voulu par Chirac et Bouteflika, au plus fort de la lune de miel franco-algérienne, le Traité d’amitié a été annoncé par le premier, au printemps 2004. C’était lors d’une conférence de presse, le 15 avril 2004 à Alger alors qu’il était venu «féliciter» Bouteflika pour un second bail à El-Mouradia. «Compte tenu de la nature de nos relations et de leur évolution récente, je pense qu’il serait, aujourd’hui, justifié de transformer la «Déclaration d’Alger» en un Traité d’amitié ». Un traité qui, dans le débordant enthousiasme de l’époque, devait emprunter à l’esprit du texte signé par le Général de Gaulle et le Chancelier allemand Adenauer, en janvier 1963. Sitôt le mot «traité» annoncé, Paris et Alger s’étaient attelés, au pied levé, à en déblayer le terrain. Très rapidement, des fonctionnaires des deux pays avaient engagé le processus de négociations sous l’impulsion de leurs ministres respectifs. Signe que le chantier avançait à grand rythme, Jacques Chirac réunissait, en juillet 2004, un conseil ministériel entièrement consacré à l’Algérie. Pas moins d’une quinzaine de ministres dont toutes les grosses pointures du gouvernement Raffarin avaient pris place autour de la table rectangulaire de l’Elysée. Au même moment à Alger, Bouteflika suivait personnellement le dossier, tandis que le gouvernement inaugurait des conclaves consacrés au traité. La multiplication des visites ministérielles croisées et les contacts directs entre les deux chefs d’Etat avaient fini par convaincre les observateurs que le paraphe du texte était une question de mois si ce n’est de semaines. En «off», diplomates français et algériens n’excluaient pas une conclusion des négociations, au soir du premier semestre 2005. Le 23 février 2005, au petit matin, des députés de l’UMP adoptaient une loi portant «reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés». Avec, entre autres dispositions, un amendement invitant enseignants et historiens à faire valoir le «rôle positif» de la colonisation française, notamment en Algérie. On connaît la suite. Une agitation sans précédent dans les milieux historiens de France, une mobilisation de l’opposition de gauche, des réactions en série en Algérie. Dont celle, vitriolée de Bouteflika qui suspendait la signature du Traité d’amitié à l’abrogation du controversé article 4. Pendant une dizaine de mois, le dossier a été mis entre parenthèses avec le risque plausible d’un classement durable. Conscient des dommages collatéraux, Jacques Chirac s’est résout à faire jouer ses prérogatives constitutionnelles en obtenant l’abrogation dudit article au moyen de l’artifice réglementaire. Dès lors, les conditions paraissaient, à nouveau, réunies pour remettre le traité au goût de l’actualité franco-algérienne. Le 22 mars, alors que l’encre du texte d’abrogation n’avait pas encore séché dans le Journal officiel français, Jacques Chirac réitérait son engagement pour la concrétisation du traité. Profitant d’un message de circonstance à Bouteflika -des condoléances à la suite du séisme qui a endeuillé l’est algérien-, le chef de l’Elysée faisait part de son souhait de «nous entretenir sur la façon de mener à bonne fin cette grande entreprise». Le 27 mars, en marge d’une conférence de presse, Philippe Douste-Blazy annonçait, lui-même, sa visite en Algérie les 9 et 10 avril. Une visite dont les médias en parlent depuis l’automne dernier. Depuis son arrivée au Quai d’Orsay, le maire de Toulouse s’est rendu quasiment dans toutes les capitales maghrébines. Il a commencé par Rabat moins d’un mois après sa nomination avant d’enchaîner par Tunis (octobre 2005), puis par Tripoli (janvier 2006). Emboîtant le pas à ses prédécesseurs les plus récents -Vedrine, De Villepin et Barnier-, Douste-Blazy y arrive en quête «d’approfondissement» des relations bilatérales «dans tous les domaines», selon les termes de son porte-parole. Sauf surprise, aucun accord n’est prévu pour l’occasion. Outre ses entretiens avec Bouteflika et Bedjaoui, le ministre rencontrera des acteurs de la société civile algérienne (universitaires et intellectuels), croit-on savoir. Il visitera également l’Hôpital Mustapha d’Alger et l’Ecole algérienne des affaires, menée à bon port au moyen d’un partenariat franco-algérien. Opérationnelle depuis deux ans, cette institution éducative a bénéficié de l’expertise ès-formation de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Avant de s’envoler pour Alger, Douste-Blazy reconnaissait, dans son entretien à l’APS, qu’il «n’est pas aisé d’avancer sur tous les sujets au même rythme, indépendamment de la grande volonté de faire progresser nos relations». Interrogé par «Le Quotidien d’Oran» sur les dossiers qui avançaient moins vite que d’autres, le porte-parole du Quai d’Orsay n’a pas fourni un surcroît de précisions. Sans dire lesquels, il a fait état de «dossiers un peu plus complexes», de «dossiers plus compliqués que d’autres pour diverses raisons». Pour le Quai d’Orsay, «ce qui est important c’est la volonté politique d’avancer». Depuis trois ans, note Jean-Baptiste Matteï, des «progrès significatifs» ont été enregistrés. «Il faut avancer et construire sur ce qui a déjà été acquis et identifier de nouveaux domaines de coopération. C’est l’état d’esprit dans lequel le ministre va en Algérie». |
Algérie, chasse gardée de la France | ||||
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www.algeria-watch.org
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